forum

Et après » Le Tournai d’avant: le «Guy Defroy» joue toute la guerre

Administrateur

rank_admin.png

Avatar

Inscrit le: 27/12/2013

Messages: 10140

Le 12/02/2018 à 18h13


Le Cricket Club s’est formé. Piano, trompette, saxo, batterie, contrebasse, c’est l’ossature d’un vrai orchestre de jazz. Avec enthousiasme, les copains déchiffrent ces partitions d’auteurs belges et hollandais.

Sur le cliché joint, en tenue de concert le Cricker’s Club, basé à la Ville de Lille, aligne sous la direction de Fernand Venneman: les saxophonistes Raymond Liégeois, Raymond Delcroix et Edmond Desprez; les trompettes Lucien Denoulet et Maurice Semet; le tromboniste Albert Defroyennes, le pianiste Marcel Dacgnies, le batteur Jean Delcroix, le guitariste Marc Leroy et le contrebassiste Cyr Detournay.

L’interdiction de l’occupant de jouer «cette musique décadente» ne paraît pas gêner ces passionnés qui cependant, après un emménagement à l’étage d’une maison du boulevard du Roi Albert – ils y montent le piano – poursuivent un autre chemin, moins dangereux que le site de la gare, stratégique. Mais les contraints, bruit, disponibilités font que le Cricker’s s’arrête.

L’attrait du jazz est cependant le plus fort et, en 1941, naît le «Guy Defroy», patronyme sous lequel on retrouve Albert Defroyennes.

Assez étonnant pour cette époque sombre où sévit le STO (Service du Travail Obligatoire). Dès 1941, l’orchestre qui se base au Roi des Radis à Kain conserve une activité constante tout au long de la guerre. Malgré les difficultés qui obligent les musiciens à gagner le lieu de leur prestation au train tram, vélo ou à pied.

1942: Fernand Venneman, violoniste et ténor, ancien du Cricker’s, s’enrôle. Il modernise le style, l’ambiance tout en restant fidèle aux standards du jazz. Comment le Guy Defroy parvient-il à poursuivre sa route avec des musiciens dont certains n’ont pas vingt ans et sont susceptibles d’être recherchés? Le Belge est débrouillard, ces musiciens sont généralement sous couvert d’études en cours, ce qui leur permet de se produire en ville – au Carillon – ou dans les environs. Même lors d’événements culturels ou festifs tels les spectacles avec Charles Trenet ou Albert Préjean dont le «Guy Defroy assure la première partie.

À la libération, la formation perd Jean (batteur) et Raymond (saxo) qui créent leur propre ensemble; c’est le début du célèbre «Studio 24» qui, à Saint-Piat, rythme les ébats du swing.

Le «Guy Defroy» trouve parmi les militaires anglais casernés au collège Notre-Dame de la Tombe à Kain de quoi regarnir ses rangs et même de les améliorer. Trois jazzmen sous l’uniforme les rejoignent et y introduisent des tendances plus modernes avec des partitions venues de Londres. Quand ils partent vers l’Allemagne, le «Guy Defroy – Johnny Delcroix» poursuit sa route avec les André Sénéca, Cyr Detournay, Gaston Lucq, Jacques Valemberg, Gilbert Jorio, Marc Campeneer, André Meunier et Albert Defroyennes qui l’animeront jusqu’en 1968. Le cliché joint est de 1942, le Guy Defroy joue au café du «Roi des Radis» pour soutenir le Secours d’hiver..

Suivront vingt ans de bonheurs partagés.

La source: http://www.lavenir.net/cnt/dmf20180212_01124530/le-tournai-d-avant-le-guy-defroy-joue-toute-la-guerre?utm_source=lavenir&utm_medium=newsletter&utm_campaign=regions_walloniepicarde&utm_content=regionnews&M_BT=109840083889
Site web    
Répondre
Vous n'êtes pas autorisé à écrire dans cette catégorie
1 Utilisateur en ligne : 0 Administrateur, 0 Modérateur, 0 Membre et 1 Visiteur Utilisateur en ligne : Aucun membre connecté