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La femme et son combat » Lucie Aubrac et ses premières actions

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Le 18/11/2017 à 22h47
Lucie Aubrac s'appelle Lucie Bernard quand elle naît le 29 juin 1912. Ses parents étaient de modestes vignerons de bourgogne qui travaillaient dur, selon un système de métayage avantageux pour le propriétaire des vignes.Son père et sa mère rêvaient de la voir devenir institutrice, avec cette sécurité d'emploi et de retraite qui n'était pas leur lot. A seize ans, elle est reçue a l'école normale d'institutrice de Paris, mais elle refuse d'y entrer par crainte d'être, pendant trois ans, dans un sévère internat: « débrouille-toi » , lui diront ses parents.

Elle s'installe seule a Paris, trouve un emploi près du lycée Chaptal. La, des professeurs se prennent d'intérêt pour elle, l'aident a préparer son bac qu'elle réussi l'année de ses vingts ans. A vingt-ans, elle est agrégée d'histoire.Ayant besoin pour ses études de connaitre l'allemand, elle part au pair en 1932 outre-Rhin.La, elle va découvrir l'antisémitisme d'autant plus que son patronyme « Bernard » la fais souvent prendre pour juive.

A la Sorbonne, elle milite dans le groupe des « étudiants pauvres ».Elle y rencontre des militants de la jeunesse communistes a laquelle elle adhère tout en continuant a fréquenter les milieux pacifistes.

L'été 1939, Lucie obtient une bourse pour aller aux USA préparer une thèse de géographie. Depuis un an, elle est professeur a Strasbourg. Elle s'éprend de Raymond Samuel, un jeune ingénieur qui arrive de Harvard et qui fais son service comme lieutenant du génie. La guerre est déclarée en septembre, elle décide de ne pas partir pour les usa. En octobre 1939, elle est repliée au lycée de Vannes et épouse Raymond Samuel à Dijon en décembre de la même année.

Au moment de la débâcle en mai juin 1940, elle organise ses premières évasions en demandant au chef allemand d'un camp de prisonniers de guerre de prêter des professeurs comme examinateurs pour le bac qui se passe dans un atmosphère de catastrophe. Ceci, bien sûr, disparaitront ensuite dans la nature. Raymond est un prisonnier a Sarrebruck. Elle s'y rend. Elle réussi a lui procurer un médicament qui doit lui donner une fièvre de cheval et l'expédier du camp a l'hôpital.

De la, Raymond s'évade facilement et ensemble, ils rejoignent Lyon en zone libre. Comme ils sont d'accord pour trouver « moche d'abandonner la France », ils décident de ne pas de ne pas gagner les USA . Lucie attend son premier enfant. Elle se rend à Clermond-Ferrand. Elle y rencontre Jean Cavaillès (le futur co-fondateur de Liberation et futur chef du réseau Cohorse, qui sera abattu par les Allemands à Arras en 1944). Par lui, elle fait connaissance avec Emmanuel d'Astier de la Vigerie, qui lui propose de participer à la rédaction de tracts contre le régime de Vichy, signés "la dernière colonne".

Lucie commence alors à mener une double vie: la journée, elle est professeur au lycée Edgar-Quinet à Lyon. Entre ses cours, elle devient "Catherine", la femme d'Aubrac, pseudonyme adopté par Raymond qui devient clandestin. Dans leur appartement lyonnais rue Pierre-Corneille, ils reçoivent Henry Frenay de Combat, J-P. Levy de Franc-Tireur, André Philip du parti socialiste, Georges Marrane du Front national, etc... En 1941, d'Astier et ses amis créent un journal clandestin, Liberation, s'adressant à tous les antifascistes, aux gens de gauche, aux syndicalistes. Lucie contribue par son salaire à sa parution.

Elle explique: "Pour la presse comme pour tout ce qui concerne le reste de la clandestinité, il a fallu improviser. Ce serait une erreur de croire à des structures rigides dés le début, toutes établies par une direction.

Plus tard, nous avons eu des contacts avec des agents de la France Libre. Nous avons alors, mais alors seulement, organisé systématiquement vers Londres, le départ des informations sur les méfaits de la collaboration, sur les débrayages dans les usines, sur les départs vers l'Allemagne, sur le pillage économique de la France. On donnait aussi des conseils pour aider les prisonniers a s'évader, pour tricher avec les cartes d'alimentation, pour fabriquer des faux papiers, etc...

On informait sur la répression en zone occupée. On publiait des articles sur les opérations militaires et les perspectives de victoire. Lorsque l'Union soviétique est entrée en guerre nous nous sommes souvenus de la campagne de Russie de Napoléon: le général Hiver et les armées russes vaincront les Allemands, écrivions-nous. La presse clandestine et notre Libération devenaient pour les Français le seul moyen avec les écoutes de la BBC, d' être au courant de la réalité de la guerre".
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Le 18/11/2017 à 22h48
Le couple erre de cachette en cachette. Un avion doit les emmener en Angleterre. Lucie est sur le point d'accoucher. Après bien des péripéties, il finissent par rejoindre Londres en février 1944. Le lendemain, Lucie accouche de sa fille Catherine. On la décore mais on refuse lui refuse le droit de s'entrainer avec les troupes de combat qui se préparent au débarquement. Elle tente tout pour débarquer en France avec les FFL (les Forces Françaises Libres )après le 6 juin, Elle n'y parvient pas. D'Astier de la Vignerie, commissaire à l'intérieur du gouvernement provisoire, lui confie un mandat: « La mise en place de commités départementaux dans les zones libérées. »

Une fois la guerre achevée, Lucie Aubrac fut chargée par de Gaulle de la mise en place des Comités départementaux de Libération, et participa à l'Assemblée Consultative du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), tandis que son mari devenait Commissaire de la République et travailla pour la reconstruction.

Refusant d'utiliser sa notoriété et son statut d'héroïne de la Résistance pour faire carrière en politique, elle continua à enseigner et à militer au Maroc puis au cours de la Guerre d'Algérie, toujours en faveur des droits de l'Homme. Elle participa aux instances dirigeantes du Mouvement de la paix.

Femme toujours militante et active jusqu'à la fin, elle s'est toujours placée du côté de la liberté, s'engageant en faveur de multiples causes. À ce titre, elle fut aussi membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence et a récemment, en même temps que son mari Raymond Aubrac, lancé un appel à la libération des prisonniers d'Action Directe.

Elle n'aura de cesse alors de militer en faveur de la paix et de livrer, à travers de nombreuses conférences, le témoignage de son engagement dans la Résistance, multipliant les rencontres dans les collèges et les lycées.

Grand officier de la Légion d'honneur, elle était l'auteur de "Ils partiront dans l'ivresse" (1984) et de "Cette exigeante liberté" (1997). En plus de son livre autobiographique, elle avait écrit un ouvrage didactique "La résistance expliquée à mes petits enfants" (2000).
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