forum

Et après » Première Guerre mondiale: pourquoi envoyer les soldats au casse-pipe?

Administrateur

rank_admin.png

Avatar

Inscrit le: 27/12/2013

Messages: 10197

Le 16/07/2018 à 17h53


Luc Finet a achevé son «monument »: près de 1 000 pages sur la bataille du chemin des Dames. Pour que l’on n’oublie pas le sacrifice des soldats.

Luc Finet vient de publier un ouvrage de deux tomes relatif à une véritable boucherie, qui s’est déroulée entre Soissons et Laon, en avril et mai 1917. «Depuis l’enfance, je m’intéresse à 14-18, peut-être parce que notre région a été durement éprouvée. J’ai lu bien des livres sur le sujet. Il y a treize ans, j’ai découvert “ Le Chemin des Dames ” de Pierre Miquel où il fait, de façon magistrale, l’analyse d’une hécatombe. Directement, cela m’a turlupiné: pourquoi le général Nivelle a choisi de passer par ce promontoire de 32 km avec un dénivelé de 200 mètres, sachant que les Allemands tenaient la crête et que l’attaque aurait pu se faire dans la plaine?»

Le sujet le passionne et, durant plus de dix ans, il fait des recherches sur cette bataille oubliée où ont péri 300 000 soldats français. L’obstiné policier mène l’enquête, trace des plans, analyse la stratégie et rassemble les témoignages des soldats et intervenants. Il finit par se rendre sur place.

«L’idée est née de résumer mes recherches dans un livre à paraître durant le centenaire 14-18. Et les pages se sont tellement accumulées que deux tomes ont été nécessaires! Un troisième tome, dont la rédaction est quasi achevée, est programmé.»

Il n’envoie son manuscrit qu’à deux maisons et, rapidement, reçoit une réponse des éditions françaises Amalthée, qui publient à demi-compte d’auteur et distribuent les livres en France, en Belgique, en Suisse et au Canada.

Des mutineries restées célèbres

Bien moins connue que Verdun ou la Somme, le Chemin des Dames est un revers militaire. «En 1917, la guerre épuisait les deux camps depuis plus de deux ans: il fallait trouver une solution. Le nouveau commandant français, le général Nivelle, arrive dans un contexte difficile et sa nomination fait l’objet de bassesses politiques. Il fait une fixation sur le Chemin des Dames et veut percer le front en 48 heures. L’assaut est donné le 16 avril 1917, à 6 heures.»

Malgré l’échec, Nivelle s’obstine au combat durant trois semaines, sapant le moral des troupes. «Des révoltes éclatent à l’arrière du front. Les chants des mutins sont “ L’Internationale ” et “ La Chanson de Craonne ”, du nom d’un village tout à l’est du plateau; ce qui en fera un lieu maudit, oublié. Les soldats ayant participé à l’assaut ne sont pas des oubliés de l’Histoire, au contraire des mutins et fusillés pour l’exemple. Dans ce cas-ci, plus grave, les familles ont souffert des conséquences et des “ fils de lâche ” sont lancés.»

Le 15 mai 1917, désavoué, le général Nivelle est remplacé par Pétain. Ce dernier fait exécuter ceux qui ne veulent pas se battre et refuse la révision des jugements des conseils de guerre.

On comprend mieux pourquoi cette bataille a été occultée. «Je n’ai pas hésité longtemps sur le titre: ces soldats ont été condamnés par l’Histoire! À mon sens, l’horreur, c’est de savoir que l’on y est, que l’on ne s’en sortira pas et que ça sera fini, mais c’est aussi l’amertume de savoir que l’on s’en sortira et qu’il faudra retourner au combat.»

La source: https://www.lavenir.net/cnt/dmf20180715_01196782/premiere-guerre-mondiale-pourquoi-envoyer-les-soldats-au-casse-pipe/?utm_source=lavenir&utm_medium=newsletter&utm_campaign=regions_walloniepicarde&utm_content=regionnews&M_BT=109840083889
Site web    
Répondre
Vous n'êtes pas autorisé à écrire dans cette catégorie
1 Utilisateur en ligne : 0 Administrateur, 0 Modérateur, 0 Membre et 1 Visiteur Utilisateur en ligne : Aucun membre connecté