forum

Et après » Le curé devenu brancardier en 14-18

Administrateur

rank_admin.png

Avatar

Inscrit le: 27/12/2013

Messages: 10201

Le 10/10/2018 à 19h48


Étonnant parcours que celui du Pipaisien Léonard Tondreau, appelé à devenir prêtre mais qui fut enrôlé par l’armée belge durant la Grande Guerre.

C’est un bel hommage qu’a souhaité rendre le Pipaisien Omer Tondreau à son oncle Léonard dans le cadre du centenaire de l’Armistice, signé le 11 novembre 1918.

Depuis de nombreuses années déjà, cet habitant du hameau Orquennois entretient le souvenir de son oncle en compilant des anciennes photos et documents écrits sur sa vie.

Un parcours pour le moins atypique qui a vu Léonard Tondreau être enrôlé comme brancardier infirmier par l’armée belge alors qu’il s’apprêtait à devenir prêtre en 1914.

«Il ne parlait jamais de ces années d’horreur»

Issu d’une famille de sept enfants, dont il est l’aîné, le Pipaisien est un jeune adolescent quand il a pour vocation d’entrer dans les ordres. Après des études au collège de Bonne-Espérance, près de Binche, il suit des cours de théologie au séminaire de Tournai qui le préparent à son ordination prévue fin 1914. Entre-temps, la Première Guerre mondiale éclate et Léonard, alors âgé de 23 ans, n’échappe pas à la mobilisation générale.

L’homme d’église ne peut pas porter d’arme mais est tout de même mobilisé sur le front comme brancardier infirmier.

Derrière le dernier rempart de l’Yser, il a vu de ses propres yeux les pires atrocités, passant quatre longues années à secourir les blessés, qu’ils soient Belges, Français, Britanniques ou Allemands.

Une expérience traumatisante dont on ne ressort pas indemne…

«Comme beaucoup d’anciens combattants, Léonard ne parlait jamais de ses années dans les tranchées. Il a connu l’horreur et il voulait oublier tout ça», confie son neveu, Omer Tondreau.

Ce n’est qu’en 1920, soit six années plus tard que prévu, que M. Tondreau achèvera ses études et deviendra prêtre. Il n’eut cependant peu l’occasion de pratiquer puisque l’évêque de Tournai l’envoya au collège Saint-Julien d’Ath, en tant que surveillant. «Petite parenthèse amusante, durant ces 14 années passées là-bas, il s’était lié d’amitié avec un de ses condisciples qui allait devenir mon beau-père,» nous raconte Omer.

Riche de ce bagage, le Leuzois s’installa durant plus de trente ans à Péronnes-lez-Binche, où il fut nommé curé de la paroisse.

Pour services rendus durant la Grande Guerre, le jeune brancardier sera décoré de plusieurs distinctions: croix de guerre avec palme, croix de l’Yser, médaille commémorative de la Victoire… Malheureusement, ces médailles lui seront volées par les soldats français durant la débâcle de mai 1940.

«À la fin de sa vie, Léonard Tondreau, qui s’est éteint en 1968, aimait se retrouver autour d’un repas en invitant ses frères d’armes pipaisiens», explique son neveu.

Cinquante ans après son décès, la mémoire de celui qui a consacré son temps aux autres est toujours bien vivante. Dans son village natal de Pipaix, son nom figure au fond de l’église aux côtés des autres anciens combattants. Une reconnaissance bien légitime.

La source: https://www.lavenir.net/cnt/dmf20180930_01233521?pid=4022096
Site web    
Répondre
Vous n'êtes pas autorisé à écrire dans cette catégorie
1 Utilisateur en ligne : 0 Administrateur, 0 Modérateur, 0 Membre et 1 Visiteur Utilisateur en ligne : Aucun membre connecté