Dictionnaire

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions qui se côtoient. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères.

Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’expressions sont encore et toujours employées dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Tandis que la

Lexique des Tranchées, de concentration et de la guerre

Il existe 38 noms dans ce répertoire qui commencent par la lettre C.
Cabot
Argot militaire désignant le grade de caporal ou encore un chien

Cacolet
Siège double placé de chaque côté du bât d'un mulet et destiné dans ce cas au transport des blessés.

Cagna
Abri de tranchées généralement souterrain, offrant un refuge rudimentaire aux soldats.

Camarade
Expression signifiant, dans l'argot des combattants, se rendre volontairement, en se référant à l'expression prononcée par les soldats allemands lors d'une reddition "Kamerad".

Cambuse
Cantine, baraque, chambre, cabane, endroit où sont gardées les vivres

Camp d’extermination
Camps créés par les nazis pour tuer les déportés (en majorité des Juifs puisque les camps d’extermination ont été mis en place dans le cadre de la « solution finale », c’est-à-dire l’extermination systématique des Juifs d’Europe), le plus souvent dès leur arrivée. Quatre camps d’extermination furent créés par les nazis : Chelmno, Tréblinka, Belzec et Sobibor. Auxquels s’ajoutaient deux camps mixtes (concentration et extermination) : Auschwitz-Birkenau et Lublin-Majdanek.

Camps de concentration
Créés dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir, les camps de concentration nazis regroupaient des opposants politiques, des résistants, des détenus de droit commun, des Témoins de Jéhovah, des Juifs, des prisonniers russes des homosexuelss. Ces camps s’appelaient les « camps de la mort lente » car les déportés mouraient en travaillant. A partir de 1942, la main d’oeuvre concentrationnaire fut mis à la disposition de l’industrie de guerre allemande.

Catégorie
Dans les camps de concentration, les déportés sont catalogués suivant leur motif d’arrestation symbolisé par un triangle de couleur différente. Les déportés qui ont tenté de s’évader et qui ont été repris portent dans le dos une cible qui permet aux gardiens de les repérer plus facilement du haut de leur mirador.

CDL
Comité Départemental de Libération. Créés dans le courant du second semestre 1943 ou au début de l’année 1944, ces Comités sont calqués sur le modèle du Conseil national de la Résistance, reflétant les tendances politiques et syndicales dans chaque département. Leur passage dans la légalité ne se fait pas sans heurt ; ils doivent composer avec les nouvelles autorités mises en place par le Gouvernement Provisoire de la République Française. Ces Comités ne survivent pas aux élections municipales d’avril-mai 1945 et cantonales

CEF
Corps Expéditionnaire Français. A l’été 1943, le général Juin met sur pied le Corps expéditionnaire français en Italie, qui prend part à la campagne d’Italie aux côtés des armées anglaise et américaine. Ce corps composé de la 2e Division d’infanterie marocaine, de la 3e Division d’infanterie algérienne, de la 4e Division marocaine et de la 1ère Division française libre comprend 200 000 hommes. Ces troupes constituées de nombreux soldats originaires de l’Empire colonial français s’illustrent particulièrement au Mont-Cassin et à Sienne libérée le 3 juillet 1944.

Cellerier
Mortier artisanal français dont le corps, fixé sur un bloc de bois, était constitué d'un obus à balles allemand de 77. Il tirait un projectile modifié de 65 mm de montagne.

CFL
Corps francs de la Libération. L’AS et les maquis membres des MUR fusionnent en CFL en mai 1944, réorganisation annoncée sur le terrain par la dépendance structurelle de nombreuses unités de maquis par rapport à l’ AS locale. La fusion officielle sembla cependant relancer les efforts de ceux qui appelaient à une action plus directe des groupes de maquis avant le jour J.

CFLN
Comité Français de Libération Nationale. Héritier du Comité national français créé à Londres par le général de Gaulle, le CFLN est constitué à Alger le 3 juin 1943. Il est co-dirigé par les généraux Giraud et de Gaulle. À partir du printemps de 1944, de Gaulle le dirige seul.

CGE
Comité général d’études. Créé en avril 1942 par Jean Moulin, le CGE est chargé d’étudier les mesures à prendre à la Libération et de proposer des plans et projets de réformes politiques, économiques et administratives. Il dépend du Délégué général en France du Comité national français. L’un de ses membres les plus connus est le professeur François de Menthon, qui en 1945 est nommé Procureur général français au Tribunal militaire international de Nuremberg.

Citation
Pendant la Grande Guerre, la citation individuelle est une récompense matérialisée par un texte et donnant droit à la croix de guerre créée en 1915. Les citations s'organisent selon un ordre de valeur croissant : à l'ordre du régiment, de la brigade, de la division, du corps d'armée ou de l'armée.

Civelot
Un civil

Clarinette
Surnom donné au fusil Lebel.

CLL
Comité local de libération. Ces Comités sont nommés de la même manière que les Comités départementaux de Libération. Ils jouent le même rôle au niveau local. Ils ne survivent pas aux premières élections locales d’après-guerre en avril-mai 1945.

CNF
Doté d’un statut comparable à celui d’un gouvernement, le Comité cumule, du fait des circonstances, les pouvoirs exécutif et législatif. Il est composé de 8 commissaires nationaux ayant des attributions de ministre. Nommés par le général de Gaulle, chef de la France Libre, ils sont responsables devant lui. Le Comité français de libération national (CFLN) puis le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) prennent sa suite.

CNR
Conseil National de la Résistance. Le 27 mai 1943 se tient à Paris, la première réunion du CNR sous la présidence de Jean Moulin. Y assistent les représentants de 8 mouvements de résistance (3 de la zone nord et 5 de la zone sud), de 6 partis politiques et 2 des principales centrales syndicales ouvrières. Après l’arrestation de Moulin à Caluire en juin 1943, Georges Bidault, représentant du Parti démocrate populaire au sein du CNR lui succède comme président. Le programme du CNR, adopté en mars 1944, détaille les actions à mener à la Libération et esquisse une charte politique pour l’après-guerre, véritable programme de réformes à entreprendre afin de refonder la République et la démocratie sur des bases économiques et sociales plus justes.  

Coastal Command
Commandement côtier de la RAF. Une des grandes subdivisions des forces aériennes britanniques, comprenant des escadrilles spécialisées dans la surveillance de la mer et l'attaque des navires ennemis dans les eaux entourant la Grande-Bretagne.

Coke (charbon)
ll s'agit d'un combustible obtenu par pyrolise de la houille dans un four à l'abri de l'air et est utilisé par les soldats sur le front. Des résidus de coke sont souvent retrouvés sur les emplacements des anciens camps à l'Hartmanswillerkopf.

Collaborateur
Personne qui coopère avec l’occupant nazi par conviction ou par opportunisme. Diminutif de collabo

Comando supremo
Commandement suprême italien.

Commissaire de la République
Les vingt premiers commissaires sont nommés par le CFLN le 3 octobre 1943 avant même la rédaction de l’ordonnance du 10 janvier 1944 portant création des commissaires régionaux. Celle-ci ne paraît qu’en juillet. À l’époque, les Alliés tentent d’imposer un gouvernement militaire des « territoires occupés ». Le premier mis en place est François Coulet en Normandie, installé aussitôt après le débarquement le 6 juin 1944. Ces commissaires dotés de pouvoirs plus importants que ceux d’un préfet sont supprimés en mars 1946.

Compagnie
WW1: Quatre sections (60 hommes chacune) forment une compagnie, unité de manoeuvre et unité administrative, commandée par un capitaine. La première section est en théorie dirigée par le lieutenant le plus ancien. La seconde l'est par un officier de réserve. La troisième par un adjudant. La quatrième par un second lieutenant ou un sous-lieutenant. Au combat, la compagnie engage parfois deux sections en première ligne et maintient les deux autres en arrière des deux autres. Petite par la taille, elle ne peut être longtemps engagée au combat, sans l'appui de réserve. La compagnie comprend donc environ 250 hommes soit 1 capitaine, 3 lieutenants, sous-lieutenant ou adjudant-chef, 1 adjudant, 1 sergent-major, 1 sergent-fourrier, 8 sergents, 1 caporal-fourrier, 16 caporaux, 222 soldats : 2 tambours, 2 clairons, 1 infirmier, 4 brancardiers, 1 tailleur, 1 cordonnier, 1 cycliste, 3 conducteurs, 32 grenadiers et 175 hommes. Notons que cette unité est équipée d'une voiture à munitions, d'une voiture à vivres et à bagages et d'une cuisine roulante. Elle forme, sous la direction du capitaine, assisté de sous-officiers comptables, une unité administrative autonome pour ce qui touche la solde, la nourriture (ordinaire) et l'habillement.   WW2: Groupe de 100 à 200 hommes répartis en sections

Compagnon de la libération
L’Ordre de la Libération a été créé le l6 novembre 1940 par le général de Gaulle. Ses titulaires portent le titre de Compagnon de la Libération. 1 036 personnes physiques, 18 unités militaires et 5 communes françaises ont reçu la Croix de Compagnon de la Libération. Le ruban de cette décoration, faite d’une Croix de Lorraine fixée sur un glaive, est noir, symbole du deuil de la France en 1940, et vert. Cette dernière couleur exprimant l’espérance dans la Patrie. Cette décoration a été remise à ceux et à celles (6 femmes) qui se sont signalés pour la libération de la France et de son Empire...

Container
Récipient cylindrique en métal parachuté par les avions alliés à l'intention des groupes d'actions, d'unités de parachutistes ou de réseaux de résistance et contenant des armes, munitions, explosifs, du ravitaillement

Corps d'armée
Unité militaire regroupant plusieurs divisions.

COSSAC
Chief of Staff Supreme Allied Command. Chef d'état-major du commandement suprême allié. Ce commandement a été établi à Londres au début de l'année 1943 en vue de préparer le débarquement en Europe de l'Ouest.

Crapouillot
Surnom donné aux mortiers de tranchée français et, par extension, à l’ensemble de leurs projectiles. Terme qui signifie à la base "petit crapaud". Ces armes, servies par des artilleurs de tranchée, furent beaucoup utilisées parce que leur tir courbe était adapté à la guerre des tranchées.

Croix de la Lorraine
Emblème choisi par l’amiral Muselier pour les Forces navales de la France Libre (FNFL), qui devient ensuite celui de toute la France Libre.

Croix fléchées
Nom donné aux membres du principal parti fasciste de Hongrie dont le chef Ferenc Szálasi prône une idéologie proche de celle des nazis. En 1939, ce parti envoie 31 députés au Parlement. Allié des nazis, Szálasi est placé à la tête du gouvernement hongrois par les Allemands en octobre 1944, après l’arrestation de l’amiral Horthy régent du royaume qui avait tenté de négocier avec les Soviétiques. En mars 1945, il se réfugie à Vienne en Autriche, puis en Allemagne. Szálasi et 3 de ses ministres sont pendus à Budapest en 1946.

CSM
Control of Special Means. Directions des moyens spéciaux. Equivalent américain de la LCS

Cuistance
Durant la Première Guerre mondiale, lieu situé en arrière les tranchées où l’on prépare le repas des soldats du front.

Cuistot
Argot militaire désignant le cuisinier d'une caserne ou d'un corps de troupes en campagne

Cure-dents
La baïonnette

CVF
Corps Volontaire Français. Il est créé le 7 novembre 1940 par le général de Gaulle. À cette date, il compte 26 Françaises. Depuis fin 1941, ce corps est dirigé par Hélène Terré, première femme capitaine de l’armée française. Elles sont 500 en 1943, fournissant des auxiliaires aux trois armes (FFL, FNFL et FAFL). En 1944, elles sont plus de 3 000. À Alger, ce corps donne naissance à l’Armée féminine dans l’armée de terre (AFAT). Les capitaines Dupont et Dumesnil sont affectées aux commandements des Volontaires féminines de mer et de l’air.  


Envoyer un nom