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Chronologie » 1914 » 4 août 1914

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Le 21/02/2016 à 15h44
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Le 24/10/2017 à 21h55
Belgique:
La première victime de la guerre est le lancier Antoine Adolphe Fonck, tombé le 4 août 1914 à 10h du matin, à Thimister . Il avait juste 20 ans et venait d'abattre des cavaliers allemands.

Les Allemands entrent en Belgique. Ils sont persuadés qu'ils vont pouvoir traverser rapidement le pays et ainsi attaquer la France.
C'est sans compter la formidable résistance et le courage des belges face à l'envahisseur.
Ils sont repoussés une première fois dans la région de Visé, faisant de nombreuses pertes.
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Le 24/10/2017 à 21h57
En route depuis la veille, les premières troupes allemandes sont pointées en Ardenne le 5 août 1914. Elles prennent Arlon le 12 et durcissent le ton.

Il est 9 h, le mardi 4 août 1914, quand les premières troupes allemandes franchissent la frontière belge. La veille, le gouvernement belge a refusé l’ultimatum de l’Allemagne, qui a déclaré la veille la guerre à la France. Notre pays est sur la route des soldats du Kaiser, qui entendent bien le traverser de gré ou de force. «Les Allemands sont entrés dans le grand-duché de Luxembourg (dès le 2 août) et se sont emparés de la gare», écrit ce jour-là Camille Joset, directeur et rédacteur en chef de L’Avenir du Luxembourg qui, tombé sous le coup de la censure, cessera de paraître après le 12 août, quand arrivent à Arlon les premières troupes prussiennes (lire ci-dessous). Sur ces entrefaites, le chef-lieu se retrouve coupé du monde.

À La Roche-en-Ardenne, les habitants, prennent les devants. «Le 4 août, vers 9hdu matin, les parents affolés viennent rechercher leurs enfants à l’école, écrit le chanoine Jean Schmitz dans le premier des huit tomes que compte L’invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg. Le commissaire de police annonce l’arrivée des Allemands et invite les habitants à rentrer.» Sur ce, les hommes vont couper des arbres et établissent des barrages, attendant l’ennemi de pied ferme.

Premiers accrochages

Le lendemain, des «casques à pointe» sont en vue de Houffalize. Le chanoine Schmitz encore: «Un officier et deux soldats du régiment des uhlans saxons se présentèrent, vers 10hdu soir, chez le bourgmestre, M. Justin Dubru, et, après avoir réquisitionné des vivres, ils repartirent la même nuit.» Les troupes françaises ne sont plus loin. Elles arrivent à Houffalize deux jours plus tard, sous la forme d’«un escadron d’environ deux cents dragons français» venus de Libramont.

Dans les jours qui suivent, les Prussiens, ainsi que les désigne la population, quand elle ne dit pas «les Boches», sont partout. Les troupes françaises, les précèdent ou leur succèdent dans les localités, y faisant brièvement halte ou y prenant un peu de repos. Les premiers jours ressemblent au jeu du chat et de la souris, éprouvant chassé-croisé tandis que monte la tension, exacerbée chez les Prussiens par la rumeur – fabriquée de toutes pièces et alimentée par leur hiérarchie – de la présence de francs-tireurs.

Les premiers accrochages surviendront bientôt, avec les Français, mais aussi avec des civils. Ainsi, à Arlon, le 6 août, une patrouille allemande, venant du Grand-Duché, entre dans le chef-lieu par la rue de Mersch. «Alors qu’elle se retire, on tire sur l’arrière-garde, en apparence à partir d’un café. Il y a une riposte et une femme est tuée d’un coup de lance», inventorient les historiens John Horne et Alan Kramer dans leur ouvrage 1914. Les atrocités allemandes, une somme sur «la vérité sur les crimes de guerre en France et en Belgique».

Sous le joug teuton

Au soir du 6 août, quatre officiers français arrivent à Bastogne, «au milieu de l’enthousiasme de la population». Il y a de quoi: leurs troupes campent à Neufchâteau. Le lendemain, la première escarmouche dite «de Neffe», comme il y en aura tant ce mois-là, oppose des dragons à des uhlans, près de Bizory. Elle fera deux morts côté français. Le 8, les Allemands coupent les fils télégraphiques. Le lendemain, «une trentaine d’uhlans, arme au poing, firent leur entrée officielle en ville et prirent possession de la gare et de la poste», lit-on encore dans L’invasion allemande… du chanoine Schmitz.

Des scènes comme celle-là, il s’en produira un peu partout, aux premiers jours 1914, dans la province. L’occupant – car il faut bien se résoudre à appeler ainsi l’armée allemande – durcit le ton. À Marche, «arrivèrent des uhlans, en éclaireurs: ils trottinaient, pleins de défiance, l’arme au poing et en joue, s’attendant toujours à un mauvais coup».

Au fil des jours, le Luxembourg tombe sous le joug teuton, sans bien mesurer encore l’ampleur de la tragédie qui se prépare et atteindra son paroxysme avant la fin du mois.
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Le 24/10/2017 à 21h59
Les populations d’Anloy et d’Ochamps ont été martyrisées par les uhlans. Les témoignages foisonnent pour décrire l’horreur. Petits extraits.

LE JOURNAL DE VICTOR ENCLIN : Mardi, 4 août 1914.

«Les journaux annoncent que les troupes allemandes ont envahi le grand-duché de Luxembourg et ils publient l’ultimatum à la Belgique. Cette fois, c’est la guerre, et on s’y prépare, car le pont de Mirwart vient de sauter.»

Comme le rapportent le chanoine Jean Schmitz et Dom Norbert Nieuwland dans le tome VII de L’invasion allemande, «À Ochamps, le 22 août vers 16 heures, les uhlans mirent le feu à trois maisons. Mme Jérouville, 54 ans, voulant sortir de sa maison en flammes fut tuée d’un coup de baïonnette. Joseph Hardy, 40 ans qui essayait d’emmener son cheval hors de sa maison en feu; de violents coups de sabre lui avaient pour ainsi dire coupé le corps en deux.

À 19 heures, le combat étant terminé, les Allemands rentrèrent au village en chantant et en hurlant. Ils envahirent le presbytère, se ruèrent sur le curé en le menaçant d’un revolver. Ils le conduisirent avec le bourgmestre à l’église. Quelques autres habitants avaient été installés dans le fond de l’église. Plusieurs fois, au cours de la nuit, un officier vint trouver les otages proférant contre eux des injures et des menaces. À l’abbé Dujardin, âgé de plus de 60 ans, qui récitait son chapelet, il dit: «Tu pries ton Dieu, et nous, nous combattons… pour notre cher empereur.»

Le 23 août, les soldats enterrèrent leurs morts et soignèrent leurs blessés à l’école communale et dans des granges et maisons particulières. Dans l’avant-midi, le curé fut emmené hors de l’église pour «bénir les tombes des officiers allemands».

Le mayeur tué à bout portant
Les troupes cantonnées au village excitées au plus haut point se livraient à des excès de tout genre. La situation s’aggrava encore à la soirée.

L’abbé Dujardin raconte: «Nous étions assis par terre, terrifiés par les sinistres reflets du village en feu, lorsque retentit, vers 1 heure, l’ordre suivant: «Tous à plat!» Je m’étendis en dessous d’un banc des enfants. Tout à coup la fusillade éclata dans l’église même. Un soldat français qui était en dessous de moi me dit: «Sauvez au moins votre vie!» Que s’était-il passé? Le bourgmestre, Alphonse Jérouville, 37 ans, venait d’être tué à bout portant. Son corps gisait inanimé à mes côtés. Deux soldats vinrent vers nous et l’un d’eux cria en français:

Les otages mangent des bougies pour ne pas mourir de faim

«Le curé maintenant! Lève-toi! Voilà ton bourgmestre! Tu auras le même sort!» Le second soldat voulut lever son fusil et fit le geste de briser la tête au bourgmestre, mais l’autre lui dit: «Il est mort!» Ils m’obligèrent alors à me mettre à genoux à côté du cadavre, ou plutôt sur le cadavre même, car ses jambes étaient entre les miennes. Je restai dans cette position jusque 7 heures du matin. Ce que je souffris pendant ces longues heures. Les soldats saisirent le cadavre du bourgmestre par les pieds et, le traînant à travers toute l’église, ils le jetèrent au cimetière. Je fus enfermé à la sacristie et l’église fut convertie en lazaret. Les autres otages retenus à l’église avaient, eux, apaisé leur faim en mangeant les bougies qui étaient restées sur les autels.»

Dans la nuit du 23 au 24 août, deux jeunes gens, Jean-Baptiste Toussaint et Jean-Baptiste Guillaume, qui avaient voulu mettre en sûreté dans un parc de la route d’Anloy, le bétail de leur frère et cousin, ont été pris par les Allemands; ils furent emmenés dans les bois de Sart-Jéhonville, où on retrouva leurs cadavres; l’un d’eux avait la tête fendue, à l’autre, on avait enlevé la partie supérieure du crâne.»

Les uhlans l’ont pris pour le curé
Le samedi 22 août 1914, dom Bernard Gillet, 62 ans, moine à Maredsous, qui était en vacances chez sa sœur à Anloy est assassiné par les uhlans qui le prennent pour le curé du village qui est absent; il est occupé à Bastogne.

Léonie Gillet, sa sœur, a décrit les derniers instants de son frère: «Les troupes défilent et beaucoup nous regardent derrière les fenêtres, en particulier mon frère debout à la fenêtre du haut: nous voyons bien tous les regards des soldats tournés vers lui.

À un moment donné, deux soldats entrent, revolver au poing et réclament «le Pastor» puis sortent. […] Ils reviennent un peu plus tard. Mon frère descend et se présente à deux soldats qui le précèdent puis l’encadrent, traverse la route et dit à une voisine, Florence: «On vient me chercher pour soigner des blessés et des mourants»; il paraît calme et heureux.

Ce sont des détails que j’ai appris, par après, de la bouche de cette voisine; elle l’a suivi des yeux depuis sa fenêtre, marchant entre les deux soldats qui se tenaient à une certaine distance de lui; puis elle l’a vu s’écrouler vis-à-vis de la porte d’entrée des Maillard, touché par une balle tirée par un soldat qui le guettait à quelques dizaines de mètres devant lui.»
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Le 09/02/2018 à 19h14
Le 4 août 1914, les troupes allemandes franchissent la frontière avec pour objectif de traverser rapidement la Belgique pour attaquer la France. Depuis son indépendance, la Belgique s’est vu imposer un statut de neutralité armée. Elle s’oppose fermement à cette atteinte à ses droits. Garants de sa neutralité, les Britanniques envoient une armée expéditionnaire à la rescousse. Et très vite les dés sont jetés : la France devient une alliée et l’Empire allemand l’ennemi. L’armée belge de 1914 est mal organisée avec une, puis deux divisions de cavalerie et six divisions d’armée, en regard d’un nombre beaucoup trop élevé de troupes de forteresse retranchées dans des forts datant du siècle précédent. L’armement et l’équipement sont tout aussi obsolètes. Cependant, les forts de Liège résisteront jusqu’au 16 août et ceux de Namur jusqu’au 25.

Depuis le mois d’août 1914 le général Gérard Leman a cantonné environ 3000 hommes dans les forts, en plus de 23.000 hommes de la 3e division d’armée et de la 15e brigade mixte dans l’intervalle entre les forts. Les forts de la "Position fortifiée de Liège ” se situent à Barchon, Evegnée, Fléron, Chaudfontaine, Embourg, Boncelles, Flémalle, Hollogne, Loncin, Lantin, Liers et Pontisse.

Ces forts n’ont jamais été adaptés aux progrès de l’artillerie : les mortiers de calibre de 42cm. Mais les Allemands n’escomptent pas une grande résistance et n’engagent pas ces lourdes pièces d’artillerie aux premiers jours de la Première Guerre mondiale. Ils pensent que les forts tomberont très vite sous le feu d’une artillerie de 21cm et avec un assaut d’infanterie.

Or, le calibre de 21cm ne semble pas causer de grands dommages : dès le début des tirs, les Belges abandonnent les positions pour réapparaître plus tard et faucher l’infanterie allemande en plein assaut. Les pertes allemandes se montent à des milliers d’hommes. Dès lors, les Allemands acheminent leurs "grosses Bertha".

Les troupes belges tiendront Liège pendant dix jours. Le 16 août 1914 un obus de 42cm touche la poudrière du Fort de Loncin. L’ouvrage explose : ses coupoles ne sont pas conçues pour résister à des obus de plus de 21cm. Des centaines de soldats belges sont tués sur le coup. L’effondrement du fort met fin à la bataille des forts de Liège. Evanoui sous les décombres, le général Gérard Leman est vivant.
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