Dictionnaire

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions qui se côtoient. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères.

Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’expressions sont encore et toujours employées dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Tandis que la

Lexique des Tranchées, de concentration et de la guerre

Il existe 19 noms dans ce répertoire qui commencent par la lettre M.
MAC
Manufacture d’Armes de Châtellerault

Maquis
La plupart des maquis sont situés dans des zones forestières et montagneuses difficilement accessibles. C’est ce qui explique qu’il y en a eu plus dans le sud de la France que dans le nord. Rassemblements d’hommes vivants dans l’illégalité, ils servent d’abord et surtout à l’hébergement des réfractaires du STO et aux déserteurs des Chantiers de jeunesse.µ Agrégés par la suite, à l’AS, à l’ORA et aux FTP, ces mouvements s’intensifient au printemps 1943. Au printemps 1944, les maquis des Glières (Savoie), du Vercors (Dauphiné) et du Mont Mouchet (Auvergne), qui rassemblement des milliers d’hommes, sont armés par des parachutages alliés. Ils doivent participer à la libération de la France en empêchant notamment les troupes allemandes de rallier les territoires libérés par les Alliés comme la Normandie.

Marche de la mort
Nom donné par les déportés à l’évacuation des camps par les nazis. Devant la progression des troupes alliées à l’Est et à l’Ouest à partir de l’été 1944, les SS décident d’évacuer les camps de concentration situés près des fronts. À pied, en camion ou en train, tous les déportés sont entraînés dans des voyages interminables sans nourriture, dans le froid et la neige. Les plus faibles sont abattus par les gardes SS.

Marraine
Femme assumant la charge morale d'un soldat sans famille ou originaire des provinces envahies.

MAS
Manufacture d’Armes de Saint-Étienne

MAT
Manufacture d’Armes de Tull

Mélinite
Explosif brisant à base d'acide picrique, mis au point en 1885 par le chimiste Eugène Turpin. Elle est de couleur jaune paille, d'où son nom ("méli", miel en grec). Son pouvoir de destruction a conduit à la remise en cause des forts dits Séré de Rivière souvent déclassés pour cette raison en 1914.

Milice
Organisation paramilitaire fondée par Joseph Darnand en 1943. La milice pourchasse et combat les résistants, les Juifs et les réfractaires au STO, en collaboration avec les troupes Allemandes. Sa courte existence est marquée par de nombreuses atrocités commises contre les résistants et la population française.

Militarbefehkshaber
Administration militaire allemande. Dans tous les territoires occupés par les Allemands, est installée une administration militaire. Le Militärbefehlshaber in Frankreich est installé à Paris à l’Hôtel Majestic. Jusqu’à l’été 1942, il a aussi autorité sur les opérations de police et mène une politique de répression. Quand les auteurs d’attentats ne sont pas pris, le MBF fait exécuter des otages pris généralement dans les prisons ou les camps d’internement. À partir du 1er

Mine
Charge d'explosifs que l'on amenait sous la tranchée ennemie afin de la faire exploser. Les mines étaient placées dans des galeries souterraines creusées à cette fin par des troupes spécialisées, les sapeurs. Par extension, on désigne comme la "mine", l'ensemble du cheminement souterrain creusé par l'assaillant jusque sous la position adverse pour y aménager une chambre de mine. Ce type de guerre était très craint des combattants, comme de ceux chargés de placer les mines.

Minen ou Minenwerfer
Nom des pièces d'artillerie de tranchée allemande, et, par extension, désignation des projectiles qu'elles envoient.

Miska
Gamelle. Terme russe employé dans la plupart des camps par les déportés de toutes nationalités. En allemand : Schüssel.

MOI
Main-d’oeuvre Immigrée. Organisation d’avant-guerre établie par le PCF pour défendre les droits des travailleurs immigrés en France. Elle subsiste comme force au sein des camps de travail installés par Vichy et dans les chantiers ruraux qui emploient de très nombreux travailleurs du Travail Étranger (TE). En collaboration avec les chefs locaux de la Résistance, elle crée des maquis et des unités de FTP quand ses travailleurs sont menacés d’arrestation ou de déportation.

Mont-Valérien
Située sur la commune de Suresnes en région parisienne, la forteresse du Mont-Valérien est utilisée de 1940 à 1944 par les nazis pour y exécuter Résistants et Français libres parachutés sur le sol français. Dès octobre 1945, le GPRF songe à y élever à un monument aux morts pour la France de la guerre de 1939-1945. Le 6 novembre 1945, le général de Gaulle signe un décret ouvrant une souscription nationale. Dans la nuit du 11 novembre, 15 corps de militaires, de résistants et de Français libres représentatifs des morts pour la France de 1939 à 1945 y sont amenés et déposés dans une casemate faisant office de caveau provisoire. Le général se rendra chaque 18 juin au Mont-Valérien, mais les travaux du Mémorial ne débuteront qu’après son retour aux affaires en mai 1958. Dans la nuit du 17 au 18 juin 1960, au cours d’une cérémonie, les 16 corps furent placés devant chacun des hauts-reliefs masqués d’un voile. Ils furent ensuite inhumés dans la crypte dont la porte se trouve au centre du mur. Depuis lors, la cérémonie du 18 juin, organisée par l’Ordre de la Libération se déroule devant ce « Mémorial de la France Combattante ». Le Mont Valérien est l’un des sept hauts lieux de la mémoire nationale.

Monter
Pour les combattants français, le verbe monter devient durant la guerre synonyme "d'aller aux tranchées", en raison notamment de l'organisation du "système-tranchées" qui fait alterner dans le temps des séjours dans les espaces (arrière, arrière-front, front-arrière, zone de feu) plus ou moins dangereux. On "monte" vers le feu et les tranchées de 1ères lignes. A l'inverse, on "descend"  pour aller au repos ou à l'arrière des lignes

Mouvement de Résistance
Les premiers mouvements de Résistance sont crées dès 1940, par des hommes et des femmes, de tous horizons politiques et sociaux décidés à s’opposer à l’occupant nazi. Ils rédigent, éditent et diffusent des journaux et des tracts afin d’insuffler l’esprit de résistance et organisent des manifestations patriotiques.

MUR
Mouvements Unis de la Résistance. L’organisation unifiée de la Résistance composée de trois mouvements de la zone sud, Combat, Libération (Sud) et Franc-Tireur. Les MUR datent de janvier 1943 et sont l’un des produits des missions unificatrices de Jean Moulin en France comme envoyé du général de Gaulle.

Mutzen
Nom donné au couvre-chef que portaient les déportés.

Mutzen-Ab
Enlevez couvre-chef. À chaque fois qu’ils passaient devant des SS, les déportés devaient ôter leur couvre-chef. Mützen auf pour l’inverse


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