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Et après » Paris : la poignante histoire des «Enfants du 209, rue Saint-Maur»

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Le 07/07/2018 à 20h47


A travers les émouvants témoignages de survivants, ce documentaire retrace la période de l’Occupation à l’échelle d’un immeuble parisien du Xe, choisi par hasard par la réalisatrice Ruth Zylberman.

Du 209, rue Saint-Maur (Xe), Odette Diamant se souvient de l’épicerie du rez-de-chaussée, du deux pièces où elle vivait avec ses parents et ses cinq frères et sœurs, des cerises que lui réservait son père, ouvrier-coupeur, arrivé de Pologne en 1923. « J’étais une enfant gâtée », se remémore-t-elle depuis son appartement de Tel-Aviv où vit aujourd’hui l’octogénaire. « Et puis, du jour au lendemain, l’enfance s’est arrêtée ». Voilà comment s’ouvre le bouleversant documentaire, « Les Enfants du 209, rue Saint-Maur », diffusé ce mardi soir à 22h20 sur Arte. Un film multiprimé qui raconte la sombre période de l’Occupation à l’échelle d’un immeuble, banal, comme il en existe des milliers à Paris.

L’adresse du 209, rue Saint-Maur, quatre bâtiments fermés sur une cour, la réalisatrice l’a d’ailleurs choisi par hasard avant de l’ausculter minutieusement tel un détective. S’appuyant sur le recensement de 1936 où il apparaît que sur ses 300 résidents, un tiers étaient des étrangers et des juifs, français et émigrés d’Europe centrale, Ruth Zylberman va enquêter des années pour reconstituer le puzzle, cartographier un lieu qui fut un refuge pour certains locataires mais aussi un redoutable piège pour cinquante autres (dont 9 enfants) qui ne reviendront jamais de déportation.

Les enfants survivants qu’elle retrouve, la cinéaste va les retrouver un à un en province, en Australie, aux Etats-Unis. Filmés sans pathos, il faut écouter Odette Diamant, Albert Baum ou Berthe Rolider faire resurgir le passé enfoui et les fantômes, à l’aide de photos jaunies, de plans tracés au feutre ou de meubles de poupées. Les regarder raconter leurs histoires percutées par l’Histoire : les lois de Vichy, l’entrée des Nazis dans Paris, la rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942 et celles qui suivront, les actes de résistance…

Des images qui résonnent d’autant plus fort qu’elles alternent avec celles de l’immeuble aujourd’hui, du va-et-vient dans la cour, des scènes familiales derrière les rideaux. Ruth Zylberman s’attarde sur une rampe polie, des murs grêlés ou les couloirs sonores. Ou ces pavés de la cour qu’Henri Osman, l’Américain, confié à l’âge de cinq ans par ses parents qui allaient être déportés, retrouve, 74 ans plus tard, dans une scène saisissante. « Ce sont les mêmes ? Donc, il est possible que mes parents aient marché ici ? » interroge-t-il au bord des larmes.
« Les Enfants du 209, rue Saint-Maur (Xe) ». Ce mardi soir à 22h20 sur Arte et disponible 60 jours en replay à partir du 5 juin. Durée : 1h40.

La source: http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-la-poignante-histoire-des-enfants-du-209-rue-saint-maur-04-06-2018-7752576.php
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