Dictionnaire

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions qui se côtoient. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères.

Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’expressions sont encore et toujours employées dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Tandis que la

Lexique des Tranchées, de concentration et de la guerre

Il y a actuellement 273 noms dans ce répertoire
Abeille
Balle de fusil. Terme faisant référence au bruit des projectiles dans leur course.

Abort
Toilette

Abrücken
Partir

Achtung
Attention! Chaque fois qu’un S.S. se présentait, entrait dans un local ou en sortait, un déporté devait crier : Achtung !, et les autres déportés s’immobilisaient au garde à vous.

Adjupète
Surnom donné à l'adjudant

Afrika Korps
La 5e Division motorisée, la 15ème division blindée et la 90ème division d’infanterie motorisée de la Wehrmacht forment l’Afrika Korps. Commandée par le général Erwin Rommel, l’AK est débarqué en Afrique en février 1941. Sa mission est de se battre aux côtés des Italiens contre les Britanniques qui, ce même mois, sont entrés en Libye. Au printemps 1942, la 1e Division française libre (1e DFL), commandée par le général Koenig, affronte l’Afrika Korps à Bir-Hakeim. Après une série de victoires l’AK est battue à El Alamein, le 1er décembre 1942. Elle se rend aux Alliés le 12 mai 1943.

Alboche
Nom donné aux allemands, croisement de deux synonymes, Allemand et Boche

Ambulance
1) Véhicule de transport des blessés (sens actuel du terme). 2) Unité médico-chirurgicale, qui existe au niveau du corps d’armée. On parle de l’ambulance N° tant comme on parlerait du régiment N° tant.

AMGOT
Allied Military Government of Occupied Territory. Prévu pour être le gouvernement intérimaire (prenant en charge l’administration du territoire, y compris l’émission de la monnaie) des territoires européens libérés par les Alliés. Il ne fut pas imposé en France en 1944, en raison de l’opposition farouche du général de Gaulle, chef du Gouvernement provisoire de la République française.

Amt
Office, administration, abréviation récurrente dans l’organisation nazie.

Anschluss
Dans la nuit du 11 au 12 mars 1938, l’Allemagne envahit l’Autriche. Hitler destitue le chancelier Schuschnigg et le remplace par le nazi Seyss-Inquart. Il proclame l’Autriche province allemande. Ce rattachement (Anschluss) s’est fait en opposition avec le traité de Versailles qui l’interdit et contre la volonté de l’Italie, allié de l’Allemagne.

Antreten
Se rassembler, s’aligner (en vue d’un appel, d’un contrôle, d’une punition…)

AO
Action ouvrière. Consistant à l’origine en une extension du mouvement Combat dans les classes ouvrières urbaines, le mouvement devint un instrument actif de sabotage industriel, conservant une position organisationnelle au sein des MUR mais travaillant en étroite collaboration avec des syndicalistes aussi bien qu’avec des ouvriers socialistes et communistes.

Appelplatz
Place d’appel. Dans certains camps on la désigne sous le nom de « Lagerplatz ». C’est en général là qu’on exécute les punitions.

Arbalète
Fusil. Allusion burlesque à une arme jadis redoutable.

Arbeit Macht Frei
Le travail rend libre. Maxime sarcastique affichée par les nazis à l’entrée de certains camps de concentration, alors que les déportés sont des forçats travaillant 12 heures par jour au profit de l’industrie de guerre nazie.

Arbeitscommando
Commando de travail, soit interne au camp, soit externe.

Arbeitslager
« Camp de travail ». Ce terme ne désigne pas nécessairement un camp de concentration.

Arbeitsstatistik
Bureau du travail. Il applique les plans S.S. pour l’organisation du travail, prépare les transports, organise les nouveaux commandos, tient à jour la liste de tous les commandos dépendants du camp. Son chef est le S.S. « Arbeitsdienstführer ».

Armée d’Afrique
Composée d’unités européennes et nord-africaines, son rôle est de protéger les territoires coloniaux et de contribuer à la défense de la métropole. En août 1943, elle est amalgamée aux Forces françaises libres constituant ainsi l’armée de libération. L’armée d’Afrique participe aux débarquements en Italie (100 000 hommes) et en Provence (250 000 hommes, dont plus de la moitié issue de populations indigènes).

Armistice
Le 17 juin 1940, le Maréchal Pétain, nommé président du Conseil, demande à l’Allemagne la signature d’un armistice. Signé à Rethondes, le 22 juin, là même où fut signé celui de 1918, il impose à la France le désarmement de son armée, l’entretien des troupes allemandes basées sur son territoire, la création d’une ligne de démarcation ainsi que le maintien en captivité des prisonniers de guerre français. L’annexion de l’Alsace-Moselle n’était pas prévue dans les conventions d’armistice.

Arrosoir
Désigne le canon de 75mm français

Arschficker
Homosexuel. Il porte le triangle rose. Sa situation est souvent dramatique car il est méprisé par tous, aussi bien les bourreaux que les autres détenus…

Artiflot
En argot des combattants, désignation des artilleurs, principalement par les fantassins.

Aryaniser
Fait de confisquer un commerce ou une entreprise appartenant à un Juif et de le donner ou de le vendre à bas prix à un non-Juif ou « aryen ». Les différents États collaborateurs ont tous procédé à l’aryanisation. En France, c’est le Commissariat général aux Questions juives (CGQJ) créé par un décret de Vichy en date du 29 mars 1941 qui s’occupe de « l’aryanisation » des commerces et des entreprises appartenant à des Juifs.

AS
L’Armée secrète est créée en zone Sud dès 1941 par Henri Fresnay, chef du mouvement Combat. En zone Nord, le chef est un officier de réserve Jacques Arthuys, remplacé après son arrestation par le colonel Touny, officier de carrière. Ils recrutent parmi les officiers et collectent des renseignements et organisent des départs vers la France Libre, via l’Espagne. Après l’unification des mouvements de résistance par le préfet Jean Moulin, l’Armée secrète est dirigée par le général Delestraint de novembre 1942 à juin 1943, date de son arrestation. Le général Dejussieu qui a adopté le pseudonyme de Pontcarral lui succède comme chef de l’AS en zone sud. En 1944, l’AS, l’ORA et les FTP forment les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) dont le commandant en chef est le général Koenig. En janvier 1944, le général Dejussieu est devenu chef d’état-major national des FFI. L’Armée secrète disposait de 80 000 hommes en zone Sud et de 50 000 hommes en zone Nord.

As de Carreau
Nom donné au havresac ou sac à dos du fantassin français en raison de la forme carré de sa structure intérieur en bois, qui servait aussi de dernier rempart contre les tirs ennemis.

ASDIC
Anti-Submarine Detection and Investigation Committee: comité de détection et d’identification des sous-marins Appareil permettant la détection par ultra-sons des sous-marins en plongée.

ASO
Asozial. Catégorie nazie de classification dans les camps de concentration. Les asociaux portent le triangle noir.

Assemblée consultative provisoire
Convoquée à Alger par une ordonnance du général de Gaulle en date du 17 septembre 1943, elle se réunit pour la première fois le 3 novembre. Elle est composée de 84 membres : 40 représentants de la Résistance intérieure, 12 de la Résistance extérieure, 20 parlementaires (choisi parmi ceux qui n’ont pas voté les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940) et 12 membres des conseils généraux des colonies libérées. Le 3 novembre, seul 47 membres sont présents, les autres n’ayant pu quitter la métropole. Le général de Gaulle prononce un discours annonçant des élections au suffrage universel une fois le territoire national libéré et fixant le rôle et les pouvoirs de l’assemblée d’Alger. Le 6 novembre, le CFLN est remanié en fonction des divers tendances politiques représentées à l’ACP.

ATS
Army Territorial Service. Service territorial de l'armée. Corps des auxiliaires féminins de l'armée de terre britannique.

Aufseherin
Auxiliaire féminine de la S.S, surveillante dans les camps de concentration pour femme.

Aufstehen
Se lever, debout !

Augen links, rechts, gerade aus
« Tête à gauche », « à droite », « fixe ! ».

Aussencommando
Equipe de prisonniers travaillant à l’extérieur du camp mais y revenant chaque jour.

Axe
Nom donné à l’alliance, conclue en octobre 1936 entre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, qui posa les bases de ce que l’on appellera « l’axe Rome-Berlin ». Le Japon, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie et la Slovaquie intégrèrent également l’Axe.

AZA
Ausländischer Zivil Arbeiter. Catégorie nazie de classification dans les camps : Travailleur civil étranger

Azor
Dans l’argot des combattants, désigne le sac des combattants.

Bacchante
Moustache.

Ballila
Nom donné aux enfants de 8 et 14 ans qui appartenaient à l’Opera Nazionale Ballila , sorte de scoutisme paramilitaire organisé par le régime fasciste en Italie. Les jeunes italiens sont embrigadés. On leur inculque le culte du chef, la puissance et la grandeur de la nation, l’éloge de la violence et de la vie dangereuse, l’exaltation du groupe et la négation de l’individu.

Ballot
Bête, sot.

Bande molletière
Elément de l’équipement des fantassins français, constitué d’une bande en drap de laine enroulée autour du mollet.

Barbaque
Viande souvent de mauvaise qualité.

Barda
Equipement du soldat qu'il place généralement dans son havresac (As de Carreau)

Baroufle
Bruit, tapage, vacarme.

Bas du cul
Homme de petite taille, qui a de petites jambes.

Bataillon
Unité militaire regroupant plusieurs compagnie

Batterie
Dans le domaine militaire, une batterie est un ensemble tactique désignant un petit groupe de pièces d'artillerie (canon, mortier, obusier, etc). Sur le théâtre des opérations terrestre, les batteries sont généralement regroupées en unités plus importantes appelées bataillons ou groupes, qui sont à leur tour regroupées au sein d'un régiment ou d'une brigade d'artillerie ou d'armes combinées.

Baukommando
Kommando (équipe de travail) occupé à des travaux de construction, d’aménagement, d’entretien du camp, pose des barbelés, canalisations, terrasses, etc… Dans certains camps, il avait un caractère disciplinaire.

Bauleitung
Direction des bâtiments. Elle a sous son autorité tous les kommandos de travail affectés à la construction et à l’entretien des bâtiments et installations dans le camp et autour du camp.

Baveux
Journal.

BBC
British Broadcasting Corporation. Créée en 1922, la BBC est pendant la guerre un des acteurs principaux de la guerre des ondes. La France Libre y a une émission depuis le 18 juillet 1940. Le journaliste Maurice Schumann y est détaché comme agent de liaison où il anime l’émission « Honneur et Patrie ». Il deviendra porte-parole de la France libre. L’émission « Les Français parlent aux Français » était animée par des Français et néanmoins subordonnée au chef anglais de la section française de la BBC.

BCRA
Bureau Central de Renseignements et d’Action (militaire) de la France libre . Initialement 2ème bureau : le 1er juillet 1940, le capitaine Dewavrin dit Passy est chargé par le général de Gaulle de créer les services secrets de la France Libre. Dès la fin du mois, ce bureau est capable d’envoyer des missions en France. Il organise d’importants réseaux dans la France occupée. Le plus connu est Confrérie-Notre-Dame dirigé par le colonel Rémy. En août 1942, une section Afrique du Nord est créée au BCRA. Elle s’installe à Alger en 1943.

BdU
Befehlshaber der U-Boote, ou commandement des U-Boote.

Becquetance
Nourriture.

BEF
(en anglais : British Expeditionary Force) Terme signifiant le Corps Expéditionnaire Britannique (troupes envoyées en France et à Narvik par exemple).

Bibelforscher
En abrégé BIFO. Témoins de Jéhovah, refusant le service militaire (objecteur de conscience), considérant Hitler comme l’incarnation de la Bête de l’Apocalypse. Environ 2 000 Témoins allemands furent internés dans les camps de concentration. Ils portaient un triangle violet

Bidoche
Terme désignant la viande.

Biler, bilotter, (se)
Se faire de la bile, s'inquiéter.

Binette
Tête.

Bivouac
Terme militaire qui désigne le fait d’établir un campement provisoire à l’extérieur, et, par extension, un repas ou une nuit passés dehors. Le terme tend à être davantage utilisé au début de la guerre, avant l’installation dans les tranchées, il s’applique ensuite lors des déplacements entre secteurs.

Bleu horizon
Nom donné à la couleur de l’uniforme français adopté après la bataille de la Marne en septembre 1914, pour rompre avec la visibilité désastreuse des pantalons rouge garance utilisés jusque-là. La distribution des nouveaux uniformes s’étale dans le temps jusqu’en 1915.

Bleus, bleuet, bleusaille
Désignation dans l’argot militaire d’un soldat inexpérimenté, n’ayant pas ou peu vu le feu

Blitz
On désigne sous ce nom, les bombardements de terreur lancés par la Luftwaffe sur Londres et les villes britanniques à partir du 7 septembre 1940. C’est la seconde phase de la bataille d’Angleterre, la Luftwaffe ayant d’abord pris pour cible les bases de la RAF. Le 12 octobre 1940, devant l’incapacité de la Luftwaffe a éradiquer la chasse anglaise, Hitler renonce à envahir l’Angleterre. Les bombardements allemands se poursuivent cependant jusqu’en mars 1941. Ils reprennent en juin 1944 avec des V 1, puis de septembre 1944 au 27 mars 1945 avec des V 2.

Blitzkrieg
Cette stratégie de guerre-éclair a été mise au point par le général allemand Guderian spécialiste des chars de combat. Elle consiste à utiliser de façon cordonnée blindés et avions. Ils agissent conjointement en ordre groupé pour percer les lignes ennemies en un point de rupture. Cette tactique vise à neutraliser l’adversaire sans lui laisser le temps d’opposer un front solide. Les Allemands utilisent cette tactique pour envahir la Pologne en septembre 1939, la Norvège en avril 1940 et la France et le Benelux en mai 1940.

Block
Baraque des déportés. Par extension, l’effectif d’un block. Les baraquements de déportés dans beaucoup de camps (Dachau, Mauthausen, Buchenwald, etc.) mesuraient environ 50 m x 7 m. Chacun d’eux était partagé en deux ailes (Flügel) A et B, situées de part et d’autre de l’entrée et comprenant un dortoir (Schlafsaai), une pièce commune (Dienstraum), un poste d’eau et des W.C. Un autre genre de block du type Pferdestalle, ancien modèle d’écurie de l’armée pour 52 chevaux, pouvait abriter jusqu’à 1 200 déportés. On en trouve dans les grands camps de concentration comme Buchenwald.

Blockaltester
Doyen du block, déporté responsable du block et de son effectif sous la direction du Blockführer SS. Dans les camps de femmes, Blockowa est la forme polonaise pour désigner la même fonction.

Blockführer
Fonction du S.S. chargé d’un block. Le Blockaltester ou la Blockowa sont responsables devant lui.

Bobard
Mensonge, tromperie.

Boche
Désignation péjorative des Allemands par les Français. Ce terme serait une réduction du terme argotique "Alboche", désignant aussi les Allemands

Boîte aux lettres
Expression des services de renseignements servant à désigner les cachettes où les agents secrets déposent leurs rapports. Les boîtes aux lettres vivantes sont des intermédiaires qui reçoivent les rapports des agents secrets et les transmettent au quartier général.

Bourrin
Un cheval.

Bousiller
Tuer, en faisant maladroitement la besogne.

Bouthéon
Marmite collective aplatie en métal utilisée notamment durant la 1ère Guerre Mondiale, qui permettait de transporter les aliments pour nourrir quatre soldats. Il était entre autre utilisé pour le transport de la soupe. Le terme doit son nom à son inventeur, l'intendant Bouthéon. L’invention entre en dotation dans l'armée française à la suite de la loi du 4 août 1887. Retirée par la loi du 30 juin 1895, elle sera remplacée par un ustensile collectif qui en conserve le nom.

Boyau
Voie étroite de communication entre deux tranchées (boyau de communication).

Brancardier
Militaires chargés de la récupération et du transport des blessés ou des morts aux tranchées et sur le champ de bataille. Leur tâche était particulièrement périlleuse

Brandt
Obusier pneumatique français de calibre 60 mm pesant une vingtaine de kilos.

Brasero
Appareil de chauffage généralement utilisé à l'extérieur par les soldats pour se réchauffer.

Bricheton
Désigne le pain, la miche de pain, le pain blanc

Brigade
Unité militaire composée de plusieurs régiments.

Brigade internationale
Nom donné aux volontaires originaires de 54 pays qui se sont engagés en Espagne aux côtés des Républicains espagnols, d’octobre 1936 à l’automne 1938. Après la décision de non-intervention dans le conflit espagnol, l’URSS décide la création de ces Brigades. Sur les 30 à 35 000 volontaires engagés, près de 5 000 ont trouvé la mort dans de violents combats contre les nationalistes du général Franco.

Briscard
Vieux soldat de métier. ( "Ce sont les vieux briscards qui se rappellent la Marne et Verdun" )

Brisque
Chevron d'ancienneté d'un soldat rengagé.

Brosses à dents
Moustaches.

Brun (réseau)
Protection disposée en avant de la tranchée, le réseau Brun était constitué de fil de fer lisse, et de ce fait n'assurait qu'une protection limitée.

Bunker
Prison des camps de concentration, avec ses cachots et chambres de tortures.

BV
Berufsverbrecher. Catégorie nazie de classification dans les camps : Droit commun. Les BV portaient le triangle vert. Ils occupaient souvent, en raison de leur violence et de leur sadisme, des postes à responsabilité (Kapo).

Cabot
Argot militaire désignant le grade de caporal ou encore un chien

Cacolet
Siège double placé de chaque côté du bât d'un mulet et destiné dans ce cas au transport des blessés.

Cagna
Abri de tranchées généralement souterrain, offrant un refuge rudimentaire aux soldats.

Camarade
Expression signifiant, dans l'argot des combattants, se rendre volontairement, en se référant à l'expression prononcée par les soldats allemands lors d'une reddition "Kamerad".

Cambuse
Cantine, baraque, chambre, cabane, endroit où sont gardées les vivres

Camp d’extermination
Camps créés par les nazis pour tuer les déportés (en majorité des Juifs puisque les camps d’extermination ont été mis en place dans le cadre de la « solution finale », c’est-à-dire l’extermination systématique des Juifs d’Europe), le plus souvent dès leur arrivée. Quatre camps d’extermination furent créés par les nazis : Chelmno, Tréblinka, Belzec et Sobibor. Auxquels s’ajoutaient deux camps mixtes (concentration et extermination) : Auschwitz-Birkenau et Lublin-Majdanek.

Camps de concentration
Créés dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir, les camps de concentration nazis regroupaient des opposants politiques, des résistants, des détenus de droit commun, des Témoins de Jéhovah, des Juifs, des prisonniers russes des homosexuelss. Ces camps s’appelaient les « camps de la mort lente » car les déportés mouraient en travaillant. A partir de 1942, la main d’oeuvre concentrationnaire fut mis à la disposition de l’industrie de guerre allemande.

Catégorie
Dans les camps de concentration, les déportés sont catalogués suivant leur motif d’arrestation symbolisé par un triangle de couleur différente. Les déportés qui ont tenté de s’évader et qui ont été repris portent dans le dos une cible qui permet aux gardiens de les repérer plus facilement du haut de leur mirador.

CDL
Comité Départemental de Libération. Créés dans le courant du second semestre 1943 ou au début de l’année 1944, ces Comités sont calqués sur le modèle du Conseil national de la Résistance, reflétant les tendances politiques et syndicales dans chaque département. Leur passage dans la légalité ne se fait pas sans heurt ; ils doivent composer avec les nouvelles autorités mises en place par le Gouvernement Provisoire de la République Française. Ces Comités ne survivent pas aux élections municipales d’avril-mai 1945 et cantonales

CEF
Corps Expéditionnaire Français. A l’été 1943, le général Juin met sur pied le Corps expéditionnaire français en Italie, qui prend part à la campagne d’Italie aux côtés des armées anglaise et américaine. Ce corps composé de la 2e Division d’infanterie marocaine, de la 3e Division d’infanterie algérienne, de la 4e Division marocaine et de la 1ère Division française libre comprend 200 000 hommes. Ces troupes constituées de nombreux soldats originaires de l’Empire colonial français s’illustrent particulièrement au Mont-Cassin et à Sienne libérée le 3 juillet 1944.

Cellerier
Mortier artisanal français dont le corps, fixé sur un bloc de bois, était constitué d'un obus à balles allemand de 77. Il tirait un projectile modifié de 65 mm de montagne.

CFL
Corps francs de la Libération. L’AS et les maquis membres des MUR fusionnent en CFL en mai 1944, réorganisation annoncée sur le terrain par la dépendance structurelle de nombreuses unités de maquis par rapport à l’ AS locale. La fusion officielle sembla cependant relancer les efforts de ceux qui appelaient à une action plus directe des groupes de maquis avant le jour J.

CFLN
Comité Français de Libération Nationale. Héritier du Comité national français créé à Londres par le général de Gaulle, le CFLN est constitué à Alger le 3 juin 1943. Il est co-dirigé par les généraux Giraud et de Gaulle. À partir du printemps de 1944, de Gaulle le dirige seul.

CGE
Comité général d’études. Créé en avril 1942 par Jean Moulin, le CGE est chargé d’étudier les mesures à prendre à la Libération et de proposer des plans et projets de réformes politiques, économiques et administratives. Il dépend du Délégué général en France du Comité national français. L’un de ses membres les plus connus est le professeur François de Menthon, qui en 1945 est nommé Procureur général français au Tribunal militaire international de Nuremberg.

Citation
Pendant la Grande Guerre, la citation individuelle est une récompense matérialisée par un texte et donnant droit à la croix de guerre créée en 1915. Les citations s'organisent selon un ordre de valeur croissant : à l'ordre du régiment, de la brigade, de la division, du corps d'armée ou de l'armée.

Civelot
Un civil

Clarinette
Surnom donné au fusil Lebel.

CLL
Comité local de libération. Ces Comités sont nommés de la même manière que les Comités départementaux de Libération. Ils jouent le même rôle au niveau local. Ils ne survivent pas aux premières élections locales d’après-guerre en avril-mai 1945.

CNF
Doté d’un statut comparable à celui d’un gouvernement, le Comité cumule, du fait des circonstances, les pouvoirs exécutif et législatif. Il est composé de 8 commissaires nationaux ayant des attributions de ministre. Nommés par le général de Gaulle, chef de la France Libre, ils sont responsables devant lui. Le Comité français de libération national (CFLN) puis le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) prennent sa suite.

CNR
Conseil National de la Résistance. Le 27 mai 1943 se tient à Paris, la première réunion du CNR sous la présidence de Jean Moulin. Y assistent les représentants de 8 mouvements de résistance (3 de la zone nord et 5 de la zone sud), de 6 partis politiques et 2 des principales centrales syndicales ouvrières. Après l’arrestation de Moulin à Caluire en juin 1943, Georges Bidault, représentant du Parti démocrate populaire au sein du CNR lui succède comme président. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, détaille les actions à mener à la Libération et esquisse une charte politique pour l’après-guerre, véritable programme de réformes à entreprendre afin de refonder la République et la démocratie sur des bases économiques et sociales plus justes.  

Coastal Command
Commandement côtier de la RAF. Une des grandes subdivisions des forces aériennes britanniques, comprenant des escadrilles spécialisées dans la surveillance de la mer et l'attaque des navires ennemis dans les eaux entourant la Grande-Bretagne.

Coke (charbon)
ll s'agit d'un combustible obtenu par pyrolise de la houille dans un four à l'abri de l'air et est utilisé par les soldats sur le front. Des résidus de coke sont souvent retrouvés sur les emplacements des anciens camps à l'Hartmanswillerkopf.

Collaborateur
Personne qui coopère avec l’occupant nazi par conviction ou par opportunisme. Diminutif de collabo

Comando supremo
Commandement suprême italien.

Commissaire de la République
Les vingt premiers commissaires sont nommés par le CFLN le 3 octobre 1943 avant même la rédaction de l’ordonnance du 10 janvier 1944 portant création des commissaires régionaux. Celle-ci ne paraît qu’en juillet. À l’époque, les Alliés tentent d’imposer un gouvernement militaire des « territoires occupés ». Le premier mis en place est François Coulet en Normandie, installé aussitôt après le débarquement le 6 juin 1944. Ces commissaires dotés de pouvoirs plus importants que ceux d’un préfet sont supprimés en mars 1946.

Compagnie
WW1: Quatre sections (60 hommes chacune) forment une compagnie, unité de manoeuvre et unité administrative, commandée par un capitaine. La première section est en théorie dirigée par le lieutenant le plus ancien. La seconde l'est par un officier de réserve. La troisième par un adjudant. La quatrième par un second lieutenant ou un sous-lieutenant. Au combat, la compagnie engage parfois deux sections en première ligne et maintient les deux autres en arrière des deux autres. Petite par la taille, elle ne peut être longtemps engagée au combat, sans l'appui de réserve. La compagnie comprend donc environ 250 hommes soit 1 capitaine, 3 lieutenants, sous-lieutenant ou adjudant-chef, 1 adjudant, 1 sergent-major, 1 sergent-fourrier, 8 sergents, 1 caporal-fourrier, 16 caporaux, 222 soldats : 2 tambours, 2 clairons, 1 infirmier, 4 brancardiers, 1 tailleur, 1 cordonnier, 1 cycliste, 3 conducteurs, 32 grenadiers et 175 hommes. Notons que cette unité est équipée d'une voiture à munitions, d'une voiture à vivres et à bagages et d'une cuisine roulante. Elle forme, sous la direction du capitaine, assisté de sous-officiers comptables, une unité administrative autonome pour ce qui touche la solde, la nourriture (ordinaire) et l'habillement.   WW2: Groupe de 100 à 200 hommes répartis en sections

Compagnon de la libération
L’Ordre de la Libération a été créé le l6 novembre 1940 par le général de Gaulle. Ses titulaires portent le titre de Compagnon de la Libération. 1 036 personnes physiques, 18 unités militaires et 5 communes françaises ont reçu la Croix de Compagnon de la Libération. Le ruban de cette décoration, faite d’une Croix de Lorraine fixée sur un glaive, est noir, symbole du deuil de la France en 1940, et vert. Cette dernière couleur exprimant l’espérance dans la Patrie. Cette décoration a été remise à ceux et à celles (6 femmes) qui se sont signalés pour la libération de la France et de son Empire...

Container
Récipient cylindrique en métal parachuté par les avions alliés à l'intention des groupes d'actions, d'unités de parachutistes ou de réseaux de résistance et contenant des armes, munitions, explosifs, du ravitaillement

Corps d'armée
Unité militaire regroupant plusieurs divisions.

COSSAC
Chief of Staff Supreme Allied Command. Chef d'état-major du commandement suprême allié. Ce commandement a été établi à Londres au début de l'année 1943 en vue de préparer le débarquement en Europe de l'Ouest.

Crapouillot
Surnom donné aux mortiers de tranchée français et, par extension, à l’ensemble de leurs projectiles. Terme qui signifie à la base "petit crapaud". Ces armes, servies par des artilleurs de tranchée, furent beaucoup utilisées parce que leur tir courbe était adapté à la guerre des tranchées.

Croix de la Lorraine
Emblème choisi par l’amiral Muselier pour les Forces navales de la France Libre (FNFL), qui devient ensuite celui de toute la France Libre.

Croix fléchées
Nom donné aux membres du principal parti fasciste de Hongrie dont le chef Ferenc Szálasi prône une idéologie proche de celle des nazis. En 1939, ce parti envoie 31 députés au Parlement. Allié des nazis, Szálasi est placé à la tête du gouvernement hongrois par les Allemands en octobre 1944, après l’arrestation de l’amiral Horthy régent du royaume qui avait tenté de négocier avec les Soviétiques. En mars 1945, il se réfugie à Vienne en Autriche, puis en Allemagne. Szálasi et 3 de ses ministres sont pendus à Budapest en 1946.

CSM
Control of Special Means. Directions des moyens spéciaux. Equivalent américain de la LCS

Cuistance
Durant la Première Guerre mondiale, lieu situé en arrière les tranchées où l’on prépare le repas des soldats du front.

Cuistot
Argot militaire désignant le cuisinier d'une caserne ou d'un corps de troupes en campagne

Cure-dents
La baïonnette

CVF
Corps Volontaire Français. Il est créé le 7 novembre 1940 par le général de Gaulle. À cette date, il compte 26 Françaises. Depuis fin 1941, ce corps est dirigé par Hélène Terré, première femme capitaine de l’armée française. Elles sont 500 en 1943, fournissant des auxiliaires aux trois armes (FFL, FNFL et FAFL). En 1944, elles sont plus de 3 000. À Alger, ce corps donne naissance à l’Armée féminine dans l’armée de terre (AFAT). Les capitaines Dupont et Dumesnil sont affectées aux commandements des Volontaires féminines de mer et de l’air.  

DA
Division aéroportée.

DB
Division blindée.

Dest
Deutsche Erd und Steinwerke. Société d’exploitation de la terre et des pierres. Créé en 1938, cette entreprise SS utilisent des déportés dans les camps. Ils taillent des pierres et fabriquent des briques.

Diktat
Traité de paix dicté sous la contrainte. Nom donné par les nazis au Traité de Versailles.

Dragon
Troupe de cavalerie, à l'origine infanterie montée. Les escadrons de dragons, pendant la Grande Guerre, furent adjoints à des divisions d'infanterie et des escadrons à pied pour participer à la guerre des tranchées.

Duce
Guide. C’est le nom que s’est donné Benito Mussolini, qui en 1922 reçoit le pleins pouvoirs de la Chambre des députés italienne. Mussolini instaure à partir de 1925, une dictature fasciste qui ne prendra fin qu’avec la libération totale de l’Italie par les Alliés le 2 mai 1945. Le 27 avril 1945, Mussolini est exécuté par la résistance italienne.

Effektenkammer
Espace à l’intérieur des camps, magasin de l’habillement, où étaient stockés les vêtements, objets personnels, valeurs, etc., soustraits aux déportés dès leur arrivée.

Einsatzgruppen
Groupes d’intervention (appelés également, dans l’historiographie moderne, groupes mobiles de tuerie). Les premiers sont créés en 1938 pour l’annexion de l’Autriche. Ils sont réactivés pour l’invasion de la Pologne. Le 22 juin 1941, quatre Einsatzgruppen suivent l’armée allemande lors de l’offensive contre l’URSS. Ce sont de petites unités mobiles (au total 3 000 hommes réparties en quatre groupes, subdivisés en Eisatzkommandos) formées de membres de la SS et de la police allemande et chargés d’exécuter les « ennemis » des nazis, c’est-à-dire principalement les Juifs et les communistes. Le chiffre de leurs victimes est évalué à 1,5 million de personnes.

Emigrant
Catégorie nazie de classification dans les camps : Apatride, porteur du triangle bleu

Enigma
Machine à chiffrer utilisée par les forces allemandes

Epuration
Une commission d’épuration est instituée par le CFLN dans une ordonnance prise le 18 août 1943. Les juristes du Comité général d’Études, rattaché au CNR, rédigent les textes. À la Libération, des cours de justice et des chambres civiques sont mises en place dans chaque département. L’ordonnance du 26 août 1944 créée une mesure d’indignité nationale. 350 000 personnes sont jugées par ces commissions. 7 037 sont condamnées à mort et 791 exécutées. Parallèlement 8 000 à 9 000 personnes sont exécutées sommairement par la Résistance. Dans de nombreuses villes et villages, des femmes accusées de collaboration sont rasées et traînées nues dans les rues.

Erzatz
  Produit de remplacement, souvent de médiocre qualité et fabriqué industriellement (exemples : textiles synthétiques, caoutchouc artificiel, margarine… ).  

Escarmouche
Combat localisé et de courte durée entre éléments isolés ou détachements ennemis.

Escouade
WW1: Une escouade était une fraction d’une compagnie (d'une section plus précisément) sous les ordres d’un caporal ou une fraction d’un escadron, d'un peloton sous les ordres d’un brigadier. Il n'y a généralement qu'une dizaine d'hommes dans une escouade. Durant la 1ère guerre mondiale, dans l'armée française, une section d'infanterie comprend 2 à 3 escouades chacune commandée par un caporal.

Etoile jaune
En Allemagne, le port d’une étoile noire à six branches sur fond de tissu jaune est imposé aux Juifs de plus de 6 ans à partir du 19 septembre 1941. En France, le port de l’étoile est imposé aux Juifs de plus de 6 ans par une ordonnance du Militärbefehlshaber in Frankreich (administration militaire en France) du 29 mai 1942. Le port de l’étoile jaune s’étend progressivement à tous les pays occupés par l’Allemagne, à l’exception du Danemark où les nazis ne réussissent pas à l’imposer. Dans les camps de concentration, les Juifs déportés pour d’autres raisons que raciales portent un triangle jaune en plus du triangle indiquant leur motif de déportation.

Euthanasie
Opération T4. C’est par ce mot que l’on désigne le programme d’assassinat systématique (75 000 victimes) des handicapés physiques et mentaux sous le IIIe Reich. Ce programme, dénoncé en chaire par Monseigneur Von Galen, évêque de Munster, a été mis en place d’octobre 1939 à août 1941. Six centres d’euthanasie furent créés. Cinq en Allemagne (Grafeneck, Brandebourg sur la Havel, Sonnenstein, Bernburg, Hadamar et en Autriche Hartheim). Malgré l’arrêt officiel de l’opération T4, l’assassinat des handicapés se poursuivra jusqu’à la fin de la guerre.

FAFL
Force Aériennes Françaises Libres. Créées le 7 juillet 1940, elles sont d’abord commandées par l’amiral Muselier auquel succède le colonel Valin. Elles compteront jusqu’à 3 000 membres. Les groupes de chasse Normandie-Niemen et de bombardement Lorraine sont parmi les plus connus.

Falot
Lanterne portative de grande dimension utilisée par les soldats

Fasci di combattimento
Faisceaux de combat. Nom donné aux premiers membres du mouvement fasciste créé par Benito Mussolini le 23 mars 1919 à Milan en Italie. L’année suivante, les faisceaux regroupent 30 000 adhérents. Au lendemain des grèves insurrectionnelles de l’été 1920, apparaissent des squadres, escouades fascistes et armées qui s’opposent violemment aux organisations de gauche.

Feldgrau
Littéralement « gris-vert » qui désigne la couleur de la tenue de l'Armée de Terre allemande.

Feldwebel
Adjudant alleman

Feuillées
Latrines de campagne, généralement creusées dans la terre un peu à l’écart des tranchées principales.

FFI
Forces Françaises Intérieurs. Fusion officielle de toute la Résistance armée (AS, ORA et FTP) en une seule organisation militaire placée sous les ordres du général Koenig. Les FFI sont créés à la fin de 1943, mais les chefs régionaux et départementaux des FFI ne sont mis en place qu’au printemps de 1944. Dans certaines régions du Sud, la fusion pratique et stratégique des groupes francs, des maquis, et des forces de FTP n’est réalisée qu’en juillet, voire août. Néanmoins, les unités de la base conservent beaucoup de leur individualité dans la direction et l’approche tactique. Montgomery et Eisenhower ont déclaré que les FFI avaient pour les Alliés la valeur de dix à quinze divisions dans la libération de la France.

FFL
Forces Françaises Libres. Le général de Gaulle annonce à la presse, le 26 juin 1940,la création des FFL. D’abord nommée Légion française, elles prennent le nom de Forces françaises libres à la fin du mois d’août suivant. Les premiers ralliés sont peu nombreux et comptent peu d’officiers. Une deuxième vague de ralliement arrive au moment de la campagne de Syrie en 1941 ; la troisième en novembre 1942, après le débarquement en Afrique du Nord. Les FFL sont intégrées en 1943 dans l’armée de libération. À cette date, elles comptent 60 000 combattants, Forces navales et Forces aériennes comprises.

Fine blessure
Blessure qui permettait de retourner à l'arrière sans être pour autant réellement dangereuse ou handicapante. Elle offrait aux soldats un moment de répit lors des soins à l'hôpital, avant un éventuel retour au front.

FN
Front National. Mouvement de la Résistance fondé par le Parti Communiste Français en 1941, qui opérait dans les deux zones et était ouvert à tous les volontaires, communistes ou non. En 1944, plusieurs non-communistes étaient membres de ses comités directeurs. II s’agissait d’un mouvement à la fois militaire et politique avec pour forces militaires principales les Francs Tireurs Partisans (FTP), et qui reposait sur l’idée d’une action immédiate et directe, dont des attaques contre les personnels allemands. Ses liens organisationnels avec le Parti communiste continuèrent après la Libération.

FNFL
Forces Naval Française Libre. Dès le 1er juillet 1940, l’amiral Muselier, qui a rallié Londres le 29 juin, après avoir pris sous son autorité, à Gibraltar, des bâtiments français égarés ou décidés à rallier Londres, tente de bâtir une marine. Une école navale est créée à Portsmouth au sud de l’Angleterre et il envoie des élèves dans les écoles de la Royal Navy. À la fin de l’année 1940, une centaine d’officiers et 3 100 marins, venus de la marine nationale, de la marine marchande ou marins pêcheurs comme ceux de l’île de Sein, sont au combat. En mars 1942, l’amiral Auboyneau succède à l’amiral Muselier. En 1943, forte de 7 000 hommes, les FNFL sont actives en Afrique et au Levant et prennent part aux débarquements successifs en Méditerranée. Parmi elles, le commando de fusiliers marins du commandant Kieffer, débarque en Normandie le 6 juin 1944.

Fourrier
L'emploi de fourrier est rempli par un sergent ou un caporal. Aux ordres d'un sergent-major, ce sous-officier est chargé de l'intendance au sein de sa compagnie. Il est notamment chargé de pourvoir au logement des  soldats quand ils passent dans une ville, et de répartir entre les escouades les vivres et les effets d'équipement.

France Combattante
A partir de juillet 1942, la France Libre prend le nom de France combattante. L’expression France combattante apparaît pour la première fois dans un discours du général de Gaulle le 14 juillet 1942. À partir du 1er août 1942, le Journal Officiel de la France Libre devient Journal Officiel de la France Combattante.

France libre
La France Libre est née le 18 juin 1940. Ce jour-là le général de Gaulle prononce un appel à la BBC. Il refuse l’Armistice demandé par le maréchal Pétain à l’Allemagne. Le 22 juin, en réponse à la signature de l’Armistice, le Général invite ceux qui veulent rester libres à le rejoindre et conclut son discours par ces mots : « Vive la France Libre dans l’honneur et dans l’indépendance ».

Francisque
Décoration créée par le maréchal Pétain en octobre 1941. Elle récompense ceux qui ont manifesté depuis la guerre un attachement actif à l’œuvre et à la personne du maréchal. Quand ils reçoivent leur décoration, ils doivent prêter serment au Maréchal. Cet ordre a été supprimé en 1945. Une liste de 2 626 titulaires a été établie à la Libération par la Haute Cour de justice.

Franquiste
Nom donné aux partisans du général Franco. Après la victoire des Républicains espagnols aux élections législatives en février 1936, des militaires espagnols, avec à leur tête le général Franco, se soulèvent dans une garnison au Maroc. Ces insurgés, que rallient d’autres militaires en Espagne, plongent le pays dans une guerre civile sanglante. En janvier 1939, la prise de Barcelone par les Franquistes scelle la défaite des Républicains et entraîne leur fuite hors d’Espagne. Le 22 mai 1939, les troupes franquistes victorieuses défilent dans Madrid. Le général Franco instaure une dictature qui dure jusqu’à sa mort en 1975.

Frente popular
Nom donné à la coalition de gauche et d’extrême gauche qui remporte les élections législatives espagnoles en février 1936. Ce sont les Républicains. Après le déclenchement de la guerre civile, ils créent des milices gouvernementales pour combattre les insurgés franquistes. On donne parfois à ces volontaires républicains espagnols le nom de miliciens.

Front patriotique
  Parti du chancelier autrichien Schuschnigg destitué après l’Anschluss en mars 1938.  

FTP(F)
Francs-Tireurs et Partisans (français). Créés en 1942, les FTP regroupent des organisations paramilitaires (Organisations Spéciales, Jeunesses communistes, Main d’œuvre immigrée – MOI) et sont placés sous le commandement de Charles Tillon. Très structurés, les FTP sont partisans de la guérilla urbaine et de l’action immédiate. Ils organisent sabotages et attentats contre l’occupant. En 1944, l’ORA, l’AS et les FTP forment les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) dont le commandant en chef est le général Koenig. Les FTP occupent une place importante dans les combats de la libération dans les régions où ils sont bien implantés

FUJP
Front Uni des Jeunesses Patriotiques ou Forces Unies de la Jeunesse Patriotique. Établie à l’automne de 1943 afin de mobiliser les jeunes pour le soutien des groupes de maquis et des FTP, l’organisation est née d’une initiative des MUR, mais acquiert dans la plupart des régions son propre caractère indépendant et spontané. Beaucoup de ses membres sont de très jeunes gens, qui rejoignent par la suite le maquis ou composent les milices patriotiques à la Libération. Des tracts encourageant à la résistance au STO sont distribués par des groupes du FUJP dans la plupart des villes du Sud. Ils organisent des raids pour s’emparer des dossiers du STO.

Führer
Chef, meneur, guide. Dans la terminologie nazie, le terme est chargé d’une signification quasi mystique. Employé seul, il désigne Hitler lui-même.

Fünf und zwanzig
Vingt-cinq… coups sur les reins. Il suffisait d’énoncer le chiffre pour comprendre de quoi il s’agissait (la bastonnade, punition réglementaire dans les camps de concentration).

Gabion
Panier sans fond, fait de branchages entrelacés sur des piquets fichés dans le sol et remplis de terre afin d'offrir une protection pour l'exécution des terrassements.

Gauleiter
Responsable politique et administratif d’une région dans l’organisation de l’Allemagne nazie.

Génocide
(du grec génos « race » et du suffixe cide « tuer ») Assassinat en masse d’un peuple pour tenter de l’anéantir. Ce terme désigne la « solution finale » qui visa à l’extermination de tous les Juifs d’Europe.

Gestapo
(Geheime Staats polizei: police secrète d’État) Police politique nazie organisée dans les années 1930, sous l’autorité de Himmler et de Heydrich et également active dans l’Europe occupée. La gestapo traquait notamment les Juifs et les résistants. Cette police ne dépendait pas de l’État mais du Parti nazi.

Ghetto
A l’origine nom d’un quartier de Venise où les Juifs de la ville étaient obligés de résider, et où ils étaient enfermés la nuit. Au XIX et XXèmes siècles nom du quartier Juif dans les villes de l’Europe de l’Est.Pendant la Seconde Guerre mondiale, quartiers dans lesquels les nazis enfermaient les Juifs dans des conditions de promiscuité, de sous-alimentation et d’hygiène épouvantables, en attendant de les déporter vers les camps de concentration ou d’extermination.

Grande Alliance
C’est le nom donné à l’alliance de tous les pays en guerre contre l’Axe (Royaume-Uni, URSS, États-Unis,…).

Haftling
Détenu, déporté.

Heer
Armée de terre allemande

Hilterjugend
La jeunesse hitlérienne est créée en 1926. En 1933, Baldur von Schirach, Führer de la jeunesse depuis 1931, réorganise LA HJ. En décembre 1936, un décret met hors la loi toutes les organisations de jeunesse non-nazies et oblige les jeunes allemands à s’y inscrire. Fin 1938, ils sont 7 700 000. 4 000 000 de jeunes allemands s’y sont dérobés. Par une loi de mars 1939, tous les jeunes allemands de dix à dix-huit sont tenus de s’y inscrire. On leur inculque les principes de l’idéologie nazie. Chaque jour, les jeunes doivent participer à des exercices physiques paramilitaires et faire le salut nazi, comme les adultes. À dix-huit ans les jeunes garçons passent dans le Service du Travail du Reich (Reichsarbeitsdienst).

Holocauste
Terme emprunté à la Bible pour désigner « un sacrifice sanglant exécuté dans un but religieux ». Il désigne en Israël, à la fin des années 1950, la destruction des Juifs d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale.

Home Guard
Le 14 mai 1940, Anthony Eden, ministre de la Guerre dans le gouvernement Churchill, nommé le 10 mai 1940, lance un appel à des Volontaires de la Défense locale (Local Defence Volunteers). Sous la suggestion de Churchill, ils prennent en août 1940 le nom de Home Guard (Garde de l’Intérieur). Alors que le gouvernement escomptait 150 000 volontaires, à la fin du mois de juin, ils sont plus de 1 000 000. Leur nombre oscillera autour du million jusqu’à leur dissolution en décembre 1945. Ils doivent se tenir prêts en cas d’invasion du territoire national par les troupes de l’Axe. Pendant le Blitz, la Home Guard participe, comme la Défense civile, à l’encadrement des populations.

HSSPf
Höherer S.S. und Polizeïführer : Chef Supérieur SS et de la Police ou commandant suprême des SS et de la police. Il était le haut responsable de la SS et le chef des forces de police dans le ressort d’une région militaire Wehrkreis en Allemagne nazie et dans les territoires occupés sous le Troisième Reich (1937 – 1945). Dans les territoires occupés, il avait autorité sur des postes de commandements territoriaux inférieurs, tels que ceux de SS- und Polizeiführer (SSPf) (« chef de la police et des SS ») En 1937, le Reichsführer Heinrich Himmler décida de confier la direction de chacun des dix-sept districts de la SS en Allemagne à un haut responsable de la SS, qui combinait par ailleurs celle-ci avec la fonction de chef de la police (Höherer der SS und Polizeiführer ou HSSPf) pour une circonscription qui correspondait aux régions militaires allemandes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, un HSSPf fut nommé dans chaque pays occupé (comme la France) ou annexé comme le Protectorat de Bohême-Moravie. Si le pays était subdivisé en districts (comme le Gouvernement Général de Pologne), dans chacun de ceux-ci. En France, à partir de juin 1942, le HSSPf était le SS-Brigadeführer Karl Oberg. Dans le cadre de ses fonctions particulières, il exerçait un droit de surveillance sur la police française et pouvait même décider de son emploi en zone occupée.

IKL
Inspektion der Konzentrationslager. Inspection des camps de concentration. Organisme S.S. placé sous la direction de Glücks qui assuma la gestion et la direction des K.L. En 1942, l’I.K.L. devint le groupe d’offices D (Amtsgruppe D) du W.V.H.A. Son siège fut implanté à Oranienburg.

Inteligence Service
Service secret britannique. De nombreux résistants français, plus ou moins anti-gaullistes, traitèrent directement avec ce service en lui envoyant des renseignements sur les bases militaires allemandes en France. Ce fut le cas du réseau Alliance créé en 1940 par Loustaunau-Lacau, dirigé après son arrestation par le commandant Faye puis par Marie-Madeleine Fourcade. Dans d’autres pays européens placés sous le joug nazi, des résistants firent de même.

Jude-Pol
Politisch Jude. Catégorie nazie de classification dans les camps : Juif-Politique.

Kamikaze
(en Japonais Vent Divin) Aviateurs japonais volontaires pour s’écraser, à partir d’octobre 1944, avec leur avion chargé d’explosifs, sur les navires américains.

Kanninchen
Lapin domestique, pris dans le sens de cobaye. Désignait, à Ravensbrück notamment, les déportées sur lesquelles les S.S. pratiquaient des expériences.

KaPO
Déporté responsable d’un kommando de travail ou qui dirige un service, par exemple : le Kapo du Baukommando, le Kapo de l’Effektenkammer. Choisis le plus souvent parmi les déportés de droit commun (verts) ils étaient, à de rares exceptions près, des auxiliaires zélés des S.S. se livrant aux pires sévices et brutalités. L’origine du mot kapo provient de la contraction des mots « KAmaraden POlitzei ».

KGF
Kriegsgefangene. Catégorie nazie de classification dans les camps : Prisonnier de guerre.

KL ou KZ
L’une et l’autre de ces abréviations viennent du mot « Konzentrationslager » (camp de concentration). K.Z. est le sigle familier ; KL, suivi du nom du camp ou des deux premières lettres de ce dernier, est le sigle officiel.

Kommando
Désigne une équipe de travail ou un service du camp

Kommando extérieur
Un camp annexe dépendant d’un grand camp se subdivisant lui aussi en divers Kommando de travail.

Lageraltester
Doyen du camp. Déporté ayant la responsabilité de la gestion interne du camp. Il est placé sous l’autorité directe du Lagerführer.

Lagerführer
Officier subalterne ou sous-officier S.S. exerçant la fonction de chef de camp. Dans les kommandos extérieurs, il est le gradé le plus élevé ; dans les grands camps c’est une sorte d’adjudant de quartier. Ne pas confondre avec le Lagerkommandant qui est son supérieur.

Lagerkommandant
Pour les grands camps dont dépendent de nombreux kommandos : c’est un officier SS. Il commande l’ensemble, tel un colonel son régiment. Le grade varie selon l’importance du camp. Si Hoess à Auschwitz est colonel (Obersturmbannführer), à Natzweiler, Birkenau puis Bergen-Belsen, Kramer est capitaine (Hauptsturmführer).

Lagerpolizei – lagerschutz
Police du camp ou garde du camp, désigne aussi les déportés affectés à cette police ou à cette garde.

Lagerstrasse
Rue centrale d’un camp.

Lauskontrolle
Contrôle des poux.

Lebel
Fusil équipant les armées françaises. D'un calibre de 8 mm, il a été conçu en 1886 et modifié en 1893. Il est à la fois robuste et précis mais souffre de la lenteur de chargement de son magasin. La longueur du fusil Lebel (1,80m) le rend d'usage très peu pratique dans les tranchées souvent étroites de la guerre de position.

Lebensraum
L’Espace vital. Ce terme désigne, d’après l’idéologie nazie, les territoires nécessaires à l’établissement du peuple Allemand. Ces territoires doivent en majorité être conquis sur les populations slaves de l’Est.

Légion Condor
La Légion Condor (Allemagne) est envoyée en Espagne, de 1936 à 1939, pour soutenir les Franquistes contre les Républicains . Elle est majoritairement une unité aérienne mais compte également des troupes au sol. La marine allemande est également engagée dans les combats. Le 26 avril 1937, les avions allemands bombardent la ville de Guernica qui devient le symbole du martyre de l’Espagne. Ses 1 800 morts sont immortalisés par le tableau éponyme de Pablo Picasso. La guerre d’Espagne sera un formidable terrain d’essai pour la Luftwaffe avant l’attaque de la Pologne et la campagne de France.

Légion SS wallonie
Créée en 1941 par le Belge Léon Degrelle, chantre en pays wallon de la collaboration avec l’Allemagne. Il assure lui-même le commandement de sa légion et part se battre sur le front de l’Est. Il en revient décoré de la Croix de Fer. Après la guerre, il se réfugie en Espagne sans renoncer à l’idéologie nazie.

Ligne de démarcation
Imposée par les nazis lors de la signature de l’Armistice le 22 juin 1940, elle sépare la France en deux. Au Nord, la zone occupée par les troupes allemandes ; au Sud, la zone non occupée dite libre, administrée par le gouvernement de Vichy et amputée de toute sa façade atlantique, qui constitue la zone interdite. Le 11 novembre 1942, l’ensemble du territoire français est occupé par les troupes allemandes.

Ligne Maginot
Fortifications françaises construites de 1927 à 1936 sur la frontière Nord-est de la France, de la frontière Suisse au Luxembourg. Elle fut pensée par André Maginot, ministre de la guerre, et avait pour but d’empêcher toute invasion allemande. Cette ligne illustre parfaitement la stratégie de défense de la France dans les années trente.

Limoger
Envoyer un officier supérieur, jugé inefficace et incompétent, dans un commandement subalterne. Ayant estimé que de trop nombreux généraux et hauts gradés, brillants en temps de paix, étaient incapables au front, Joffre décide le 27 août 1914 que ces officiers faillibles doivent se retirer dans une localité de la 12ème région qui, alors, englobe, loin du front, les départements de la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne, et dans laquelle se trouve Limoges, entre autres. Entre 150 et 200 officiers auraient été concernés par cette mesure mais tous n'auraient pas séjourné dans la ville à l'origine du néologisme.

Loi prêt-bail
Loi américaine votée en mars 1941 (Lend-lease Act), qui autorise le président Roosevelt à vendre, à prêter ou à céder du matériel de guerre ou toute autre marchandise à tout pays dont la défense est jugée vitale pour la sécurité des États-Unis. On compta parmi les bénéficiaires de cette loi le Royaume-Uni, L’URSS, la Chine, les Pays-Bas, la Belgique et la France Libre. Cette loi prit fin le 21 août 1945.

Lois de Nuremberg
lois promulguées en 1935 qui définissaient les juifs comme non-Aryens, leur retiraient la citoyenneté allemande et limitaient leur liberté.

Luftwaffe
Armée de l’air. Terme désignant les forces aériennes Allemandes.

LVF
Légion des Volontaire Français contre le Bolchevisme. La LVF est créé le 8 juillet 1941, après l’attaque de l’URSS par l’Allemagne. Ses volontaires se battent sous uniforme allemand avec, comme seul signe distinctif, un écusson tricolore sur la manche droite. Soutenue par les nazis, la LVF est interdite en zone Sud. Elle se bat sur le front de l’Est. De 1941 à 1944, elle enregistre 5 800 engagements. En juillet 1944, la LVF est dissoute sur ordre d’Himmler. Les 1 200 rescapés seront intégrés dans la Waffen SS pour former la division SS française Charlemagne.

MAC
Manufacture d’Armes de Châtellerault

Maquis
La plupart des maquis sont situés dans des zones forestières et montagneuses difficilement accessibles. C’est ce qui explique qu’il y en a eu plus dans le sud de la France que dans le nord. Rassemblements d’hommes vivants dans l’illégalité, ils servent d’abord et surtout à l’hébergement des réfractaires du STO et aux déserteurs des Chantiers de jeunesse.µ Agrégés par la suite, à l’AS, à l’ORA et aux FTP, ces mouvements s’intensifient au printemps 1943. Au printemps 1944, les maquis des Glières (Savoie), du Vercors (Dauphiné) et du Mont Mouchet (Auvergne), qui rassemblement des milliers d’hommes, sont armés par des parachutages alliés. Ils doivent participer à la libération de la France en empêchant notamment les troupes allemandes de rallier les territoires libérés par les Alliés comme la Normandie.

Marche de la mort
Nom donné par les déportés à l’évacuation des camps par les nazis. Devant la progression des troupes alliées à l’Est et à l’Ouest à partir de l’été 1944, les SS décident d’évacuer les camps de concentration situés près des fronts. À pied, en camion ou en train, tous les déportés sont entraînés dans des voyages interminables sans nourriture, dans le froid et la neige. Les plus faibles sont abattus par les gardes SS.

Marraine
Femme assumant la charge morale d'un soldat sans famille ou originaire des provinces envahies.

MAS
Manufacture d’Armes de Saint-Étienne

MAT
Manufacture d’Armes de Tull

Mélinite
Explosif brisant à base d'acide picrique, mis au point en 1885 par le chimiste Eugène Turpin. Elle est de couleur jaune paille, d'où son nom ("méli", miel en grec). Son pouvoir de destruction a conduit à la remise en cause des forts dits Séré de Rivière souvent déclassés pour cette raison en 1914.

Milice
Organisation paramilitaire fondée par Joseph Darnand en 1943. La milice pourchasse et combat les résistants, les Juifs et les réfractaires au STO, en collaboration avec les troupes Allemandes. Sa courte existence est marquée par de nombreuses atrocités commises contre les résistants et la population française.

Militarbefehkshaber
Administration militaire allemande. Dans tous les territoires occupés par les Allemands, est installée une administration militaire. Le Militärbefehlshaber in Frankreich est installé à Paris à l’Hôtel Majestic. Jusqu’à l’été 1942, il a aussi autorité sur les opérations de police et mène une politique de répression. Quand les auteurs d’attentats ne sont pas pris, le MBF fait exécuter des otages pris généralement dans les prisons ou les camps d’internement. À partir du 1er

Mine
Charge d'explosifs que l'on amenait sous la tranchée ennemie afin de la faire exploser. Les mines étaient placées dans des galeries souterraines creusées à cette fin par des troupes spécialisées, les sapeurs. Par extension, on désigne comme la "mine", l'ensemble du cheminement souterrain creusé par l'assaillant jusque sous la position adverse pour y aménager une chambre de mine. Ce type de guerre était très craint des combattants, comme de ceux chargés de placer les mines.

Minen ou Minenwerfer
Nom des pièces d'artillerie de tranchée allemande, et, par extension, désignation des projectiles qu'elles envoient.

Miska
Gamelle. Terme russe employé dans la plupart des camps par les déportés de toutes nationalités. En allemand : Schüssel.

MOI
Main-d’oeuvre Immigrée. Organisation d’avant-guerre établie par le PCF pour défendre les droits des travailleurs immigrés en France. Elle subsiste comme force au sein des camps de travail installés par Vichy et dans les chantiers ruraux qui emploient de très nombreux travailleurs du Travail Étranger (TE). En collaboration avec les chefs locaux de la Résistance, elle crée des maquis et des unités de FTP quand ses travailleurs sont menacés d’arrestation ou de déportation.

Mont-Valérien
Située sur la commune de Suresnes en région parisienne, la forteresse du Mont-Valérien est utilisée de 1940 à 1944 par les nazis pour y exécuter Résistants et Français libres parachutés sur le sol français. Dès octobre 1945, le GPRF songe à y élever à un monument aux morts pour la France de la guerre de 1939-1945. Le 6 novembre 1945, le général de Gaulle signe un décret ouvrant une souscription nationale. Dans la nuit du 11 novembre, 15 corps de militaires, de résistants et de Français libres représentatifs des morts pour la France de 1939 à 1945 y sont amenés et déposés dans une casemate faisant office de caveau provisoire. Le général se rendra chaque 18 juin au Mont-Valérien, mais les travaux du Mémorial ne débuteront qu’après son retour aux affaires en mai 1958. Dans la nuit du 17 au 18 juin 1960, au cours d’une cérémonie, les 16 corps furent placés devant chacun des hauts-reliefs masqués d’un voile. Ils furent ensuite inhumés dans la crypte dont la porte se trouve au centre du mur. Depuis lors, la cérémonie du 18 juin, organisée par l’Ordre de la Libération se déroule devant ce « Mémorial de la France Combattante ». Le Mont Valérien est l’un des sept hauts lieux de la mémoire nationale.

Monter
Pour les combattants français, le verbe monter devient durant la guerre synonyme "d'aller aux tranchées", en raison notamment de l'organisation du "système-tranchées" qui fait alterner dans le temps des séjours dans les espaces (arrière, arrière-front, front-arrière, zone de feu) plus ou moins dangereux. On "monte" vers le feu et les tranchées de 1ères lignes. A l'inverse, on "descend"  pour aller au repos ou à l'arrière des lignes

Mouvement de Résistance
Les premiers mouvements de Résistance sont crées dès 1940, par des hommes et des femmes, de tous horizons politiques et sociaux décidés à s’opposer à l’occupant nazi. Ils rédigent, éditent et diffusent des journaux et des tracts afin d’insuffler l’esprit de résistance et organisent des manifestations patriotiques.

MUR
Mouvements Unis de la Résistance. L’organisation unifiée de la Résistance composée de trois mouvements de la zone sud, Combat, Libération (Sud) et Franc-Tireur. Les MUR datent de janvier 1943 et sont l’un des produits des missions unificatrices de Jean Moulin en France comme envoyé du général de Gaulle.

Mutzen
Nom donné au couvre-chef que portaient les déportés.

Mutzen-Ab
Enlevez couvre-chef. À chaque fois qu’ils passaient devant des SS, les déportés devaient ôter leur couvre-chef. Mützen auf pour l’inverse

Nachkell – nachschlag
Supplément de soupe, rabiot.

Nachtschicht
Ceux qui travaillent dans les équipes de nuit.

NN
Nacht und nebel. Nuit et Brouillard. Les décrets Nacht und Nebel signés du maréchal Keitel les 7 et 12 décembre 1941 permettent notamment d’interner les auteurs d’attentats à la vie, d’espionnage, de sabotage, de menées communistes, d’aides portées aux membres des forces armées ennemies, de détention illégales d’armes. Ces décrets stipulent que « ces actes ne seront à juger dans les territoires occupés que s’il est probable que des peines de mort soient prononcées contre leurs auteurs principaux ». « Les audiences des tribunaux en Allemagne doivent se dérouler à huit clos et dans le secret le plus absolu ». Ces décrets ne concernent que les résistants de l’Ouest : Belges, Danois, Néerlandais, Norvégiens et Français. La plupart des NN ont été arrêtés sur ordre de la Gestapo, les autres sur celui de la Wehrmacht. D’abord enfermés dans des prisons ou des camps spéciaux comme celui d’Hinzert, les NN sont pour la plupart regroupés au camp de Natzweiler-Struthof à partir de novembre 1943.

No Man's Land
Littéralement : " la terre de personne ". Ce terme désigne l'étendue de terrain ravagée et inhabitée située entre les deux lignes de tranchées adverses. Son premier emploi attesté se trouve dans une dépêche d'Ernest Swinton, militaire et correspondant de guerre anglais, le 21 décembre 1914. Clair et évocateur, le terme est largement repris par la suite, y compris par les combattants francophones.

NOP
Noyautage des Administrations Publiques. Branche de Combat en 1942 qui vise à infiltrer et déstabiliser les secteurs publics administratifs, elle se développe au sein des MUR et devient une source puissante d’activité de la Résistance, en particulier dans les services postaux et téléphoniques et les chemins de fer.

NSDAP
National Sozialistiche Deutschland Arbeit Partei. (Parti National-Socialiste Allemand du Travail) Sigle du parti nazi.

Obusite
Qualifie les affections psychologiques faisant suite à l’expérience du bombardement. Equivalent anglais : "shell shock".

ORA
Organisation de Résistance de l’Armée. Enfreignant la convention d’Armistice, la petite armée que l’Allemagne nazie a laissé à la France a stocké des armes. Après l’invasion de la zone Sud en novembre 1942, l’armée d’Armistice est dissoute et la plupart des armes saisies par les nazis. Les généraux qui s’étaient occupés de cacher des armes décident alors de créer un mouvement clandestin. Le général Frère est nommé à sa tête. Ce mouvement prend le nom d’Organisation de résistance armée (ORA). Au début 1944, après l’arrestation et la déportation du général Frère (mort à Natzweiler), le général Verneau (mort à Buchewald) prend sa succession. Il sera lui-même remplacé par le général Revers après sa propre arrestation. Le rôle de l’ORA dans les combats de la Libération de la France est variable d’une région à l’autre. En 1944, l’ORA, l’AS et les FTP forment les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) dont le commandant en chef est le général Koenig.

Ordre du jour
Moyen dont dispose la hiérarchie militaire pour s'adresser à la troupe et aux subordonnés. Il est daté, porte un numéro et se caractérise par sa brièveté et son intention de frapper l'imagination et ceux qui vont le lire et l'entendre, car un ordre du jour se lit plusieurs fois aux rassemblements des hommes. Il vise à les encourager ou à les mettre en garde contre les comportements attentatoires à la discipline.

Organiser – organisieren
L’expression la plus populaire du jargon concentrationnaire, qui peut se traduire par : pratiquer le système D. En fait, signifie chaparder, voler.

OSS
Office of Strategic Services. Services secrets américains qui envoient des agents en France, mais très inférieurs en nombre à ceux du SOE. Beaucoup arrivèrent après le jour J dans les missions Jedburgh composées d’équipes en uniforme de Britanniques, de Français et d’Américains formés aux tactiques de guérilla qui apportèrent armement et commandement à la Résistance française locale, en particulier dans l’ouest de la zone sud.

Ostmark
Nom donné à l’Autriche dans les documents allemands après son rattachement forcé (Anschluss) à l’Allemagne en mars 1938

OT
Organisation Todt. En février 1933, l’ingénieur Fritz Todt est nommé par Hitler à la tête d’une organisation chargée des constructions du Reich. Cette organisation va porter son nom. Sa première réalisation est la construction d’un réseau d’autoroute en Allemagne. L’OT va ensuite construire la ligne Siegfried, ligne de défense du Reich à l’ouest. En France, sa réalisation la plus connue est le Mur de l’Atlantique. Cette organisation a enrôlé en France des milliers de travailleurs français et étrangers. Elle contraria souvent les desseins de Sauckel toujours à la recherche de main d’œuvre à envoyer en Allemagne dans le cadre du STO.

Otages
Dans toute l’Europe, les autorités d’occupation nazie, militaire ou policière, mènent une politique de répression qui consiste à fusiller ou déporter des innocents et, ou des résistants internés, pour intimider les populations après des attentats contre l’armée allemande. En France, une ordonnance allemande du 21 août 1941 décrète que tous les Français mis en état d’arrestation sont considérés comme otages.

Oustachis
Dans toute l’Europe, les autorités d’occupation nazie, militaire ou policière, mènent une politique de répression qui consiste à fusiller ou déporter des innocents et, ou des résistants internés, pour intimider les populations après des attentats contre l’armée allemande. En France, une ordonnance allemande du 21 août 1941 décrète que tous les Français mis en état d’arrestation sont considérés comme otages.

Pacte germano-soviétique
Pacte de non-agression, signé le 23 août 1939 entre Hitler et Staline. Des clauses secrètes de ce pacte prévoyaient le partage de la Pologne et de l’Europe Orientale entre l’Allemagne et l’URSS

Pain K.K.
Pain de rationnement allemand à base de son et de pommes de terre (Kleie und Kartoffeln) qui a donné lieu en France à de multiples allusions scatologiques, dans la logique de la dévalorisation de l'ennemi.

Panzer
(mot allemand: cuirasse) Terme désignant les blindés allemands.

Parados
Protection par un monticule de terre en arrière de la tranchée.

Parallèle de départ
Espace aménagé parallèlement à la tranchée de 1ère ligne, permettant de concentrer les combattants d'une vague d'assaut en vue d'une offensive.

Parapet
Rebord de la tranchée qui fait face à la tranchée adverse. Il constitue à la fois une protection (renforcée par des barbelés et des sacs de sable) et un obstacle à escalader lors des attaques ou des départs pour patrouilles ou coups de main. Une des règles primordiales de la guerre des tranchées consiste à ne rien exposer à l'adversaire au-dessus du parapet.

Pare-éclats
Elément de protection placé de manière transversale dans une tranchée ou un boyau afin de limiter les effets de l'explosion d'un obus en arrêtant ses éclats.

Percée
Ce terme désigne la rupture du front adverse que l'on attend d'une offensive.

Percutant
Type d'obus qui éclate lors du contact avec le sol.

Pétard raquette
Grenade artisanale française constituée de cartouches explosives qui sont placées de chaque côté d'une planchette en bois et maintenues à l’aide de tiges d’aciers placées côte à côte ainsi que d’un solenoïde en fil d’acier très serré. Ce type d’engin sert à la fois à lutter contre le personnel et à détruire les réseaux de barbelés.

Procès de Nuremberg
procès organisé par les Alliés victorieux en 1945, afin de juger les responsables de l'Allemagne nazie pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Queues de cochon
Piquets de fer qui se vissent dans le sol. Ils sont destinés à supporter les réseaux de fils de fer. Cette méthode d'installation avait pour avantage de faire moins de bruit et a été privilégié au système du début de la guerre où il fallait enfoncer les piquets en tapant.

RAF
Royal Air Force, force aérienne britannique.

Rafle du Vel’ d’Hiv’
Les 16 et 17 juillet 1942, à la demande des autorités d’occupation, 12 352 Juifs sont arrêtés par 4 500 policiers Parisiens. Enfants, hommes et femmes de tous âges sont d’abord regroupés au Vélodrome d’Hiver, dans le XVème arrondissement de Paris, puis détenus dans les camps de Drancy, Pithiviers et Beaune-La-Rolande, avant d’être déportés et gazés à Auschwitz.

Rameau
Galerie étroite qui mène à la chambre de mine. En cas de nécessité - neutraliser en urgence une mine ennemie par un camouflet par exemple - le rameau pouvait être lui-même chargé d'explosif avant même le creusement de la chambre.

Relève
La relève est le remplacement d'une unité par une autre dans les tranchées. Cette opération dangereuse car bruyante, conduisant au regroupement d'un grand nombre de combattants, se faisait généralement de nuit. Sa périodicité n'est pas fixée strictement, mais une unité en première ligne est généralement relevée au bout de quatre à sept jours. La relève s'effectue par les boyaux.

Réseau
Organisation clandestine de la Résistance se livrant à des activités de sabotage, de contre-propagande et de renseignement. La sécurité du réseau était assurée par le secret et le cloisonnement.

SA
« Sections d'Assaut » ou « chemises brunes ». Cette terrifiante armée privée, de 400 000 membres, donna à Hitler le pouvoir dans la rue, avant d'être chancelier, en 1933

Sammy
Terme désignant le soldat américain.

Sape
Dans le vocabulaire de la guerre de siège, la sape est une tranchée profonde (parfois couverte, mais jamais souterraine) permettant la circulation à l'abri des vues. Dans la guerre des tranchées, ce sens correspond généralement à celui des boyaux et le terme de sape est souvent improprement employé pour désigner une galerie souterraine pour fourneaux de mine ou un abri souterrain.

SHAEF
(en anglais : Supreme Headquarters Allied Expeditionnary Forces) Commandement Suprême des Forces Expéditionnaires Alliées.

Shell-Shock
Littéralement le "choc de l'obus" : nom donné par les Anglo-Saxons aux affections psychologiques consécutives à l'expérience du bombardement, constatées chez certains soldats.

Shoah
terme signifiant catastrophe en hébreu. Le mot shoah est utilisé par les juifs eux-mêmes pour décrire le massacre dont ils furent l'objet sous le régime nazi.

Shrapnel
Arme antipersonnel, obus rempli de projectiles, du nom de l'inventeur du minuteur qui provoque l'explosion, le général anglais Henry Shrapnel. L'orthographe du terme est variable dans les témoignages. L'obus libère 200 à 300 balles de plomb capables de percer un crâne non casqué. Par extension, on appelait aussi shrapnells les éclats d'obus.

SS
(abréviation de l’allemand Schutz Staffel: section de protection) Les SS sont sélectionnés avec grand soin sur des critères politiques(des nazis fanatiques), mais aussi raciaux(des aryens purs), et forment à partir de 1922 une police militarisée du Parti nazi, sous les ordres d’Himmler, et est chargée de la protection du Führer. Par la suite ils se divisent en SS Tête de mort, chargés de la garde des camps de concentration, et Waffen SS (section de protection armée), unités de combattants d’élite. Leurs effectifs atteignirent 500 000 hommes durant la guerre avec l’organisation de divisions au sein desquelles se retrouvent des volontaires ou des engagés de force en provenance de l’Europe entière.

Svastika
croix gammée, le symbole du parti nazi. Cette croix est l'emblème de l'idéologie antisémite. Elle vient peut-être d'un symbole mystique hindou.

Taube
(mot allemand qui signifie pigeon) 1) Avion allemand monoplan dont la forme générale rappelle celle d'un oiseau en plein vol. 2) Surnom donné à certains projectiles de mortiers de tranchées allemands (granatenwerfer) fréquemment utilisés durant la Grande Guerre.

Tommy
Terme désignant le soldat anglais.

U.S.A.A.F
(en anglais : US Army Air Force ou Force Aérienne de l’Armée des États-Unis) Terme désignant l’ensemble des forces aériennes américains, alors encore dépendantes de l’armée de terre.

URSS
Union des Républiques Socialistes Soviétiques, confédération de républiques communistes née avec I'effondrement de I'Empire russe en 1917. L'URSS fut dissoute en 1991

V1 et V2
(en allemand Vergeltungswaffe: arme de représailles) Le V1 est une bombe volante à réaction (500 Kg d’explosifs, 250 Km de portée), peu précise, lancée par les Allemands sur l’Angleterre à partir de juin 1944.Le V2 est une fusée très puissante(1 tonne d’explosifs, 350 Km de portée) mise au point par l’ingénieur Von Braun et son équipe. Plus rapides que le son les V2 sont indétectables et sont lancés sur l’Angleterre à partir de septembre 1944.

Vaguemestre
Militaire chargé de la distribution du courrier aux armées. Son arrivée est essentielle pour le moral des combattants qui attendent les lettres et les colis, constituant leur lien avec l'arrière et leurs familles.

Volkssturm
(en allemand : assaut du peuple) Nom attribué à la milice populaire formée en Allemagne le 25 septembre 1944. Elle comprend tous les Allemands en état de se battre, âgés de 16 à 60 ans. Ils ne reçurent qu’une formation militaire très sommaire et seront les derniers défenseurs de l’Allemagne.

VVS
(en russe : Voyenno Vozdushnye Sily : Armée de l’Air) Terme désignant les forces aérienne soviétiques.

Wehrmacht
(mot allemand: puissance de défense) Ce terme désigne, à partir de 1935, l’ensemble de l’armée régulière allemande qui comprend la Kriegsmarine, la Luftwaffe, et la Heer.

Ypérite
Surnom donné au gaz de combat asphyxiant mis au point en 1917 par l’Allemagne et utilisé pour la première fois dans la région d’Ypres (Belgique) en juillet 1917. Il est également nommé gaz moutarde.

Zyklon B
gaz employé, à l'origine, comme insecticide. Il fut utilisé à Auschwitz sous forme de granules qui, exposés à l'air, libéraient de l'acide prussique, un gaz toxique.


Envoyer un nom