Basecles – Histoire

Le plus ancien document mentionnant le nom de Basècles date du 6ème jour des Calendes de juin de l’an 1040.

A la sixième ligne de ce parchemin, on lit : …villae nomine basilicas a croha usque ad petras boseras et de cruce quae est in via platonis usque…, c’est-à-dire : la villa nommée Basilicas (Basècles) s’étend depuis Croha (?) jusqu’à Petras Boseras (Péruwelz) et depuis une croix qui est sur le chemin de Platonis (Blaton) jusqu’à

Par la romanisation progressive, le vocable, d’origine latine, devint l’actuel Basècles

Mais que signifiait Basilicas ?

Plusieurs éthymologistes ont étudiés la question ; l’explication de Du Cange est généralement admise : Basilicae appellantur aediculae quaedam, quas Franci nostri veteres magnatum tumulis imponebant, quod formam basilicarum seu aedium sacrarum refferent… (on appelle Basilicae de petits édifices que les Francs, nos ancêtres, érigeaient sur la tombe des grands hommes et qui rappelaient la forme des basiliques ou édifices sacrés).

Basècles signifierait donc mausolée.

Description de Basècles datant de 1833.

BASÈCLES, commune du canton et à1/2 lieue 0. de Quévaucamps , de l’arrondissement et à 5 lieues 1/4 E. de Tournay ; à 5 lieues 1/2 0. du chef-lieu de la province. Elle est bornée au N. par les communes de Thumaide, Wadelincourt et Ellignies-Saint-Anne, à l’E. par celle de Quévaucamps, au S. par le territoire de Blaton et à l’O. par celui de Péruwelz.

Cette commune se compose de son chef-lieu, situé au centre du territoire, et de quelques maisons isolées.

Hydrographie :

L’Averne circule sur le territoire du N. à l’O.; ce ruisseau alimente un moulin à farine. Un étang de trente perches de superficie sur trois palmes de profondeur, à fond tourbeux, sert de réservoir à l’usine.

Sol :

L’aspect du territoire est assez uniforme. Une colline s’étend de l’E. au N. 0. et s’incline en pente douce. La superficie du sol offre généralement une terre meuble, sablonneuse, mêlée d’argile et de rocaille; elle recouvre immédiatement le calcaire compacte d’un gris-bleu foncé ou le calcaire fétide dont la couleur varie depuis le gris-bleu pâle jusqu’au brun foncé et au noir. Parmi les espèces minérales que ce terrain recèle et dont on a pu déterminer les formes, on distingue la chaux carbonatée inverse,cuboïde et laminaire.

De nombreuses exploitations sont établies sur le territoire pour l’extraction de la pierre de taille et à chaux , et du marbre.

Terres labourables, quatre classes :

  1. argile tendre et friable , profonde de douze pouces environ;
  2. terre végétale, de nature sablonneuse, de huit à neuf pouces d’épaisseur, sur fond sablonneux ;
  3. sable léger , caillouteux, de cinq à sept pouces de couelie , assise sur un sable blanchâtre;
  4. terre de bruyère, rocailleuse, dont la couche -végétale n’a que trois à quatre pouces de profondeur.

Agriculture :

Le froment, le seigle, l’escourgeon ? l’avoine , le trèfle et le colza sont les principales productions. On ne cultive pas assez de légumes pour la consomation locale.

Très-peu de fruits. Il y a environ soixante bonniers de prés ; la majeure partie est située le long de l’Averne: on y dépouille un foin assez abondant et de bonne qualité. Les pâturages sont entourés de haies vives.

  • Quelques jardins potagers et vergers.
  • Aunaies et Oseraies d’un faible rapport.
  • Peupliers de Canada épars.

On y trouve en outre cinq parcelles de pépinières; elles forment à peine un bonnier de contenance. La culture des terres est assez bien soignée: les plus productives ne reposent jamais, les autres restent souvent en jachères et s’exploitent à la houe et à la bêche.

  • Trois fermes. On se sert (le fumier et de marne pour engrais. On fait peu d’élèves en chevaux.
  • Gros et menu bétail.
  • Peu de volaille. Les lièvres et les perdrix sont assez rares.
  • Beurre et fromage pour la consomation locale.
  • Fréquentation du marché de Leuze.

Population :

On comptait , en 1829, deux mille deux cent quarante-cinq habitans , dont mille cent treize du sexe masculin et mille ceiit trente-deux du sexe féminin. Il y avait eu pendant la même année quarante-deux décès et quatre-vingt-neuf naissances. La population était, en 1931 de deux mille deux cent soixante quinze habitans. Le nombre annuel des mariages vingt.

Habitations :

Les habitations , au nombre de quatre cent vingt-deux, sont presque toutes agglomérées et bâties assez régulièrement , partie en pierres bleues, partie en briques, et couvertes en pannes, en ardoises ou en chaume. Il y a une église, et une école primaire,

Commerce et industrie :

L’exploitation des carrières de calcaire compacte bleu est très considérable; la pierre est taillée sur les lieux pour différens usages tels que pour auges, pavés, seuils de portes; les débris sont convertis en chaux: celle-ci, d’une qualité inférieure à la chaux de Tournay, sous le rapport du ciment, a une propriété qui lui est particulière, c’est qu’on en compose un très-beau plâtre pour plafonds; on l’emploie aussi pour l’amendement des terres. Le calcaire fétide fournit au commerce des blocs qui, bien que d’un tissu grossier, présentent plusieurs des qualités du marbre : cette pierre, qui est très-solide,est surtout recherchée à cause de la propriété qu’elle a de prendre toutes les formes q’on veut lui donner : sa couleur qui est d’un bleu noir est susceptible d’un beau poli ; on s’en sert principalement pour paver l’intérieur des habitations ; les couches de médiocre épaisseur ont une consistance moindre; elles sont exploitées pour la fabrication d’une chaux assez estimée en ce qu’elle contient une assez grande quantité d’oxide de fer, qui contribue à augmenter la solidité des cimens. Les pierres bleues, les marbres dits de Basècles et la chaux donnent lien à un commerce très-important; on exporte aussi des productions du sol et du bétail.

  • Trois moulins à farine, dont deux mûs par le vent,
  • dix-sept fours à chaux, situés la plupart dans la partie méridionale du territoire,
  • une brasserie et une tannerie.

Routes et chemins :

Cette commune est traversée de l’E. à l’O. par la grande route de Mons à Tournay; plusieurs chemins de terre, entr’autres ceux de Condé à Ath et de Basècles à Ellignies-Sainte-Anne, facilitent les communications avec les environs.

L’intérieur de la commune est pavé.


Le cimetière Franc

La découverte la plus probante est celle qui fut faite en 1848 d’un cimetière de l’époque franque, comprenant une cinquantaine de tombes. Le terrain déblayé où ont été receuillis les objets a une surface de 200 mètres carré. Les 49 squelettees étaient irrégulièrement étendus, loin les uns des autres. A côté d’eux un vase en terre noire et des armes qui tombaient en poussière.

Se basant sur la similitude de formes de la hache, de la lance, des vases avec d’autres découvertes à Lede; les archéologues pensent qu’il s’agit là de squelettes de l’époque franque, occupant 49 sépultures différentes ; on enterrait à peu de profondeur à cette époque.

Ces découvertes avaient été faites dans une carrière appartenant à Madame Veuve Legrand.

En 1884, les travaux d’agrandissement affectués à la carrière Constant Place ont fait découvrir trois fers de lance et une bouteille en terre grise et dure, partiellement brisée, ornée à la roulette. On n’en sait pas davantage sur la découverte de 2 squelettes avec lance et épée, en 1875, dans la même carrière, ni sur les 4 squelettes, également accompagnés chcun d’une lance et d’une épée à l’endroit appelé le trou Antoine, en 1861.

Tous ces endroits sont contigus les uns aux autres, et on peut considérer les découvertes de 1848, de 1860, de 1875 et de 1884 comme ne faisant qu’une .


La voie Romaine


1501-1600

1501Assassinat de Jean Benoit, brasseur et mayeur de Basècles. A l’intérieur de l’église, du côté de fonts baptismaux, un tableau en pierre blanche retrace cet assassinat. La pierre porte des traces de polychromie et une légende explique : Jehan Benoit, en son temps mayeur de Bazecles, gist icy, lequel fut murdri de son serviteur auprez de Condé par ung vendredi, nuit de l’an, en l’an XV cent et ung…
 La cuve octogonale des fonts baptismaux, en pierre bleue peinte, est d’un style gothique du XVIème siècle ; hauteur 1,22m.La statue de Saint Martin date du XVIIème siècle.

1701-1800

1765Date de construction de l’autel latéral nord (de la sainte vierge). Le décor appartient au style Louis XV.
1771A la suite d’une supplique émise par les gens de loi du village, les abbés de Saint-Ghislain décidèrent la construction d’une nouvelle église, en lieu et place de l’ancienne, devenue trop petite. 
1779Les travaux de la nouvelle église commencent sous la prélature de dom Amand Cazier, abbé du monastère et comte de Basècles.
1784Le 15 janvier, Jean-Théodore Barbieux, fondeur à Tournai, livre trois cloches d’un poids total de 4.930 livres, poids de Tournai, ou 4.536 livres, poids de Mons, pour remplacer la seule existante.
1786Un des confessionnaux, en bois, à rehauts dorés, daterait de cette date.Le 2 août 1786, les échevins commandent une cloche d’environ 2500 livres, poids de Mons, à livrer six semaines plus tard, pour remplacer une de celle fournies en 1784. Cette cloche est décorée en relief de la scène du partage du manteau de Saint-Martin, sur une face, et d’un calvaire classique (le christ et deux larrons en croix), sur l’autre, avec la liste des mayeurs et échevins.
1790Deux des cloches livrées en 1784 sont enlevées par les Révolutionnaires français.
 Le banc de communion en chêne fut exécuté à la fin du XVIIIème siècle. De même que la chaire de vérité, en bois peint doré, est un travail de style Louis XVI ; ses faces sont ornées de médaillons aux effigies des quatres Evangélistes avec leurs attributs symboliques.

1801-1900

1803Jusqu’en 1803, le presbytère servit de gendarmerie
1825Réalisation des stalles du chœur qui proviennent de l’atelier de J.B. Quitton, menuisier à Huissignies.
1826Date de réalisation du pavement du chœur de l’église
1828Réalisation de l’assomption, toile de 3,20 * 1,90m, par Denher, peintre à Ath.
1831Le recensement mentionne 225 ouvriers travaillant la pierre de taille et le marbre, et 120 autres s’occupant des 17 fours à chaux situés, pour la plupart, dans la partie méridionale du village
1842Le nombre des fours à chaux est passé de 25 à 30
1843Achat à Moustier de l’autel latéral sud (de Saint Martin) façon Louis XV.
1844Il y a à cette époque 35 fours à chaux.
1848En avril, de nombreux ouvriers baséclois qui travaillaient en France reviennent grossir le flot des chômeurs
1852Le 9 juillet, le Conseil Communal décide de construire un nouveau presbytère
1855Une grève éclate dans toutes les carrières de Basècles
1858Réalisation de Luther et son Confesseur (au presbytère), œuvre réalisée par Clara Cenicke.Le 19 octobre, Jean-Baptiste Letot, meunier, sollicite des autorités communales l’autorisation d’installer une machine à vapeur de 8CV à l’intérieur du moulin
1860Une inondation eut lieu dans plusieurs carrières suite à un tir de mine
1862Le 18 septembre, le gouverneur du Hainaut suggère aux autorités basécloises, l’ouverture d’une bibliothèque populaire accessible aux villageois
1863Le 22 juillet, le sieur Dubar, instituteur, sollicita des conseillers communaux l’ouverture d’une école d’adultes à Basècles
1867Le 17 février, les mandataires communaux se décident , à titre d’essai, à créer des cours pour adultes qui se donneraient durant les soirées d’hiver
1868Un groupe d’exploitants carriers projeta de raccorder les chantiers baséclois au chemin de fer Hainaut-Flandres
1869Le 9 décembre, le Conseil communal cote la création d’une école de dessin et de modelage
1870Le 25 novembre, une école de musique fut créée
1876Le 2 novembre, un train spécial venu de Bruxelles amena une délégation ministérielle à Basècles
1879Formation du parti socialiste
1880Les maîtres carriers baséclois offrent le pavement en pierre bleue, les plinthes et les pilastres en marbre noirLes registres de recensement de l’industrie établis par le Ministère de l’Intérieur signalent à propos des carrières basécloises, que 22 sociétés particulières d’exploitations occupent 544 ouvriers et ouvrières ainsi que 12 employeés
1881Le 2 mai, vu le réel succès des cours industriels, les conseillers communaux décident d’approprier l’ancienne maison communale avec logement, salle de musique et salle de dessin
1884Naissance du syndicalisme
1890Edmond Landrieu raccorde sa carrière, sise à Sartys, au canal de Pommeroeul à Antoing.
1896Le chemin de croix, suite de peintures réalisées à Tournai par l’école Saint-Luc
1899Le 19 mars , premier enterrement civil dans le cimetière paroissial
 La statue de Saint Hubert date du XIXème siècle.

1901-2000

1902Alors que la grève des charbonnages en France était générale, un mouvement de revendications s’étendait à la région de Basècles, Blaton et Quevaucamps.. la grève commença en avril. Le travail recommença en mars de l’année suivante.
1906Le 21 février 1906, Mr et Mme Bleu-Lebailly firent don d’un vitrail de Saint-Ghislain, tandis que Mlle Marie Dubois de Bruxelles, en offrait un autre, représentant Sainte-Catherine, en souvenir de sa tante Mlle Catherine Bayart.
1913En avril, une grève générale éclate dans l’industrie : c’était un des moyens utilisés par la classe laborieuse pour conquérir le droit au Suffrage universel en Belgique
1922Le vitrail consacré à Saint-Vincent de Paul fut placé, en juin 1992, par la famille lebailly, en mémoire de l’abbé Vincent Dubruille.
1928Les cloches de l’église sont montées sur des roulements à billes
1940En mai, Alfred Gors, avec tous les jeunes gens de 16 à 35 ans, répondit à l’ordre du Gouvernement et gagna la France pour y passer un court séjour. Dès son retour à Basècles, il participa activement à la résistance
1943Les 13 et 14 août, les Allemands volent deux cloches Amélie-Henri et Marie-Aldegonde
1946Maurice Matton construit de ses mains un semi géant en tôle soudée et peinturlurée que l’on prénomma PipoUn comité récolta des fonds afin d’ériger un monument commémoratif qui fut inauguré le 25 août
1947Un géant à visage  » plus humain  » fut construit. Il figurait un vieil ouvrier de carrière baséclois (géant hilare à sarrau de grosse toile bleue, foulard rouge à gros pois blancs autour de son cou et, sur le chef, une casquette de soie noire…
1955Fermeture de la carrière Marbres belges S.A.
1962Le 8 avril, S.E. Mgr Himmer, Evêque de Tournai, baptise les trois nouvelles cloches de l’église. Elles ont été commandées à la firme Horacantus de Lokeren et proviennent d’une fonderie hollandaiseFermeture de la Carrière Roland
1965Fermeture de la Marbrerie Pourbaix, qui avait déjà réduit son activité de 2/3 en 1962
1970Démolition du moulin à eau