Dictionnaire

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions qui se côtoient. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères.

Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’expressions sont encore et toujours employées dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Tandis que la

Lexique des Tranchées, de concentration et de la guerre

Il existe 22 noms dans ce répertoire qui commencent par la lettre F.
FAFL
Force Aériennes Françaises Libres. Créées le 7 juillet 1940, elles sont d’abord commandées par l’amiral Muselier auquel succède le colonel Valin. Elles compteront jusqu’à 3 000 membres. Les groupes de chasse Normandie-Niemen et de bombardement Lorraine sont parmi les plus connus.

Falot
Lanterne portative de grande dimension utilisée par les soldats

Fasci di combattimento
Faisceaux de combat. Nom donné aux premiers membres du mouvement fasciste créé par Benito Mussolini le 23 mars 1919 à Milan en Italie. L’année suivante, les faisceaux regroupent 30 000 adhérents. Au lendemain des grèves insurrectionnelles de l’été 1920, apparaissent des squadres, escouades fascistes et armées qui s’opposent violemment aux organisations de gauche.

Feldgrau
Littéralement « gris-vert » qui désigne la couleur de la tenue de l'Armée de Terre allemande.

Feldwebel
Adjudant alleman

Feuillées
Latrines de campagne, généralement creusées dans la terre un peu à l’écart des tranchées principales.

FFI
Forces Françaises Intérieurs. Fusion officielle de toute la Résistance armée (AS, ORA et FTP) en une seule organisation militaire placée sous les ordres du général Koenig. Les FFI sont créés à la fin de 1943, mais les chefs régionaux et départementaux des FFI ne sont mis en place qu’au printemps de 1944. Dans certaines régions du Sud, la fusion pratique et stratégique des groupes francs, des maquis, et des forces de FTP n’est réalisée qu’en juillet, voire août. Néanmoins, les unités de la base conservent beaucoup de leur individualité dans la direction et l’approche tactique. Montgomery et Eisenhower ont déclaré que les FFI avaient pour les Alliés la valeur de dix à quinze divisions dans la libération de la France.

FFL
Forces Françaises Libres. Le général de Gaulle annonce à la presse, le 26 juin 1940,la création des FFL. D’abord nommée Légion française, elles prennent le nom de Forces françaises libres à la fin du mois d’août suivant. Les premiers ralliés sont peu nombreux et comptent peu d’officiers. Une deuxième vague de ralliement arrive au moment de la campagne de Syrie en 1941 ; la troisième en novembre 1942, après le débarquement en Afrique du Nord. Les FFL sont intégrées en 1943 dans l’armée de libération. À cette date, elles comptent 60 000 combattants, Forces navales et Forces aériennes comprises.

Fine blessure
Blessure qui permettait de retourner à l'arrière sans être pour autant réellement dangereuse ou handicapante. Elle offrait aux soldats un moment de répit lors des soins à l'hôpital, avant un éventuel retour au front.

FN
Front National. Mouvement de la Résistance fondé par le Parti Communiste Français en 1941, qui opérait dans les deux zones et était ouvert à tous les volontaires, communistes ou non. En 1944, plusieurs non-communistes étaient membres de ses comités directeurs. II s’agissait d’un mouvement à la fois militaire et politique avec pour forces militaires principales les Francs Tireurs Partisans (FTP), et qui reposait sur l’idée d’une action immédiate et directe, dont des attaques contre les personnels allemands. Ses liens organisationnels avec le Parti communiste continuèrent après la Libération.

FNFL
Forces Naval Française Libre. Dès le 1er juillet 1940, l’amiral Muselier, qui a rallié Londres le 29 juin, après avoir pris sous son autorité, à Gibraltar, des bâtiments français égarés ou décidés à rallier Londres, tente de bâtir une marine. Une école navale est créée à Portsmouth au sud de l’Angleterre et il envoie des élèves dans les écoles de la Royal Navy. À la fin de l’année 1940, une centaine d’officiers et 3 100 marins, venus de la marine nationale, de la marine marchande ou marins pêcheurs comme ceux de l’île de Sein, sont au combat. En mars 1942, l’amiral Auboyneau succède à l’amiral Muselier. En 1943, forte de 7 000 hommes, les FNFL sont actives en Afrique et au Levant et prennent part aux débarquements successifs en Méditerranée. Parmi elles, le commando de fusiliers marins du commandant Kieffer, débarque en Normandie le 6 juin 1944.

Fourrier
L'emploi de fourrier est rempli par un sergent ou un caporal. Aux ordres d'un sergent-major, ce sous-officier est chargé de l'intendance au sein de sa compagnie. Il est notamment chargé de pourvoir au logement des  soldats quand ils passent dans une ville, et de répartir entre les escouades les vivres et les effets d'équipement.

France Combattante
A partir de juillet 1942, la France Libre prend le nom de France combattante. L’expression France combattante apparaît pour la première fois dans un discours du général de Gaulle le 14 juillet 1942. À partir du 1er août 1942, le Journal Officiel de la France Libre devient Journal Officiel de la France Combattante.

France libre
La France Libre est née le 18 juin 1940. Ce jour-là le général de Gaulle prononce un appel à la BBC. Il refuse l’Armistice demandé par le maréchal Pétain à l’Allemagne. Le 22 juin, en réponse à la signature de l’Armistice, le Général invite ceux qui veulent rester libres à le rejoindre et conclut son discours par ces mots : « Vive la France Libre dans l’honneur et dans l’indépendance ».

Francisque
Décoration créée par le maréchal Pétain en octobre 1941. Elle récompense ceux qui ont manifesté depuis la guerre un attachement actif à l’œuvre et à la personne du maréchal. Quand ils reçoivent leur décoration, ils doivent prêter serment au Maréchal. Cet ordre a été supprimé en 1945. Une liste de 2 626 titulaires a été établie à la Libération par la Haute Cour de justice.

Franquiste
Nom donné aux partisans du général Franco. Après la victoire des Républicains espagnols aux élections législatives en février 1936, des militaires espagnols, avec à leur tête le général Franco, se soulèvent dans une garnison au Maroc. Ces insurgés, que rallient d’autres militaires en Espagne, plongent le pays dans une guerre civile sanglante. En janvier 1939, la prise de Barcelone par les Franquistes scelle la défaite des Républicains et entraîne leur fuite hors d’Espagne. Le 22 mai 1939, les troupes franquistes victorieuses défilent dans Madrid. Le général Franco instaure une dictature qui dure jusqu’à sa mort en 1975.

Frente popular
Nom donné à la coalition de gauche et d’extrême gauche qui remporte les élections législatives espagnoles en février 1936. Ce sont les Républicains. Après le déclenchement de la guerre civile, ils créent des milices gouvernementales pour combattre les insurgés franquistes. On donne parfois à ces volontaires républicains espagnols le nom de miliciens.

Front patriotique
  Parti du chancelier autrichien Schuschnigg destitué après l’Anschluss en mars 1938.  

FTP(F)
Francs-Tireurs et Partisans (français). Créés en 1942, les FTP regroupent des organisations paramilitaires (Organisations Spéciales, Jeunesses communistes, Main d’œuvre immigrée – MOI) et sont placés sous le commandement de Charles Tillon. Très structurés, les FTP sont partisans de la guérilla urbaine et de l’action immédiate. Ils organisent sabotages et attentats contre l’occupant. En 1944, l’ORA, l’AS et les FTP forment les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) dont le commandant en chef est le général Koenig. Les FTP occupent une place importante dans les combats de la libération dans les régions où ils sont bien implantés

FUJP
Front Uni des Jeunesses Patriotiques ou Forces Unies de la Jeunesse Patriotique. Établie à l’automne de 1943 afin de mobiliser les jeunes pour le soutien des groupes de maquis et des FTP, l’organisation est née d’une initiative des MUR, mais acquiert dans la plupart des régions son propre caractère indépendant et spontané. Beaucoup de ses membres sont de très jeunes gens, qui rejoignent par la suite le maquis ou composent les milices patriotiques à la Libération. Des tracts encourageant à la résistance au STO sont distribués par des groupes du FUJP dans la plupart des villes du Sud. Ils organisent des raids pour s’emparer des dossiers du STO.

Führer
Chef, meneur, guide. Dans la terminologie nazie, le terme est chargé d’une signification quasi mystique. Employé seul, il désigne Hitler lui-même.

Fünf und zwanzig
Vingt-cinq… coups sur les reins. Il suffisait d’énoncer le chiffre pour comprendre de quoi il s’agissait (la bastonnade, punition réglementaire dans les camps de concentration).


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