Dictionnaire

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions qui se côtoient. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères.

Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’expressions sont encore et toujours employées dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Tandis que la

Lexique des Tranchées, de concentration et de la guerre

Il existe 17 noms dans ce répertoire qui commencent par la lettre L.
Lageraltester
Doyen du camp. Déporté ayant la responsabilité de la gestion interne du camp. Il est placé sous l’autorité directe du Lagerführer.

Lagerführer
Officier subalterne ou sous-officier S.S. exerçant la fonction de chef de camp. Dans les kommandos extérieurs, il est le gradé le plus élevé ; dans les grands camps c’est une sorte d’adjudant de quartier. Ne pas confondre avec le Lagerkommandant qui est son supérieur.

Lagerkommandant
Pour les grands camps dont dépendent de nombreux kommandos : c’est un officier SS. Il commande l’ensemble, tel un colonel son régiment. Le grade varie selon l’importance du camp. Si Hoess à Auschwitz est colonel (Obersturmbannführer), à Natzweiler, Birkenau puis Bergen-Belsen, Kramer est capitaine (Hauptsturmführer).

Lagerpolizei – lagerschutz
Police du camp ou garde du camp, désigne aussi les déportés affectés à cette police ou à cette garde.

Lagerstrasse
Rue centrale d’un camp.

Lauskontrolle
Contrôle des poux.

Lebel
Fusil équipant les armées françaises. D'un calibre de 8 mm, il a été conçu en 1886 et modifié en 1893. Il est à la fois robuste et précis mais souffre de la lenteur de chargement de son magasin. La longueur du fusil Lebel (1,80m) le rend d'usage très peu pratique dans les tranchées souvent étroites de la guerre de position.

Lebensraum
L’Espace vital. Ce terme désigne, d’après l’idéologie nazie, les territoires nécessaires à l’établissement du peuple Allemand. Ces territoires doivent en majorité être conquis sur les populations slaves de l’Est.

Légion Condor
La Légion Condor (Allemagne) est envoyée en Espagne, de 1936 à 1939, pour soutenir les Franquistes contre les Républicains . Elle est majoritairement une unité aérienne mais compte également des troupes au sol. La marine allemande est également engagée dans les combats. Le 26 avril 1937, les avions allemands bombardent la ville de Guernica qui devient le symbole du martyre de l’Espagne. Ses 1 800 morts sont immortalisés par le tableau éponyme de Pablo Picasso. La guerre d’Espagne sera un formidable terrain d’essai pour la Luftwaffe avant l’attaque de la Pologne et la campagne de France.

Légion SS wallonie
Créée en 1941 par le Belge Léon Degrelle, chantre en pays wallon de la collaboration avec l’Allemagne. Il assure lui-même le commandement de sa légion et part se battre sur le front de l’Est. Il en revient décoré de la Croix de Fer. Après la guerre, il se réfugie en Espagne sans renoncer à l’idéologie nazie.

Ligne de démarcation
Imposée par les nazis lors de la signature de l’Armistice le 22 juin 1940, elle sépare la France en deux. Au Nord, la zone occupée par les troupes allemandes ; au Sud, la zone non occupée dite libre, administrée par le gouvernement de Vichy et amputée de toute sa façade atlantique, qui constitue la zone interdite. Le 11 novembre 1942, l’ensemble du territoire français est occupé par les troupes allemandes.

Ligne Maginot
Fortifications françaises construites de 1927 à 1936 sur la frontière Nord-est de la France, de la frontière Suisse au Luxembourg. Elle fut pensée par André Maginot, ministre de la guerre, et avait pour but d’empêcher toute invasion allemande. Cette ligne illustre parfaitement la stratégie de défense de la France dans les années trente.

Limoger
Envoyer un officier supérieur, jugé inefficace et incompétent, dans un commandement subalterne. Ayant estimé que de trop nombreux généraux et hauts gradés, brillants en temps de paix, étaient incapables au front, Joffre décide le 27 août 1914 que ces officiers faillibles doivent se retirer dans une localité de la 12ème région qui, alors, englobe, loin du front, les départements de la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne, et dans laquelle se trouve Limoges, entre autres. Entre 150 et 200 officiers auraient été concernés par cette mesure mais tous n'auraient pas séjourné dans la ville à l'origine du néologisme.

Loi prêt-bail
Loi américaine votée en mars 1941 (Lend-lease Act), qui autorise le président Roosevelt à vendre, à prêter ou à céder du matériel de guerre ou toute autre marchandise à tout pays dont la défense est jugée vitale pour la sécurité des États-Unis. On compta parmi les bénéficiaires de cette loi le Royaume-Uni, L’URSS, la Chine, les Pays-Bas, la Belgique et la France Libre. Cette loi prit fin le 21 août 1945.

Lois de Nuremberg
lois promulguées en 1935 qui définissaient les juifs comme non-Aryens, leur retiraient la citoyenneté allemande et limitaient leur liberté.

Luftwaffe
Armée de l’air. Terme désignant les forces aériennes Allemandes.

LVF
Légion des Volontaire Français contre le Bolchevisme. La LVF est créé le 8 juillet 1941, après l’attaque de l’URSS par l’Allemagne. Ses volontaires se battent sous uniforme allemand avec, comme seul signe distinctif, un écusson tricolore sur la manche droite. Soutenue par les nazis, la LVF est interdite en zone Sud. Elle se bat sur le front de l’Est. De 1941 à 1944, elle enregistre 5 800 engagements. En juillet 1944, la LVF est dissoute sur ordre d’Himmler. Les 1 200 rescapés seront intégrés dans la Waffen SS pour former la division SS française Charlemagne.


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