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Et après » Charleroi: deux héros de la Résistance à l’honneur

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Le 14/02/2018 à 11h55


Deux «pavés de la mémoire» ont été posés à la rue de la Régence, en hommage aux héros de la Résistance Oscar et Eglantine Petit.

Samedi, la foule était réunie en masse devant le 37 de la rue de la Régence. C’est là que, le 28 mars 1944 à 2h, sur dénonciation d’un Français qu’ils avaient secouru, le boulanger Oscar Petit et son épouse Eglantine Pierre étaient arrêtés par seize agents de la Gestapo et emmenés à la prison de Charleroi avant d’être transférés. Tous deux étaient actifs dans la Résistance. Ils ont subi l’horreur des camps de concentration desquels ils ne sont jamais revenus. Leurs filles Micheline et Monique ont assisté à cette arrestation douloureuse. Elles ne savaient rien des activités de leurs parents.

Monique Petit, aujourd’hui domiciliée à Bruxelles, est revenue sur les lieux qui ont marqué son enfance pour célébrer le souvenir de ses parents, en présence des membres de l’Association pour la Mémoire de la Shoah à l’initiative et de diverses associations patriotiques. Le hasard veut qu’aujourd’hui encore, le bâtiment du n° 37 soit un commerce de boulangerie-pâtisserie. C’est sur le trottoir de ce bâtiment qu’ont été posés les deux Pavés de la Mémoire aux noms d’Oscar et Eglantine Petit. Si une majorité des Pavés honorent la mémoire de personnes juives, ils ne leur sont pas exclusivement destinés car ils visent à commémorer toutes les victimes du nazisme.

Hommage aux héros

Devant ces pavés fraîchement posés, Monique Petit a pris la parole: «Nous avons eu la chance d’avoir des grands-parents paternels qui nous ont élevées dans la droiture, l’honnêteté et le respect des autres selon le vœu de mon père dans son testament dicté dans ses derniers jours. Nous rendons hommage à ces deux héros dont le souvenir ne nous a pas quittés pendant toutes ces années. Leur descendance est présente ce jour et tous sont fiers d’avoir appris leur histoire et leur sacrifice pour que nous puissions tous vivre libres dans une Belgique que mes parents portaient dans leur cœur», a-t-elle dit.

Une cérémonie officielle s’est ensuite poursuivie à l’hôtel de ville où des témoins de la bravoure de la Résistance ont pris la parole. «Ces pavés rejoignent des milliers d’autres pavés placés à travers l’Europe et qui forment un chemin de la liberté. Dans quelques jours, les gilles vont faire résonner les pavés que vous avez placés», a dit l’échevin Cyprien Devilers pour la ville de Charleroi. Au total, 15 nouveaux pavés de la mémoire créés par l’artiste Gunter Demnig ont été posés ce week-end en Belgique.



Né en 1905, Oscar Petit devient résistant actif durant la seconde guerre mondiale et cache à son domicile et dans une cabane située sur l’entité de Gerpinnes de nombreux patriotes traqués par la Gestapo puis des aviateurs alliés. Son épouse Eglantine Pierre, née en 1907, participe également à la Résistance.

Ils font de leur maison un dépôt de journaux clandestins, de tracts et de matériel. Oscar Petit a 39 ans lorsqu’il est arrêté par la Gestapo. Matricule 54509, il séjourne dans le camp de Harzungen puis à Ellrich où il est assassiné. Eglantine Pierre est assassinée au camp de Ravensbrück.

Tous deux sont titulaires de nombreuses décorations belges, américaines et françaises à titre posthume. Oscar Petit est notamment fait Chevalier de la Légion d’Honneur.

Olivier Douxchamps: «J’ai le cœur qui bat»


Olivier Douchamps, que représente pour vous cette action?

Comme on n’a jamais eu l’occasion d’avoir un endroit où se recueillir sur la tombe de nos grands-parents, étant donné qu’ils sont morts dans les camps, cela permettra de leur rendre hommage. De voir tous ces gens réunis aujourd’hui devant leur ancien domicile, j’ai le cœur qui bat.

Vous avez été informé assez tardivement de l’histoire de vos grands-parents.

Oui, j’avais 47 ans quand ça m’est tombé dessus. Après la mort de maman, j’ai retrouvé des documents sur lesquels on voit la signature du président des États-Unis et du Général De Gaulle. Quand je les ai vus, ça m’a intrigué et je me suis demandé qui étaient mes grands-parents pour être remerciés ainsi. J’ai lancé des bouteilles à la mer et grâce à internet, j’ai retrouvé des documents. On m’a envoyé 80 pages de dossiers des archives américaines, dans lesquelles on retrouve des noms d’aviateurs que mon grand-père a aidés et sauvés. J’ai pu aussi retracer presque au jour le jour le parcours que mes grands-parents ont vécu dans les camps.

Votre maman avait-elle un souvenir lié à cette terrible nuit?

Ma maman aujourd’hui décédée avait 12 ans et elle a été marquée toute sa vie par les mots de mon grand-père ce jour-là: «Ne t’en fais pas, Micheline, on va revenir». Elle a attendu toute sa vie que son papa revienne. Ma tante a vécu la même douleur mais elle était plus petite. En lisant mon livre, elle a appris des choses qu’elle ne connaissait pas.

Quelle a été sa réaction?

Depuis qu’elle a appris ça, elle a repris un élan de fierté. C’est un petit peu elle qui est à l’origine de cet événement.

Votre livre «Optimiste à tout Cran» est disponible en librairie?

Oui, on peut le trouver à la librairie Huart de Mont-sur-Marchienne et à la librairie de l’Eau noire, à Viroinval.

La source: http://www.lavenir.net/cnt/dmf20180211_01123806/charleroi-deux-heros-de-la-resistance-a-l-honneur
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