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Le saviez-vous Opération Fortitude : un  énorme coup de bluff

PetitJean Membre non connecté

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Le 06/06/2019 à 21h26
Le débarquement a été décidé à l’été 1943. Mais, pendant un an, il a fallu persuader les Allemands qu’il aurait lieu dans le Pas de Calais.

Il y avait bien sûr la question d’« où ? » suivie par celle du « quand ? »

En toute logique militaire, un débarquement allié dans la zone du Pas ce Calais semblait naturellement la plus évidente. « La distance entre les côtes anglaises et françaises est plus courte à parcourir, ce qui permet un plus grand nombre de rotations de navires de ravitaillement, de transports d hommes, etc. Autre avantage : les alliés pouvaient offrir une couverture aérienne maximale aux convois et aux troupes si le Pas de Calais était choisi comme lieu de débarquement. »

Mais voilà, les Allemands disposent exactement des mêmes données, raison pour laquelle ils se sont appliqués à fortifier très densément la région. Ce n’est pas non plus sans raison qu’ils y avaient stationné, entre autres, la redoutable 15e armée, la plus importante du front de l’Ouest.
Plus grandes plages

« En pesant le pour et le contre, les alliés ont estimé que la Normandie et ses vastes plages protégées des vents d’ouest et moins défendues, constituaient le meilleur choix, sans oublier l’effet de surprise. »

Il sera d’ailleurs avalisé à la fin de l’été 1943. Mais le challenge allait être de faire croire aux Allemands, que le débarquement allait avoir bien lieu dans le Pas de Calais, de manière à ce qu’ils y mobilisent toutes leurs forces.

Intoxiquer les Allemands, voilà l’objectif de l’opération Fortitude. Les Alliés vont ainsi installer une fausse armée, constituée de faux chars en bois, canons, en caoutchouc, avions fait de charpentes de bois couvertes de tissus, navires de débarquement factices sont rassemblés dans le Kent, juste en face du Pas de Calais.
Unités factices

« Des mouvements permanents de vrais véhicules, d’importantes mesures de sécurité ainsi qu’un intense trafic de messages radio entre unités qui n’existent pas donnent l’illusion que, vu du ciel ou de la terre, une immense armée se prépare à franchir le Pas de Calais. »

Dans les airs, en 1944, les pilotes de la RAF continuaient d’ailleurs à abattre les avions de combat allemands dans la zone mais laissaient s’approcher – sans excès – les avions de reconnaissance de manière à ce qu’ils puissent prendre (de loin…;) des photos de l’armée factice et créditer la thèse du débarquement dans le Pas de Calais.

Sur le terrain, des agents doubles distillent des fausses informations aux services de renseignement allemands.

Parallèlement, et depuis un certain temps déjà, les alliés amassent des informations sur les défenses mises en place par les Allemands.

Dans la nuit du 27 et 28 février 1942 par exemple, un raid mené sur un radar allemand à Bruneval, au nord du Havre, a permis aux Alliés de découvrir que le système de protection des stations radars était identique sur toutes les stations du mur de l’Atlantique. Ce qui a permis de les identifier rapidement lors de la préparation du débarquement.

« Peu après, le 19 août 1942, les alliés mènent un raid sur Dieppe. 6 000 hommes, majoritairement des Canadiens, sont débarqués. Mais l’attaque tourne au cauchemar, Plus de 1 500 soldats perdent la vie et plusieurs milliers sont disparus ou portés disparus. Néanmoins, les experts s’accordent à dire que le raid, bien que dramatiquement meurtrier, a permis de récolter un très grand nombre de renseignements, notamment en termes de soutien aérien, naval, de communications mais aussi sur les manières de faire face aux fortifications allemandes.  »

Dans la nuit du 5 au 6 juin, les bombardements s’intensifient sur le Pas de Calais.  Et une agitation factice est organisée sur les eaux anglaises, en face du Pas de Calais.

Les Allemands, intoxiqués par Fortitude, sont persuadés que le débarquement dans le Pas de Calais va débuter. Et ils ne déplacent donc pas leurs troupes vers la Normandie, dont ils pensent que l’assaut n’est alors qu’une diversion.
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