forum

Et après » Le Tournai d’avant: vivants, leurs funérailles furent chantées

Administrateur

rank_admin.png

Avatar

Inscrit le: 27/12/2013

Messages: 10218

Le 23/12/2018 à 10h41


Durant les conflits, une visite redoutée est celle du bourgmestre ou du garde-champêtre chargé de remettre à la famille le douloureux message de la mort d’un proche. Deux familles, à Barry et à Kain, en gardent souvenir.

Né à Fontenoy le 16 décembre 1893, Norbert Wattiez, classe 1913, effectue son service au 9e de Ligne, basé en défense des forts de Liège, à l’aube de cette «der des ders». Le 19 août 1914, le bourgmestre Auguste Henneton, le cœur lourd, se présente à son domicile et y délivre cette note du ministre Brocqueville «J’ai la douleur de vos faire part du décès du soldat milicien Wattiez N., mort pour la Patrie à Seraing; veuillez Monsieur, être mon intermédiaire afin d’exprimer mes sentiments reconnaissants que le Pays éprouve à l’égard de ceux qui ont offert leur vie pour le défendre»

Le 24 août, tout le bourg est présent autour du catafalque, Norbert est la première victime.

Six moins plus tard, une carte arrive d’Allemagne, signée «Norbert Wattiez». Il est prisonnier, affecté à des travaux agricoles dans la région d’Oldenburg d’où il revient en 1919, accueilli par une large explosion de joie.

Norbert reprend le chemin de la terre mais se met surtout au service de ses concitoyens. Modeste, travailleur, intègre, dévoué aux siens, président de la Fabrique d’église, conseiller communal, secrétaire du CPAS, patriote convaincu, il jouit de la considération de tous, et c’est dans une communion générale qu’il fut conduit à sa dernière demeure le 28 mai 1980.

Un pari risqué

Époux et père, Henri Verschaeve n’est pas mobilisé et, à Saint-Michel-lez-Bruges, il ne dédaigne pas les paris scabreux lors de soirées arrosées. Ainsi, avec deux compagnons, il parie sur la longueur du fût du canon de la place; mesures faites parmi les rires.

À peine rentré, il est prévenu: «les Allemands vous recherchent, vous devez fuir». Henri signe un billet fixant le rendez-vous à un des menacés.

Fuir? la Hollande s’impose mais sa frontière est fermée par les Allemands en 2015 avec trois murs de fils dont un électrifié à raison d’un mortel 2000 volts. Les astuces ne manquent pas, tranchée, écarteurs de fils, tonneau vide.

Malheureusement, le faux mouvement d’un compagnon ne lui laisse aucune chance, il est électrocuté. Dans sa poche, le billet d’Henri qui est dès lors considéré comme mort et dont la famille est prévenue.

Mais Henri vit et se retrouve en Hollande face aux recruteurs pour l’armée belge. Envoyé vers l’Angleterre, il rejoint ses compatriotes comme artilleur sur l’Yser.

Après l’armistice, les troupes belges avancent dans le pays reconquis, l’unité d’Henri défile à Saint-Michel et il fait prévenir son épouse. Réponse de la prétendue veuve: «Mon homme est depuis longtemps au cimetière».

Elle se rend quand même au bivouac et reconnaît son époux. C’est le nouveau départ d’une longue vie qu’embellissent six enfants, une prospère entreprise de menuiserie et quelques soirées entre amis..

Ce genre de bonheur fut hélas trop rare.

La source: https://www.lavenir.net/cnt/dmf20181217_01272237?pid=4159417
Site web    
Répondre
Vous n'êtes pas autorisé à écrire dans cette catégorie
1 Utilisateur en ligne : 0 Administrateur, 0 Modérateur, 0 Membre et 1 Visiteur Utilisateur en ligne : Aucun membre connecté