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La première guerre mondiale La vie quotidienne

PetitJean Membre non connecté

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Le 15/08/2018 à 18h21
L’occupation perturbe toute la vie quotidienne des Bruxellois. Il faut continuer à vivre!

Mais comment trouver de quoi manger à sa faim? Où travailler? Comment se divertir?

Les habitants s’organisent et une solidarité internationale se met en place.

Face aux arrestations, aux réquisitions et aux vexations, le civil résiste avec ténacité et patriotisme.

- Alimentation
- Travail
- Femmes et enfants
- Gazettes
- Occupation
- Pratiques religieuses
- Engagements politiques
- Résistances

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Le 15/08/2018 à 18h21
Alimentation

Dès le mois d’août 1914, les Bruxellois sont frappés par une grande pénurie qui les touche particulièrement dans les denrées alimentaires.

Alimentation 003 Toute l’économie étant paralysée par la situation nationale et internationale, par les réquisitions allemandes et par l’interdiction de se déplacer, ce sont les produits de base alimentaires qui font le plus rapidement défaut: lait, beurre, pain, pommes de terre, sucre, café sont contingentés par des règlementations tatillonnes au prorata du nombre de bouches à nourrir par ménage.

Très vite, une économie parallèle se développe moyennant tout un trafic de marché noir, de réseaux de connaissances, de transports clandestins et de débrouillardise. Poussés par les événements, certains citadins se font maraîchers amateurs dans leur jardin de ville, dans les parcs publics ou le long des boulevards.

Un grand mouvement de solidarité internationale, la Commission for Relief in Belgium, tente de pourvoir à cette dramatique pénurie, en acheminant depuis l’Espagne, les Etats-Unis et les Pays-Bas, certains produits d’urgente nécessité. Placé sous la protection diplomatique, le Comité National de Secours et d’Alimentation, créé dès le mois de septembre 1914 et présidé par Ernest Solvay, se charge d’en organiser la répartition équitable, avec le soutien de donateurs financiers et l’aide d’innombrables bénévoles.

Pour en savoir plus
Les Restaurants bruxellois ont fait l'objet d'un remarquable film documentaire, conservé par la Cinémathèque Royale de Belgique (en ligne). Ce film datant de 1919 dévoile les coulisses de toute l'organisation, avec d'abord une série de tableaux statistiques et ensuite des images exceptionnelles de l'époque (files devant les restaurants ; devantures des établissements ; animaux de traits ; transport de la soupe ; vues de la direction générale des Restaurants, du matériel, des étables, des fermes et des potagers ; etc.).

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Le 15/08/2018 à 18h22
Travail

Bruxelles en guerre se retrouve sans travail.

Travail 001 Nombreuses sont les usines condamnées à fermer leurs portes faute de matières premières ou pour éviter le démantèlement des outils convoités par les Allemands. Comparativement à d’autres villes étrangères, la majorité des hommes n’est pas mobilisée à Bruxelles. Faute d’activités économiques, le chômage atteint des proportions inégalées, fragilisant fortement la population.

Pour parer à l’inaction et plus encore éviter la déportation en Allemagne pour le travail obligatoire, la Ville de Bruxelles organise des cours du soir pour chômeurs. L’Union patriotique des femmes belges subsidiée par le Comité National de Secours et d’Alimentation offre du travail rémunéré aux ouvrières du textile pour confectionner des vêtements, notamment des dentelles commandées par les Etats-Unis, ou pour fabriquer des jouets "belges" concurrençant le jouet allemand.

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Le 15/08/2018 à 18h23
Femmes et enfants

Pendant la guerre, les femmes ont la préoccupation majeure de subvenir aux besoins élémentaires de leur ménage.

enf-keym021-127-66 Plus de 4000 ouvrières au chômage trouvent du travail dans l’industrie du textile et la confection, soutenues par des achats provenant des Etats-Unis. Les bourgeoises, nanties ou autres aristocrates, s’adonnent majoritairement aux secours humanitaires. Un groupe important de femmes s’engage aussi dans la Résistance.

La prostitution, surveillée par la police des mœurs, connaît une grande recrudescence à cause d’une présence très importante de l’administration allemande, de soldats de passage ou en stationnement à Bruxelles.

Juste avant le début de la guerre, la loi sur l’obligation scolaire est votée par le Parlement belge. Elle oblige tous les enfants âgés de 6 à 14 ans, garçons et filles, de fréquenter une école primaire de leur choix, sous peine de poursuites judiciaires des parents. Sous l’occupation, l’enseignement à Bruxelles se poursuit sans interruption: les autorités allemandes appliquent la législation belge en la matière. Toutefois, l’occupant pèse sur le choix linguistique de l’école, préconisant surtout un enseignement flamand.

Déjà soucieuse avant guerre de l’alimentation des enfants, la Ville de Bruxelles développe ses cantines scolaires pendant toute la durée du conflit, avec une distribution généralisée de pain et de soupe, subventionnés par le Comité bruxellois du Comité National de Secours et de l’Alimentation.

Dans la ville occupée, les enfants et plus encore les orphelins sont l’objet d’une grande attention. La guerre s’éternisant, des campagnes spéciales pour leur alimentation et leur habillement, entre autres celle des "Petites Abeilles", sont mises en place. Le succès de ces initiatives de protection de l’enfance est tel que l’on observe en 1917 une diminution significative de la mortalité infantile.


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Le 15/08/2018 à 18h24
Gazettes

Durant la Première Guerre mondiale, on assiste à l’émergence de nombreuses gazettes publiées à Bruxelles. Elles remplacent les grands quotidiens qui, pour la plupart, cessent de paraître pendant toute la guerre.

Croquisderue Bruxelles14-15 vendeusedejournaux001

Sous l’occupation, les Bruxellois cherchent à être informés sur ce qui se passe dans leur ville, dans leur pays, mais aussi dans le monde.

Très vite, il apparaît que les informations sont soigneusement filtrées par la censure allemande. L’occupant affiche ses communiqués officiels sur les murs de la Ville et contrôle les organes de presse, pour éviter au maximum la critique, le patriotisme et la résistance.

Edités et diffusés de manière très secrète, quelques journaux paraissent clandestinement, comme La Libre Belgique ou le Vlaamsche Leeuw, au risque de leurs journalistes, imprimeurs et lecteurs.

Dans cette section, des échantillons d’articles parus dans plusieurs organes de presse conservés aux Archives de la Ville de Bruxelles sont progressivement retranscrits et mis en ligne dans leur langue originale de parution (les titres sont traduits).

Ces extraits de journaux témoignent des préoccupations des habitants de la capitale, liées aux difficultés de la vie quotidienne et à la dramatique actualité belge et internationale. Parmi les journaux consultés, citons: L’Echo de la Presse internationale (presse censurée); Le Bruxellois (presse censurée, germanophile); Le Journal des réfugiés (édité à La Haye, destiné aux réfugiés belges en Hollande, non diffusé à Bruxelles); La Libre Belgique (presse clandestine); De Vlaamsche Leeuw (presse clandestine).

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Le 15/08/2018 à 18h26
Occupation

Pour satisfaire aux besoins de l’armée allemande, les réquisitions de toute nature auprès de la population civile sont légions pendant la Première guerre mondiale.



La saisie relative aux métaux non ferreux est considérée comme un pillage organisé.

La déportation des hommes de 16 à 45 ans pour le travail obligatoire en Allemagne fait scandale.

Si les ministres et leur cabinet sont réfugiés au Havre en France, l’appareil étatique belge reste en place en fonctionnant sous la tutelle allemande. Celle-ci tente de répondre aux exigences flamandes relatives entre autres à l’usage des langues.

La police communale est maintenue et dédoublée par des organes de surveillance propre à l’occupant, notamment une police militaire et une police de mœurs pour les soldats en stationnement et de passage, de même qu’une police politique de contre-espionnage.

Cette occupation brutale et sans concession va complètement changer l'image de l'Allemagne dans le monde et en Belgique en particulier. Jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, l'empire allemand était un phare intellectuel, culturel, scientifique, technique, économique et financier, comme l'importance de la section allemande à l'exposition universelle de Bruxelles en 1910 le prouve. Au lendemain de la guerre, les "Boches" sont totalement décriés, jusqu'à changer tous les noms des rues et des produits commerciaux à connotation germanique. L'eau de Cologne, par exemple, est remplacée par l'eau de L'Yser 1914...
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Le 15/08/2018 à 18h26
Pratiques religieuses

La Première Guerre mondiale ravive des sentiments religieux dans la population.


Espérant un avenir meilleur, les Bruxellois vont à la messe. Ils prient à leurs intentions: leurs proches au front ou emprisonnés; leurs enfants à nourrir; leur protection en cas de bombardement.

Des pèlerinages sont organisés, par exemple à la grotte Notre-Dame de Lourdes à Jette, inaugurée le 15 août 1915 en présence de vingt mille fidèles.

La religiosité est fortement encadrée par le Cardinal Mercier gagné au patriotisme et imperméable à tout accomodement avec l'ennemi. De nombreuses oeuvres caritatives portent aussi l'empreinte de la charité chrétienne.

De leurs côtés, les Allemands à Bruxelles ont aussi des préoccupation spirituelles: des messes catholiques, des cultes israélites et protestants sont organisés dans divers lieux pour les militaires en garnison ou en permission.

La religion est instrumentalisée au profit du nationalisme où chaque camp se met sous la protection d'un même Dieu.

Au lendemain de la guerre, la pratique religieuse diminue en Europe. Beaucoup de soldats revenant du front, perturbés par toutes les horreurs de la guerre, sont dans le doute et rejettent Dieu. Le déclin de l'influence des Eglises est amorcé, et ce malgré les nombreuses cérémonies du souvenir patronnées par le clergé ou la dévotion populaire au culte marial soutenue par les apparitions de Fatima de 1915 à 1917.
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Le 15/08/2018 à 18h27
Engagement patriotiques

Dès l’entrée en guerre le 4 août 1914 jusqu’à l’occupation de la capitale le 20 du même mois, d’innombrables bruxellois et bruxelloises s’engagent dans les services médicaux improvisés pour accueillir les blessés du front, provenant des provinces d’Anvers et de Liège.



Plus tard, sous l’occupation de la ville, l’engagement patriotique se traduit par le soutien extraordinaire d’une myriade d’associations d’entraide, dépassant tous les clivages philosophiques, sociaux et politiques.

Il s’agissait tantôt de subvenir aux besoins des réfugiés ayant fui l’invasion, tantôt d’organiser la distribution de produits de nécessité sous les auspices du Comité National de Secours et d’Alimentation, tantôt d’encadrer et de protéger les enfants, tantôt de parrainer les soldats sur le front ou de soutenir leur famille.

L'engagement patriotique prend aussi d'autres formes, notamment par la diffusion et la vente discrète de petits objets (crayons, boutonnières, porcelaines, etc.) portant les couleurs nationales interdites ou exprimant l'attachement de la population à la famille royale et aux alliés.
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Le 15/08/2018 à 18h28
Résistances


Face à l’occupation et aux vexations allemandes, les Bruxellois sont très imaginatifs.

L’humour est une arme de protection: d’innombrables caricatures sont diffusées sous le manteau, ridiculisant ostensiblement l’occupant.

De manière plus active, des groupes de résistance, notamment composés de femmes, parmi lesquelles Gabrielle Petit ou Edith Cavell, entreprennent des actions de sabotage des chemins de fer ou montent des réseaux d’espionnage et d’évasion.

Sur la photo
Edith Cavell à Bruxelles, entourrée de ses deux chiens, dont Jack couché à droite, qui a survécu à sa maîtresse et a même été empaillé en 1923.
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