Bella Ciao, chant des partisans italiens

Revenu sur le devant de la scène ces derniers temps, bien aidé par les stades de foot ou encore par la série « La Casa de Papel » diffusée sur Netflix, « Bella Ciao » est chanté ou fredonné par un nombre croissant de personnes, alors que ces dernières n’ont que très rarement conscience de ses origines.

Alors oui, chanter une chanson à la mode, c’est bien et ça fait sans doute bon genre en société, mais connaître sa genèse, son message et ses origines, c’est quand même un peu mieux.

Retour sur l’histoire de ce chant, qui conserve de nos jours encore une forte symbolique en Italie.
Aux origines, un chant de partisans italiens

L’Histoire occulte souvent le rôle joué par les mouvements de résistance internes aux dictatures totalitaires. Ainsi, que ce soit en Italie ou encore en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, la résistance au fascisme n’est que très rarement mise en évidence, en comparaison aux mouvements de résistants et de partisans dans les pays occupés comme la France, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie, pour ne citer que ces trois-là.

Pourtant, il y a bien eu des mouvements de résistance s’opposant en interne à Hitler et à Mussolini. Bien évidemment, ces derniers n’eurent pas la tâche facilitée dans des pays où tous les pans de la société étaient intégrés à l’Etat totalitaire et leur influence fut donc limitée.

Bella ciao est un chant de révolte des partisans italiens dont les paroles ont été écrites fin 1944. L’époque à laquelle les paroles ont été rédigées nous apprend une première chose au regard du contexte historique : en 1944, l’armistice de Cassibile a déjà été signé entre les Alliés et le Royaume d’Italie et les hostilités ont continué dans le nord du pays après que les Allemands aient aidé à la reformation d’une République Sociale Italienne. Mussolini, mis aux arrêts par le roi Vittorio Emanuele III, a été libéré par un commando de Fallschirmjäger allemands lors de l’opération Eiche à laquelle a notamment pris part le zélé Otto Skorzeny.

Ce chant est donc avant tout chanté par des partisans italiens affiliés au Comité de Libération Nationale, soutenu par les Alliés, et dirigé contre les troupes allemandes et la République Sociale Italienne, dite « République de Salo » lors de la guerre civile italienne. Toutefois, il n’a pas été dirigé contre Mussolini durant les premières années du fascisme en Italie comme certaines sources le prétendent parfois.

Les paroles de Bella Ciao, traduites en langue française sont donc les suivantes :

Un matin, je me suis levé
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Un matin, je me suis levé,
Et j’ai trouvé l’envahisseur.

Hé ! partisan emmène-moi
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Hé ! partisan emmène-moi,
Car je me sens mourir

Et si je meurs en partisan
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Et si je meurs en partisan,
Il faudra que tu m’enterres.

Que tu m’enterres sur la montagne
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Que tu m’enterres sur la montagne,
À l’ombre d’une belle fleur

Et les gens qui passeront
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Et les gens qui passeront
Me diront « Quelle belle fleur »

C’est la fleur du partisan
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
C’est la fleur du partisan
Mort pour la liberté

Les paroles sont assez explicites et ne nécessitent pas une analyse poussée. Notez juste que la « belle fleur » fait référence à un autre chant populaire, « Fior di tomba », dans lequel un résistant écrit à sa bien-aimée.