Les nouvelles du Front en 14-18

Sous l’occupation, les Bruxellois gardent un contact avec les soldats au front et les prisonniers militaires ou civils par l’envoi de correspondances et de colis.

Ils prennent aussi connaissance des crimes de guerre perpétués dans les tranchées, dans d’autres villes et d’autres pays, notamment grâce à la presse clandestine.

Soldats bruxellois
Depuis 1913, le service militaire obligatoire remplace le tirage au sort des appelés en Belgique, ce qui augmente considérablement le contingent d’hommes prêts à défendre la neutralité du pays. Dès le début des hostilités, de nombreux Belges se déclarent en outre volontaires pour participer dans un élan patriotique généralisé à une guerre que l’on croyait de courte durée.

Le conflit s’éternise et se fixe en plusieurs lignes de front, dans les tranchées de la mer du Nord à la Suisse. Les soldats bruxellois se retrouvent principalement à l’Yser : près de 1300 hommes nés ou domiciliés dans la Ville de Bruxelles y laissent la vie.

Un grand mouvement de solidarité se dessine dans la population pour tous les fils et enfants du pays partis défendre la Nation. Tant bien que mal, du courrier des familles ou des marraines de guerre et des colis de vivres ou de livres est acheminé jusqu’au front.

Prisonniers
Des milliers de soldats belges sont faits prisonniers et envoyés dans des camps en Allemagne d’où ils ne reviendront qu’après novembre 1918. Grâce à la Convention de La Haye de 1907 stipulant un certain nombre de règles à respecter en cas de guerre, les prisonniers peuvent garder des contacts avec leur famille et leurs concitoyens.

Par l’intermédiaire des œuvres caritatives, dont « La Caissette du Soldat », la population bruxelloise s’attache à soutenir généreusement les prisonniers de guerre. Des collectes sont organisées pour leur envoyer des colis de pain, du pain d’épices, des cubes de bouillon, du chocolat ou du tabac.

Ces mêmes œuvres se préoccupent aussi des prisonniers civils internés en Allemagne pour des raisons essentiellement d’opposition politique. Parmi eux, le célèbre bourgmestre de la Ville de Bruxelles Adolphe Max, fait prisonnier des Allemands pour motif d’insoumission et devenue une véritable icône de la Résistance.

Horreurs de la guerre
Au début de la guerre, la réalité du conflit apparaît dans toute sa cruauté à Bruxelles avec l’arrivée des premiers soldats blessés, morts et réfugiés civils.

Sous l’occupation, l’information est plus filtrée. Les Allemands n’annoncent que leurs propres victoires par voir d’affichage public.

Une presse clandestine comme La Libre Belgique ou de Vlaamse Leeuw tente toutefois de faire entendre une autre «réalité» et de remonter le moral de la population.

Pour rassurer l’arrière-front, des campagnes de propagande sont orchestrées, notamment à l’aide de cartes-postales montrant les soldats comme des scouts, bavardant, faisant la cuisine ou organisant une bonne action pour les populations des territoires occupés.

Des nouvelles inquiétantes parviennent cependant: bombardement de la base d’Evere, sac de Louvain, destruction de Dinant, exécutions de populations civiles, utilisation de gaz à Ypres, etc.

Et enfin, peu à peu, ce sont de nouvelles horreurs que l’on découvre avec le retour de mutilés, d’estropiés et de gazés.

Opérations militaires
La Guerre 14-18 est le théâtre d’innombrables combats sanglants, tant en Europe, en Belgique en particulier, qu’en Méditerranée, au Moyen Orient, en Afrique centrale et en Chine.

Depuis l’attentat de Sarajevo en juin 1914, le monde est entré dans une logique de guerre où les alliances entre empires et nations l’ont emporté sur l’esprit de paix et de concorde entre les peuples.

Durant le conflit, l’industrie de l’armement connaît de nombreux développements dans une course effrénée vers l’anéantissement de l’adversaire par tous les moyens (aviation ; bombardements ; attaques au gaz ; etc.).

Pourtant, cette guerre que les gouvernants espéraient décisives en quelques batailles, s’est rapidement enlisée sous forme de guerre de position et d’usure dans 700 kilomètres de tranchées et de barbelés. Les batailles se succédèrent quatre années durant pour gagner ou pour perdre quelques mètres.