Résistance, un rôle oublié à l’heure des 75 ans de la libération

75 ans de libération, si l’ennemi a été battu avec l’arrivé des alliés et des Belges de la brigade Piron retour de son exil en Angleterre, quand est il de toutes ces femmes et ces hommes qui ont servis avec patriotisme leur pays, qui ne sont jamais mis en scènes par les journaliste et les commémorations…

Le fruit de ce travail, n’est que le fruit des alliés et du bruit de leur chars pourtant la Résistance à tout autant de droit à cette fête amplement méritée.

28 mai 1940, 18 jours après l’entrée allemande sur notre territoire, la Belgique capitule. Très vite, la Résistance s’organise. (MI6 pour le renseignement, MI9 pour les lignes d’évasion, Résistance civil et militaire et la PWE avec la BBC), qui se rappellera de la gréve des 100000, le 10 mai 1941, pour honorer la lutte acharner contre l’envahisseur à Liège, où l’usine Cockerill sera à l’arrêt.

A partir de là, se cré le FI (Front Indépendant) et des PA (Partisans Armé) aux cotés de l’Armée Secrète qui formeront des bases solides d’anciens officiers fidèles au gouvernement Belge exilé à Londres.

Parmi ces résistants, nombreuses sont les femmes à prendre des responsabilités de dirigeantes, comme Lucienne Bouffioux, Yvonne Ledoux, Yvonne Paradis ou Marcelle Leroy. D’autres, comme Fanny Beznos-Jacquemotte et Buntea Crupnic-Smesman, ont connu l’exil avant la guerre. C’est aussi le cas d’Ignace Lapiower et Andor Béreï. Ils étaient juifs, Hongrois, Roumains ou bien Polonais et n’ont pas hésité à s’engager pour l’indépendance de la Belgique et la victoire contre le fascisme. La meilleure manière de découvrir le parcours extraordinaire de ces résistants est de feuilleter la récente réédition Du rouge au tricolore, ouvrage de José Gotovitch qui durant vingt ans a interrogé trois cents témoins de cette période.

L’attaque du convoi XX

La déportation des Juifs pour ce que les Allemands appellent le « travail obligatoire » et qui n’est pas autre chose que la mise en œuvre de la solution finale via la caserne Dossin de Malines entraîne la naissance d’importants réseaux de résistance au travers du Comité de défense des Juifs, de l’œuvre nationale de l’enfance et grâce à l’appui de membres du clergé catholique belge. Un acte de bravoure unique en Europe occidentale conduit ainsi à l’attaque du vingtième convoi de déportation des Juifs de Belgique perpétrée le 19 avril1943 par trois hommes armés d’une lampe tempête, de tenailles et d’un seul revolver conduisit à l’évasion de 231 déportés. Elle fut menée par Youra Livchitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau.

Le sabotage de la ligne Louvain-Ottignies

Ce dynamitage spectaculaire sur la ligne Louvain-Ottignies est un des nombreux épisode de la «bataille du rail» et fut perpétré, à Oud-Heverlee, le 30 juillet1943 par des Partisans armés tandis que la voie était étroitement surveillée par les Allemands. L’explosion eut lieu quelques instants avant le passage du convoi qui fut entièrement détruit. 270 soldats allemands y perdirent la vie.

La grande coupure

Un des plus grands faits d’armes du Groupe G fut ce que l’on a appelé « La grande coupure ». Il eut lieu le soir du 15 janvier1944. Le plan avait été mûrement réfléchi et prévoyait d’abattre les pylônes supportant les câbles d’alimentation électrique des zones industrielles. Tous les lieux de sabotage avait été choisis pour l’importance des perturbations que leur destruction allait provoquer dans les usines et les moyens de communication. La préférence fut donnée à des sites d’accès difficile, là où les opérations de réparation seraient plus longues à réaliser. Ce soir là, entre 20 et 23 heures, les membres du groupe G firent sauter les pylônes du Borinage. Une série de sabotages enchaîna immédiatement, remontant vers La Louvière, Court-Saint-Étienne, Charleroi, Namur, puis, bifurquant vers la région liégeoise, atteignit Bressoux et Visé, tout en rayonnant en direction d’Alost, Termonde, Malines et Courtrai. Au total, la démolition à l’explosif de 28 pylônes à haute tension eut pour effet de priver d’énergie de façon durable de nombreuses usines à travers tout le pays. Un grand nombre d’entreprises réquisitionnées par les Allemands pour leur production de guerre furent immédiatement à l’arrêt et certaines n’étaient pas encore remises en état à la Libération. Les conséquences de cette opération se firent durement sentir aux Allemands jusqu’à la fin de la guerre.

C’est dans tout le pays que des actes de bravoure de milliers de travailleurs ont préparé la défaite de l’occupant hitlérien. On est loin de l’image que certains aiment véhiculer d’une Flandre collaboratrice et d’une Wallonie résistante, même s’il est vrai que la Résistance a été plus forte du côté francophone du pays.

La contribution des résistants à la Victoire a été largement admise : « toutes les autorités militaires admettront que les groupes belges de résistance leur offrirent une aide bien plus grande pendant les jours de la libération que ne le firent les groupes similaires en France, écriront alors les Alliés . Les groupes belges étaient mieux organisés, mieux préparés et furent plus vigoureux dans leurs actions ». Après la guerre, 35 000 partisans armés et miliciens populaires ont été reconnus comme résistants armés. 2200 communistes ont été assassinés par les nazis. 5500 membres du PCB ont été déportés. C’est un lourd tribut que les résistants, et spécialement les communistes de Belgique ont payé à la lutte pour la démocratie, un sacrifice que nul ne pourrait effacer.

Malheureusement, si ce rôle a été reconnu à l’époque, il est aujourd’hui largement passé sous silence lors des commémorations et cérémonies officielles. Pourtant ces faits et les sacrifices de dizaines de milliers de personnes méritent d’être plus largement connus. Le rôle des communistes qui, beaucoup plus que quiconque, ont contribué à la lutte pour la démocratie doit aussi être souligné. Alors que certains politiciens ou penseurs de droite comparent aujourd’hui les communistes ou le PTB à l’extrême-droite et au Vlaams Belang, ils devraient plutôt saluer le rôle remarquable qu’ont eu les communistes belges (et dans le monde entier) dans la défaite du fascisme en 1945.

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