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Récits de Soldats Edmond Schmickrath

PetitJean Membre non connecté

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Le 06/06/2019 à 21h29
En 2012, Edmond Schmickrath a témoigné dans le livre Ils m’ont volé mes plus belles années (éd. Weyrich). Voici quelques très courts extraits de cette rencontre.

Le 3 août 1943, Edmond décide de rejoindre l’Angleterre car, dit-il, «notre devoir était de faire quelque chose pour le pays». Il en parle à son père qui marque son accord à la seule condition qu’il n’en dise rien à sa mère. Son plan: gagner Genève, prendre contact avec l’ambassadeur britannique pour obtenir un passeport pour rejoindre Londres en avion, via l’Afrique du Nord.

Il se met en route habillé en travailleur journalier pour donner le change aux gendarmes. Trop dangereux. Il revient en France. Plus question de réessayer par la Suisse. Et pourquoi pas par l’Espagne où il arrive le 16 août après avoir dû négocier avec des contrebandiers. Il est arrêté par la Guarda Civil, jeté dans les geôles atroces de Franco. Libéré en septembre grâce à un subterfuge du consul, Edmond prend une fausse identité, devient Luis Lopez, gagne le Portugal, en décembre et finalement l’Angleterre en janvier 1944. Il y reçoit une solide formation au sein du 1er Groupement indépendant belge en Grande-Bretagne, dans les montagnes du Pays de Galles. C’est dur. Cantonné sur la Côte Est anglaise après son sévère entraînement, il apprend que les troupes alliées ont débarqué le 6 juin, en France. La déception est grande. Il espérait en être. Edmond et son 4e peloton d’assaut de la 3e compagnie débarquent près d’Arromanches. Nous sommes le 5 août 1944.

«Mon groupement était rattaché à la 6° Airborne Division britannique. Dans notre secteur, il fallait faire sauter le verrou que formaient les deux blockhaus de Sallenelles. Je préfère ne pas entrer dans les détails de tout ce qui rend pénible et stressante la lente progression du fantassin pendant les quatre-vingts kilomètres sur le littoral français. Après l’attaque des blockhaus, nous avons été mis au repos deux jours et on a repris la route le 18 août au matin. Nous ne prenions pas les accotements qui étaient probablement minés, nous marchions sur l’asphalte. Pendant les dix jours de combat, notre route a été jalonnée de morts: deux ici, quatre tués là, deux autres qui sautent sur une mine et meurent quelques heures plus tard», termine M. Schmickrath.
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PetitJean Membre non connecté

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Le 06/06/2019 à 21h30


Edmond Schmickrath avait 20 ans le 6 juin 1944. Soldat à la brigade Piron, il rongeait son frein: les Belges n’ont pu débarquer qu’en août!

Edmond Schmickrath est né à Gerpinnes le 6 avril 1924. Il a passé sa jeunesse à Libramont. En 1943, il en a assez des Allemands et se sauve en Angleterre via la Suisse, puis l’Espagne et le Portugal. Après une solide instruction, il débarquera en Normandie comme fusilier d’assaut de la brigade Piron et libérera Bruxelles.

Schmickrath où étiez-vous le 6 juin 1944?

J’étais à l’infirmerie de la brigade à cause d’une sale angine. J’ai appris le débarquement par la radio que j’avais dans ma chambre.

Qu’avez-vous éprouvé à l’annonce de cette nouvelle?

Je n’étais pas content! Je me suis dit qu’ils nous avaient oubliés!

Comment cela?

Nous, les Belges, comme les Français et Hollandais, d’ailleurs, et cela, je ne l’ai su que plus tard, devions rester en Angleterre le temps que les Anglais, Canadiens et Américains mettent le pied en France. Le D-Day leur était réservé. Pas question que nous autres, étrangers, participions à l’action. Nous, notre tâche était de «nettoyer les lieux» après le passage des troupes.

Une tâche si ingrate que ça?

Quand nous avons débarqué au début du mois d’août, le bocage normand était encore extrêmement dangereux. Il restait des poches d’Allemands qui se cachaient bien. Nous avons eu des morts au sein de la brigade.

La montée des extrêmes en Europe et chez nous vous inquiète-t-elle?

Ces gens-là me dégoûtent, mais ne m’effraient pas car il arrivera un moment où les gens comprendront que ce qu’ils racontent, c’est de la foutaise.
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