Dictionnaire

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions qui se côtoient. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères.

Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’expressions sont encore et toujours employées dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Tandis que la

Lexique des Tranchées, de concentration et de la guerre

Il existe 10 noms dans ce répertoire qui commencent par la lettre E.
Effektenkammer
Espace à l’intérieur des camps, magasin de l’habillement, où étaient stockés les vêtements, objets personnels, valeurs, etc., soustraits aux déportés dès leur arrivée.

Einsatzgruppen
Groupes d’intervention (appelés également, dans l’historiographie moderne, groupes mobiles de tuerie). Les premiers sont créés en 1938 pour l’annexion de l’Autriche. Ils sont réactivés pour l’invasion de la Pologne. Le 22 juin 1941, quatre Einsatzgruppen suivent l’armée allemande lors de l’offensive contre l’URSS. Ce sont de petites unités mobiles (au total 3 000 hommes réparties en quatre groupes, subdivisés en Eisatzkommandos) formées de membres de la SS et de la police allemande et chargés d’exécuter les « ennemis » des nazis, c’est-à-dire principalement les Juifs et les communistes. Le chiffre de leurs victimes est évalué à 1,5 million de personnes.

Emigrant
Catégorie nazie de classification dans les camps : Apatride, porteur du triangle bleu

Enigma
Machine à chiffrer utilisée par les forces allemandes

Epuration
Une commission d’épuration est instituée par le CFLN dans une ordonnance prise le 18 août 1943. Les juristes du Comité général d’Études, rattaché au CNR, rédigent les textes. À la Libération, des cours de justice et des chambres civiques sont mises en place dans chaque département. L’ordonnance du 26 août 1944 créée une mesure d’indignité nationale. 350 000 personnes sont jugées par ces commissions. 7 037 sont condamnées à mort et 791 exécutées. Parallèlement 8 000 à 9 000 personnes sont exécutées sommairement par la Résistance. Dans de nombreuses villes et villages, des femmes accusées de collaboration sont rasées et traînées nues dans les rues.

Erzatz
  Produit de remplacement, souvent de médiocre qualité et fabriqué industriellement (exemples : textiles synthétiques, caoutchouc artificiel, margarine… ).  

Escarmouche
Combat localisé et de courte durée entre éléments isolés ou détachements ennemis.

Escouade
WW1: Une escouade était une fraction d’une compagnie (d'une section plus précisément) sous les ordres d’un caporal ou une fraction d’un escadron, d'un peloton sous les ordres d’un brigadier. Il n'y a généralement qu'une dizaine d'hommes dans une escouade. Durant la 1ère guerre mondiale, dans l'armée française, une section d'infanterie comprend 2 à 3 escouades chacune commandée par un caporal.

Etoile jaune
En Allemagne, le port d’une étoile noire à six branches sur fond de tissu jaune est imposé aux Juifs de plus de 6 ans à partir du 19 septembre 1941. En France, le port de l’étoile est imposé aux Juifs de plus de 6 ans par une ordonnance du Militärbefehlshaber in Frankreich (administration militaire en France) du 29 mai 1942. Le port de l’étoile jaune s’étend progressivement à tous les pays occupés par l’Allemagne, à l’exception du Danemark où les nazis ne réussissent pas à l’imposer. Dans les camps de concentration, les Juifs déportés pour d’autres raisons que raciales portent un triangle jaune en plus du triangle indiquant leur motif de déportation.

Euthanasie
Opération T4. C’est par ce mot que l’on désigne le programme d’assassinat systématique (75 000 victimes) des handicapés physiques et mentaux sous le IIIe Reich. Ce programme, dénoncé en chaire par Monseigneur Von Galen, évêque de Munster, a été mis en place d’octobre 1939 à août 1941. Six centres d’euthanasie furent créés. Cinq en Allemagne (Grafeneck, Brandebourg sur la Havel, Sonnenstein, Bernburg, Hadamar et en Autriche Hartheim). Malgré l’arrêt officiel de l’opération T4, l’assassinat des handicapés se poursuivra jusqu’à la fin de la guerre.


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