Dictionnaire

La première guerre mondiale a permis de rassembler sur le champ de batailles des populations venues de tous les horizons. Des soldats arrivant de toutes les régions qui se côtoient. Dans ce nouveau creuset linguistique va naître un argot composite où les patois régionaux se mêleront aux langues étrangères.

Ce nouveau brassage de langues inédit va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’expressions sont encore et toujours employées dans notre parler quotidien. La page qui suit offre un florilège de quelques termes employés jadis par les soldats présents sur le front.

Tandis que la

Lexique des Tranchées, de concentration et de la guerre

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Ypérite
Surnom donné au gaz de combat asphyxiant mis au point en 1917 par l’Allemagne et utilisé pour la première fois dans la région d’Ypres (Belgique) en juillet 1917. Il est également nommé gaz moutarde.

Vaguemestre
Militaire chargé de la distribution du courrier aux armées. Son arrivée est essentielle pour le moral des combattants qui attendent les lettres et les colis, constituant leur lien avec l'arrière et leurs familles.

Tommy
Terme désignant le soldat anglais.

Taube
(mot allemand qui signifie pigeon) 1) Avion allemand monoplan dont la forme générale rappelle celle d'un oiseau en plein vol. 2) Surnom donné à certains projectiles de mortiers de tranchées allemands (granatenwerfer) fréquemment utilisés durant la Grande Guerre.

Shrapnel
Arme antipersonnel, obus rempli de projectiles, du nom de l'inventeur du minuteur qui provoque l'explosion, le général anglais Henry Shrapnel. L'orthographe du terme est variable dans les témoignages. L'obus libère 200 à 300 balles de plomb capables de percer un crâne non casqué. Par extension, on appelait aussi shrapnells les éclats d'obus.

Shell-Shock
Littéralement le "choc de l'obus" : nom donné par les Anglo-Saxons aux affections psychologiques consécutives à l'expérience du bombardement, constatées chez certains soldats.

Sape
Dans le vocabulaire de la guerre de siège, la sape est une tranchée profonde (parfois couverte, mais jamais souterraine) permettant la circulation à l'abri des vues. Dans la guerre des tranchées, ce sens correspond généralement à celui des boyaux et le terme de sape est souvent improprement employé pour désigner une galerie souterraine pour fourneaux de mine ou un abri souterrain.

Sammy
Terme désignant le soldat américain.

Relève
La relève est le remplacement d'une unité par une autre dans les tranchées. Cette opération dangereuse car bruyante, conduisant au regroupement d'un grand nombre de combattants, se faisait généralement de nuit. Sa périodicité n'est pas fixée strictement, mais une unité en première ligne est généralement relevée au bout de quatre à sept jours. La relève s'effectue par les boyaux.

Rameau
Galerie étroite qui mène à la chambre de mine. En cas de nécessité - neutraliser en urgence une mine ennemie par un camouflet par exemple - le rameau pouvait être lui-même chargé d'explosif avant même le creusement de la chambre.

Queues de cochon
Piquets de fer qui se vissent dans le sol. Ils sont destinés à supporter les réseaux de fils de fer. Cette méthode d'installation avait pour avantage de faire moins de bruit et a été privilégié au système du début de la guerre où il fallait enfoncer les piquets en tapant.

Pétard raquette
Grenade artisanale française constituée de cartouches explosives qui sont placées de chaque côté d'une planchette en bois et maintenues à l’aide de tiges d’aciers placées côte à côte ainsi que d’un solenoïde en fil d’acier très serré. Ce type d’engin sert à la fois à lutter contre le personnel et à détruire les réseaux de barbelés.

Percutant
Type d'obus qui éclate lors du contact avec le sol.

Percée
Ce terme désigne la rupture du front adverse que l'on attend d'une offensive.

Pare-éclats
Elément de protection placé de manière transversale dans une tranchée ou un boyau afin de limiter les effets de l'explosion d'un obus en arrêtant ses éclats.

Parados
Protection par un monticule de terre en arrière de la tranchée.

Parapet
Rebord de la tranchée qui fait face à la tranchée adverse. Il constitue à la fois une protection (renforcée par des barbelés et des sacs de sable) et un obstacle à escalader lors des attaques ou des départs pour patrouilles ou coups de main. Une des règles primordiales de la guerre des tranchées consiste à ne rien exposer à l'adversaire au-dessus du parapet.

Parallèle de départ
Espace aménagé parallèlement à la tranchée de 1ère ligne, permettant de concentrer les combattants d'une vague d'assaut en vue d'une offensive.

Pain K.K.
Pain de rationnement allemand à base de son et de pommes de terre (Kleie und Kartoffeln) qui a donné lieu en France à de multiples allusions scatologiques, dans la logique de la dévalorisation de l'ennemi.

Ordre du jour
Moyen dont dispose la hiérarchie militaire pour s'adresser à la troupe et aux subordonnés. Il est daté, porte un numéro et se caractérise par sa brièveté et son intention de frapper l'imagination et ceux qui vont le lire et l'entendre, car un ordre du jour se lit plusieurs fois aux rassemblements des hommes. Il vise à les encourager ou à les mettre en garde contre les comportements attentatoires à la discipline.

Obusite
Qualifie les affections psychologiques faisant suite à l’expérience du bombardement. Equivalent anglais : "shell shock".

No Man's Land
Littéralement : " la terre de personne ". Ce terme désigne l'étendue de terrain ravagée et inhabitée située entre les deux lignes de tranchées adverses. Son premier emploi attesté se trouve dans une dépêche d'Ernest Swinton, militaire et correspondant de guerre anglais, le 21 décembre 1914. Clair et évocateur, le terme est largement repris par la suite, y compris par les combattants francophones.

Monter
Pour les combattants français, le verbe monter devient durant la guerre synonyme "d'aller aux tranchées", en raison notamment de l'organisation du "système-tranchées" qui fait alterner dans le temps des séjours dans les espaces (arrière, arrière-front, front-arrière, zone de feu) plus ou moins dangereux. On "monte" vers le feu et les tranchées de 1ères lignes. A l'inverse, on "descend"  pour aller au repos ou à l'arrière des lignes

Minen ou Minenwerfer
Nom des pièces d'artillerie de tranchée allemande, et, par extension, désignation des projectiles qu'elles envoient.

Mine
Charge d'explosifs que l'on amenait sous la tranchée ennemie afin de la faire exploser. Les mines étaient placées dans des galeries souterraines creusées à cette fin par des troupes spécialisées, les sapeurs. Par extension, on désigne comme la "mine", l'ensemble du cheminement souterrain creusé par l'assaillant jusque sous la position adverse pour y aménager une chambre de mine. Ce type de guerre était très craint des combattants, comme de ceux chargés de placer les mines.

Mélinite
Explosif brisant à base d'acide picrique, mis au point en 1885 par le chimiste Eugène Turpin. Elle est de couleur jaune paille, d'où son nom ("méli", miel en grec). Son pouvoir de destruction a conduit à la remise en cause des forts dits Séré de Rivière souvent déclassés pour cette raison en 1914.

Marraine
Femme assumant la charge morale d'un soldat sans famille ou originaire des provinces envahies.

Limoger
Envoyer un officier supérieur, jugé inefficace et incompétent, dans un commandement subalterne. Ayant estimé que de trop nombreux généraux et hauts gradés, brillants en temps de paix, étaient incapables au front, Joffre décide le 27 août 1914 que ces officiers faillibles doivent se retirer dans une localité de la 12ème région qui, alors, englobe, loin du front, les départements de la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne, et dans laquelle se trouve Limoges, entre autres. Entre 150 et 200 officiers auraient été concernés par cette mesure mais tous n'auraient pas séjourné dans la ville à l'origine du néologisme.

Lebel
Fusil équipant les armées françaises. D'un calibre de 8 mm, il a été conçu en 1886 et modifié en 1893. Il est à la fois robuste et précis mais souffre de la lenteur de chargement de son magasin. La longueur du fusil Lebel (1,80m) le rend d'usage très peu pratique dans les tranchées souvent étroites de la guerre de position.

Gabion
Panier sans fond, fait de branchages entrelacés sur des piquets fichés dans le sol et remplis de terre afin d'offrir une protection pour l'exécution des terrassements.

Fourrier
L'emploi de fourrier est rempli par un sergent ou un caporal. Aux ordres d'un sergent-major, ce sous-officier est chargé de l'intendance au sein de sa compagnie. Il est notamment chargé de pourvoir au logement des  soldats quand ils passent dans une ville, et de répartir entre les escouades les vivres et les effets d'équipement.

Fine blessure
Blessure qui permettait de retourner à l'arrière sans être pour autant réellement dangereuse ou handicapante. Elle offrait aux soldats un moment de répit lors des soins à l'hôpital, avant un éventuel retour au front.

Feuillées
Latrines de campagne, généralement creusées dans la terre un peu à l’écart des tranchées principales.

Feldwebel
Adjudant alleman

Falot
Lanterne portative de grande dimension utilisée par les soldats

Escouade
WW1: Une escouade était une fraction d’une compagnie (d'une section plus précisément) sous les ordres d’un caporal ou une fraction d’un escadron, d'un peloton sous les ordres d’un brigadier. Il n'y a généralement qu'une dizaine d'hommes dans une escouade. Durant la 1ère guerre mondiale, dans l'armée française, une section d'infanterie comprend 2 à 3 escouades chacune commandée par un caporal.

Escarmouche
Combat localisé et de courte durée entre éléments isolés ou détachements ennemis.

Dragon
Troupe de cavalerie, à l'origine infanterie montée. Les escadrons de dragons, pendant la Grande Guerre, furent adjoints à des divisions d'infanterie et des escadrons à pied pour participer à la guerre des tranchées.

Coke (charbon)
ll s'agit d'un combustible obtenu par pyrolise de la houille dans un four à l'abri de l'air et est utilisé par les soldats sur le front. Des résidus de coke sont souvent retrouvés sur les emplacements des anciens camps à l'Hartmanswillerkopf.

Citation
Pendant la Grande Guerre, la citation individuelle est une récompense matérialisée par un texte et donnant droit à la croix de guerre créée en 1915. Les citations s'organisent selon un ordre de valeur croissant : à l'ordre du régiment, de la brigade, de la division, du corps d'armée ou de l'armée.

Cellerier
Mortier artisanal français dont le corps, fixé sur un bloc de bois, était constitué d'un obus à balles allemand de 77. Il tirait un projectile modifié de 65 mm de montagne.

Cacolet
Siège double placé de chaque côté du bât d'un mulet et destiné dans ce cas au transport des blessés.

Brun (réseau)
Protection disposée en avant de la tranchée, le réseau Brun était constitué de fil de fer lisse, et de ce fait n'assurait qu'une protection limitée.

Brisque
Chevron d'ancienneté d'un soldat rengagé.

Brasero
Appareil de chauffage généralement utilisé à l'extérieur par les soldats pour se réchauffer.

Brandt
Obusier pneumatique français de calibre 60 mm pesant une vingtaine de kilos.

Brancardier
Militaires chargés de la récupération et du transport des blessés ou des morts aux tranchées et sur le champ de bataille. Leur tâche était particulièrement périlleuse

Boyau
Voie étroite de communication entre deux tranchées (boyau de communication).

Bouthéon
Marmite collective aplatie en métal utilisée notamment durant la 1ère Guerre Mondiale, qui permettait de transporter les aliments pour nourrir quatre soldats. Il était entre autre utilisé pour le transport de la soupe. Le terme doit son nom à son inventeur, l'intendant Bouthéon. L’invention entre en dotation dans l'armée française à la suite de la loi du 4 août 1887. Retirée par la loi du 30 juin 1895, elle sera remplacée par un ustensile collectif qui en conserve le nom.

Bivouac
Terme militaire qui désigne le fait d’établir un campement provisoire à l’extérieur, et, par extension, un repas ou une nuit passés dehors. Le terme tend à être davantage utilisé au début de la guerre, avant l’installation dans les tranchées, il s’applique ensuite lors des déplacements entre secteurs.

Bleu horizon
Nom donné à la couleur de l’uniforme français adopté après la bataille de la Marne en septembre 1914, pour rompre avec la visibilité désastreuse des pantalons rouge garance utilisés jusque-là. La distribution des nouveaux uniformes s’étale dans le temps jusqu’en 1915.

Batterie
Dans le domaine militaire, une batterie est un ensemble tactique désignant un petit groupe de pièces d'artillerie (canon, mortier, obusier, etc). Sur le théâtre des opérations terrestre, les batteries sont généralement regroupées en unités plus importantes appelées bataillons ou groupes, qui sont à leur tour regroupées au sein d'un régiment ou d'une brigade d'artillerie ou d'armes combinées.

Bande molletière
Elément de l’équipement des fantassins français, constitué d’une bande en drap de laine enroulée autour du mollet.

Ambulance
1) Véhicule de transport des blessés (sens actuel du terme). 2) Unité médico-chirurgicale, qui existe au niveau du corps d’armée. On parle de l’ambulance N° tant comme on parlerait du régiment N° tant.

Cure-dents
La baïonnette

Cuistot
Argot militaire désignant le cuisinier d'une caserne ou d'un corps de troupes en campagne

Cuistance
Durant la Première Guerre mondiale, lieu situé en arrière les tranchées où l’on prépare le repas des soldats du front.

Crapouillot
Surnom donné aux mortiers de tranchée français et, par extension, à l’ensemble de leurs projectiles. Terme qui signifie à la base "petit crapaud". Ces armes, servies par des artilleurs de tranchée, furent beaucoup utilisées parce que leur tir courbe était adapté à la guerre des tranchées.

Clarinette
Surnom donné au fusil Lebel.

Civelot
Un civil

Cambuse
Cantine, baraque, chambre, cabane, endroit où sont gardées les vivres

Camarade
Expression signifiant, dans l'argot des combattants, se rendre volontairement, en se référant à l'expression prononcée par les soldats allemands lors d'une reddition "Kamerad".

Cagna
Abri de tranchées généralement souterrain, offrant un refuge rudimentaire aux soldats.

Cabot
Argot militaire désignant le grade de caporal ou encore un chien

Brosses à dents
Moustaches.

Briscard
Vieux soldat de métier. ( "Ce sont les vieux briscards qui se rappellent la Marne et Verdun" )

Bricheton
Désigne le pain, la miche de pain, le pain blanc

Bousiller
Tuer, en faisant maladroitement la besogne.

Bourrin
Un cheval.

Boche
Désignation péjorative des Allemands par les Français. Ce terme serait une réduction du terme argotique "Alboche", désignant aussi les Allemands

Bobard
Mensonge, tromperie.

Bleus, bleuet, bleusaille
Désignation dans l’argot militaire d’un soldat inexpérimenté, n’ayant pas ou peu vu le feu

Binette
Tête.

Biler, bilotter, (se)
Se faire de la bile, s'inquiéter.

Bidoche
Terme désignant la viande.

Becquetance
Nourriture.

Baveux
Journal.

Bas du cul
Homme de petite taille, qui a de petites jambes.

Baroufle
Bruit, tapage, vacarme.

Barda
Equipement du soldat qu'il place généralement dans son havresac (As de Carreau)

Barbaque
Viande souvent de mauvaise qualité.

Ballot
Bête, sot.

Bacchante
Moustache.

Azor
Dans l’argot des combattants, désigne le sac des combattants.

As de Carreau
Nom donné au havresac ou sac à dos du fantassin français en raison de la forme carré de sa structure intérieur en bois, qui servait aussi de dernier rempart contre les tirs ennemis.

Artiflot
En argot des combattants, désignation des artilleurs, principalement par les fantassins.

Arrosoir
Désigne le canon de 75mm français

Arbalète
Fusil. Allusion burlesque à une arme jadis redoutable.

Alboche
Nom donné aux allemands, croisement de deux synonymes, Allemand et Boche

Adjupète
Surnom donné à l'adjudant

Abeille
Balle de fusil. Terme faisant référence au bruit des projectiles dans leur course.

Zyklon B
gaz employé, à l'origine, comme insecticide. Il fut utilisé à Auschwitz sous forme de granules qui, exposés à l'air, libéraient de l'acide prussique, un gaz toxique.

URSS
Union des Républiques Socialistes Soviétiques, confédération de républiques communistes née avec I'effondrement de I'Empire russe en 1917. L'URSS fut dissoute en 1991

Svastika
croix gammée, le symbole du parti nazi. Cette croix est l'emblème de l'idéologie antisémite. Elle vient peut-être d'un symbole mystique hindou.

Shoah
terme signifiant catastrophe en hébreu. Le mot shoah est utilisé par les juifs eux-mêmes pour décrire le massacre dont ils furent l'objet sous le régime nazi.

SA
« Sections d'Assaut » ou « chemises brunes ». Cette terrifiante armée privée, de 400 000 membres, donna à Hitler le pouvoir dans la rue, avant d'être chancelier, en 1933

Procès de Nuremberg
procès organisé par les Alliés victorieux en 1945, afin de juger les responsables de l'Allemagne nazie pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Lois de Nuremberg
lois promulguées en 1935 qui définissaient les juifs comme non-Aryens, leur retiraient la citoyenneté allemande et limitaient leur liberté.

Feldgrau
Littéralement « gris-vert » qui désigne la couleur de la tenue de l'Armée de Terre allemande.

Enigma
Machine à chiffrer utilisée par les forces allemandes


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